mercredi 7 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1804582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GRECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 octobre 2018, 3 mai, 9 juin,
22 juillet et 29 novembre 2021, la société civile immobilière (SCI) Agachoun, représentée par le cabinet Adden avocats méditerranée, agissant par Me Daboussy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2018 par lequel le maire de Roquefort-les-Pins a délivré un permis de construire à la société civile immobilière (SCI) Clematis ;
2°) de mettre à la charge conjointe de la commune de Roquefort-les-Pins et de la SCI Clematis la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a un intérêt agir ;
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est illégal par voie d'exception d'illégalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France lequel n'est pas motivé ;
- la société pétitionnaire a commis une fraude en ce que le dossier de demande de permis de construire ne présente pas l'état de l'existant tel qu'il était lors de l'interruption du chantier et en ce qu'elle s'est volontairement soustraite à l'application des nouvelles règles de hauteur du règlement du plan local d'urbanisme de la commune applicable, prévues par les dispositions de l'article UC 10 de ce règlement ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Roquefort-les-Pins.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 mars 2019 et 30 juin 2021, la commune de Roquefort-les-Pins, représentée par Me Suares, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCI Agachoun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable car la société requérante est dépourvue d'intérêt à agir et, qu'en tout état de cause, elle est infondée.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 19 avril 2019, 27 juin, 3 août et
23 décembre 2021, la SCI Clematis, représentée par Me Di Natale, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCI Agachoun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable car la société requérante est dépourvue d'intérêt à agir et, qu'en tout état de cause, elle est infondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 novembre 2022 :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- les observations de Me de Prémare, pour la société requérante,
- les observations de Me Gadd, substituant Me Suares, pour la commune,
- et les observations de Me Di Natale, pour la société pétitionnaire.
Une noté en délibéré, présentée pour la société requérante, a été enregistrée le
18 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. La société Clematis a déposé une demande de permis de construire en vue de la réalisation de travaux portant sur une construction non-achevée, située sur la parcelle cadastrée section AP n° 128, sise impasse des Dominières à Roquefort-les-Pins et autorisée par un permis de construire délivré le 26 mars 2013 ainsi que par un permis modificatif du 15 décembre 2015. Par un arrêté du 22 août 2018, le maire de Roquefort-les-Pins a fait droit à cette demande. Par sa requête, la société Agachoun, propriétaire des parcelles cadastrées voisines section AP n°66 et n°67, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune et la société pétitionnaire tirée du défaut d'intérêt à agir de la société requérante :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, alors applicable au litige : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société requérante, propriétaire des parcelles cadastrées section AP n°66 et n°67, est voisine immédiate du projet litigieux. Il ressort de ces mêmes pièces que le permis attaqué a pour objet d'autoriser les travaux destinés à l'achèvement d'une construction existante dont la partie déjà réalisée avait été entreprise légalement en exécution des permis des 26 mars 2013 et 15 décembre 2015, à savoir la pose de tuiles sur le bâtiment en rez-de-chaussée situé en partie Sud-Ouest, la pose d'une charpente et de sa couverture sur le bâtiment situé en partie Nord, la pose de menuiseries, des modifications de certaines ouvertures en façade, la modification de la forme de la piscine ainsi que la création de restanques en pierres. Contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présentation matérielle de l'existant par la société pétitionnaire dans sa demande de permis de construire ait été faussée par rapport à son état au moment de l'interruption des travaux, de telle sorte que son intérêt à agir doit nécessairement s'apprécier au regard des modifications apportées, par le permis attaqué, à la construction initialement autorisée et non achevée.
5. Ainsi, d'une part, si la société requérante invoque les nuisances liées au chantier, de telles nuisances, qui ne sont pas relatives au projet lui-même, ne peuvent utilement être invoquées pour justifier de son intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme précitées. D'autre part, la société requérante fait également état de la hauteur de la construction projetée et de la création de vues sur sa propriété. Toutefois, si les travaux litigieux ont pour effet d'accroitre de moins de deux mètres la hauteur au faîtage du bâtiment situé en partie Nord, la société requérante n'établit pas qu'une telle circonstance est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien alors même que ces travaux n'ont pas pour effet de créer de nouvelles vues en direction de sa propriété compte tenu du fait que les toitures projetées ne comportent aucune ouverture. Dans ces conditions, la société requérante qui n'avait au demeurant contesté ni le permis initial en date du 26 mars 2013, ni le permis modificatif en date du 15 décembre 2015, en dépit de sa qualité de voisine immédiate, n'apporte pas la preuve de son intérêt à agir. La fin de non-recevoir opposée par la commune et la société pétitionnaire tirée du défaut d'intérêt à agir de la société requérante doit dès lors être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge conjointe de la commune de Roquefort-les-Pins et de la société Clematis, qui ne sont pas les parties perdantes dans cette instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. Il y a lieu, en revanche, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de la société requérante une somme de 1 000 euros à verser à la société pétitionnaire au titre de des frais exposés et non compris dans les dépens et une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Roquefort-les-Pins au titre de ces mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Agachoun est rejetée.
Article 2 : La société Agachoun versera une somme 1 000 (mille) euros à la société Clematis et la même somme à la commune de Roquefort-les-Pins au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Agachoun, à la société civile immobilière Clematis et à la commune de Roquefort-les-Pins.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
M. HOLZER
Le président,
Signé
T. BONHOMME
La greffière,
Signé
M.L. DAVERIO
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°1804582
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026