samedi 30 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1900469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme ROUSSELLE |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2019 Mme A B demande au Tribunal d'annuler les décisions des 09 novembre 2018 et 03 décembre 2018 par lesquelles Pôle Emploi l'a radiée pour deux mois de la liste des demandeurs d'emploi.
La requérante soutient que :
-elle a fait de nombreuses recherches d'emploi;
-elle a informé directement sa conseillère de ses démarches ;
-elle a fait face aux difficultés de transport et de maladies et souffre actuellement d'une maladie ;
-la décision du 09 novembre 2018 est entachée d'une erreur de fait ;
-les décisions des 09 novembre 2018 et 03 décembre 2018 méconnaissent les articles L.5411-6-1, L.5411-6-2 et L.5412-1 du code du travail.
Par un mémoire enregistré le 17 avril 2019, le directeur régional de Pôle emploi représentée par Me Andréani conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 09 novembre 2018 sont irrecevables et la requête est dépourvue de tout bien fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousselle, présidente
- et les observations de Me Wirig, substituant Me Andréani pour Pole Emploi.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 09 novembre 2018, le directeur de l'agence pôle emploi de Menton a radié Mme B de la liste des demandeurs d'emploi. Le recours administratif préalable formé par la requérante le 26 novembre 2018 ayant été rejeté le 03 décembre 2018, Mme B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur l'annulation de la décision du 09 novembre 2018 :
2. Aux termes de l'article L.5412-8 du code travail : " La personne qui entend contester une décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi forme un recours préalable devant le directeur régional de Pôle emploi. Ce recours n'est pas suspensif ".
3. Aux termes de l'article L.412-7 du code de relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
4. Il résulte de l'instruction que le 09 novembre 2018, le directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton a pris une décision portant radiation de Mme B de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de deux mois à compter de cette date. Il est constant que suite à un recours administratif préalable de la requérante le 26 novembre 2018, le directeur de ladite agence a confirmé son intention initiale en l'encontre de cette dernière par une décision du 3 décembre 2018. Conformément aux dispositions du point 3, il suit de là que la décision du 03 décembre 2018 s'est substituée à celle du 09 novembre 2018.
5. Il suit de là que les conclusions visant à contester la décision du 09 novembre 2018, ne peuvent qu'être déclarées irrecevables en ce qu'elles sont dirigées contre une décision qui a disparu de l'ordonnancement juridique. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par Pôle Emploi est accueillie.
Sur l'annulation de la décision du 03 décembre 2018 :
6. Aux termes de l'article L5412-1 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : 1° () ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise ()".
7. Aux termes de l'article L.5411-6-1 du code du travail : " Un projet personnalisé d'accès à l'emploi est élaboré et actualisé conjointement par le demandeur d'emploi et Pôle emploi ou, lorsqu'une convention passée avec Pôle emploi le prévoit, un organisme participant au service public de l'emploi. Le projet personnalisé d'accès à l'emploi et ses actualisations sont alors transmis pour information à Pôle emploi. Ce projet précise, en tenant compte de la formation du demandeur d'emploi, de ses qualifications, de ses connaissances et compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles, de sa situation personnelle et familiale ainsi que de la situation du marché du travail local, la nature et les caractéristiques de l'emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le niveau de salaire attendu. Il intègre, le cas échéant, le projet de reconversion professionnelle mentionné au 2° du II de l'article L. 5422-1. Le projet personnalisé d'accès à l'emploi retrace les actions que Pôle emploi s'engage à mettre en œuvre dans le cadre du service public de l'emploi, notamment en matière d'accompagnement personnalisé et, le cas échéant, de formation et d'aide à la mobilité. La notification du projet personnalisé d'accès à l'emploi adressée au demandeur d'emploi précise ses droits concernant l'acceptation ou le refus des offres raisonnables d'emploi qui lui sont soumises et, notamment, les voies et délais de recours en cas de sanction par Pôle emploi ". Et aux termes de l'article L.5411-6-2 du même code : " La nature et les caractéristiques de l'emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le salaire attendu, tels que mentionnés dans le projet personnalisé d'accès à l'emploi, sont constitutifs de l'offre raisonnable d'emploi ".
8. Il résulte de l'instruction que Mme B s'est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi le 14 juillet 2018. Il est constant que dans le cadre de son projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE), cette dernière était tenue d'accomplir des actes positifs et répétés de recherche en vue de trouver un emploi ou de créer ou encore de reprendre une entreprise. Suite, à une offre d'emploi le 07 août 2018 restée sans réponse ; le directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton a, par courrier du 17 septembre 2018 demandé à Mme B de lui communiquer l'état et les justificatifs de candidatures effectuées depuis le 1er mai 2018. N'ayant pas donné de suite à ce courrier, la requérante a été rendue destinataire d'un avertissement avant radiation pour non-respect de ses obligations de recherche d'emploi par courrier du 3 octobre 2018 et un délai de dix jours lui a été imparti pour faire valoir ses observations écrites. Mme B n'ayant apporté, aucune justification concrète de ses recherches d'emploi, le directeur de l'agence Pôle Emploi a procédé à sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour deux mois pour non-respect de ses obligations de recherche d'emploi.
9. Toutefois, en demandant non seulement, à la requérante la communication de l'état et des justificatifs des candidatures effectuées depuis le 1er mai 2018 ; alors qu'elle s'est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi qu'à compter du 14 juillet 2018 mais de plus, en faisant fi des justificatifs de recherche d'emploi au motif qu'elles seraient non datées d'une part, d'autre part, en refusant de prendre en compte son arrêt maladie d'un mois (soit du 16 juin 2018 jusqu'au 14 juillet 2019), ou sa demande de reconversion professionnelle fondée par son état pathologique actuel, restée sans réponse de la part des services de Pôle Emploi, le directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton a commis une erreur d'appréciation, entachant ainsi sa décision d'illégalité.
10. Il résulte de ce qui précède que la décision du 03 décembre 2018 par laquelle le directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton a confirmé la radiation de Mme B de la liste des demandeurs d'emploi pour deux mois au motif qu'elle n'aurait pas respecté son obligation de recherche d'emploi, doit être annulée.
Sur l'injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
12. Dans les circonstances de l'espèce, il est enjoint au directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de la rétablir dans ses droits en la réintégrant pour la période où elle a été à tort exclue de la liste des demandeurs d'emploi et en lui versant les arriérés correspondants.
D E C I D E:
Article 1er : la décision du 03 décembre 2018 par laquelle le directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton a confirmé la radiation de Mme B de la liste des demandeurs d'emploi pour deux mois est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur de l'agence Pôle Emploi de Menton de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de lai rétablir dans ses droits en la réintégrant pour la période où elle a été à tort exclue de la liste des demandeurs d'emploi et en lui versant les arriérés correspondants.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la direction régionale de pôle emploi Provence-Alpes- Côte d'Azur.
Copie en sera adressée l'agence pôle emploi de Menton.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2022
La présidente,
Signé
P. ROUSSELLE
Le greffier,
Signé
C. LONGEQUEUE
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°1900469
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026