mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1901368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ALMAIRAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 mars 2019 et 27 septembre 2021, Mme D B, représentée par Me Almairac, demande au tribunal :
1°) de condamner le département des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 4 400 euros au titre de la hausse de rémunération non versée, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
2°) d'ordonner au département des Alpes-Maritimes de produire la délibération relative au régime indemnitaire des médecins territoriaux ;
3°) de condamner le département des Alpes-Maritimes à lui verser les primes ou hausses de primes résultant de son changement de grade ;
4°) de condamner le département des Alpes-Maritimes à lui verser une somme de 2 000 euros en indemnisation de son préjudice moral, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
5°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du département des Alpes-Maritimes est engagée pour n'avoir pas exécuté l'arrêté du 24 janvier 2018 par lequel il l'a nommée à l'échelon spécial de son grade, groupe hors échelle B, 3eme chevron ;
- en fait d'erreur de plume, le département n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation et n'a pas procédé au retrait ou à l'abrogation de sa décision dans les conditions requises ;
- la responsabilité du département est également engagée pour n'avoir pas tenu sa promesse de promotion ;
- la non- exécution de cet arrêté lui a occasionné un préjudice économique et moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2021, le département des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de Mme B fondées sur la promesse non tenue ainsi que celles au titre des primes non versées sont irrecevables, faute pour cette dernière de lui avoir adressé une demande préalable ;
- les conclusions de la requérante tendant à la réévaluation des primes déjà versées sont irrecevables dans la mesure où elles constituent des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 92-851 du 28 août 1992 ;
- le décret n° 2014-924 du 18 août 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Almairac, représentant Mme B, et de M. A, représentant le département des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par le département des Alpes-Maritimes en qualité de médecin territorial le 1er juin 1979 et titularisée le 17 avril 1990. Par un arrêté du 3 octobre 2014, elle a été reclassée à l'échelon 5 groupe hors échelle, 3eme chevron, du grade de médecin territorial hors classe. A compter du mois d'avril 2017, elle a bénéficié d'un indice majoré de 1062. Par un arrêté du 18 août 2017, le département des Alpes-Maritimes l'a reclassée dans le " grade de médecin hors classe à l'échelon spécial de son grade, groupe hors échelle B, 3eme chevron ". Le département, qui soutient qu'il a commis une erreur de plume en employant le terme " d'échelon spécial ", l'a rémunérée au grade de médecin hors classe hors échelle B, 3eme chevron à l'indice majoré de 1062. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner le département des Alpes-Maritimes à l'indemniser de la perte de rémunération découlant de ce qu'elle n'a pas été rémunérée à hauteur de l'échelon spécial mentionné dans cet arrêté ainsi que de son préjudice moral.
Sur les conclusions aux fins de communication des délibérations fixant le régime indemnitaire des médecins territoriaux :
2. Le département des Alpes-Maritimes a produit le 25 juin 2021 copie des délibérations fixant le régime indemnitaire de ses agents, notamment des médecins territoriaux. Ses conclusions aux fins de communication, au demeurent irrecevables pour n'avoir pas été précédées d'une saisine de la commission d'accès aux documents administratifs, se trouvent dès lors privées d'objet.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le moyen tiré de la faute résultant de la non-exécution de l'arrêté du 18 août 2017 :
3. Aux termes d'un arrêté du 18 août 2017, le département des Alpes-Maritimes a promu Mme B à " l'échelon spécial de son grade, groupe hors échelle B, 3eme chevron ". Or, il résulte de l'article 1 du décret du 18 août 2014 portant échelonnement indiciaire applicable aux médecins territoriaux que l'échelon spécial du corps des médecins territoriaux n'intègre pas de groupe hors échelle B, groupe correspondant au 5ème échelon du grade de médecin hors classe, mais seulement un groupe hors échelle B bis. Dans ces conditions, la mention " échelon spécial " figurant sur l'arrêté invoqué constitue une erreur matérielle, sans effet sur les droits à rémunération de la requérante. Mme B n'est dès lors pas fondée à soutenir que l'administration aurait fautivement manqué à son obligation d'exécution de l'arrêté du 18 août 2017.
4. En tout état de cause, aux termes de l'article 14 du décret du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emploi des médecins territoriaux : " II.-Peuvent accéder au choix à l'échelon spécial du grade de médecin hors classe, après inscription sur un tableau annuel d'avancement, les médecins hors classe comptant au moins quatre années d'ancienneté dans le 5e échelon de leur grade ". Mme B a été promue au 5ème échelon du grade de médecin hors classe le 3 octobre 2014. Elle ne justifiait donc pas, à la date de l'arrêté invoqué, des quatre ans d'ancienneté requis dans ce 5ème échelon, et ne pouvait ainsi prétendre à l'avancement à l'échelon spécial de médecin territorial hors classe. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'en ne la rémunérant pas à hauteur de l'échelon spécial invoqué, l'administration lui a occasionné un préjudice.
En ce qui concerne le moyen tiré de la promesse non tenue :
5. Mme B doit être regardée comme soutenant que l'édiction de l'arrêté précédemment invoqué constituerait une promesse non tenue du département des Alpes-Maritimes. Toutefois, en l'absence de tout autre élément et alors que l'échelon spécial revendiqué n'intègre pas le groupe hors échelle B auquel est classée la requérante, elle ne justifie d'aucune promesse précise et non équivoque de l'administration. Partant, elle n'est pas fondée à soutenir que la promesse de l'administration lui aurait occasionné un préjudice matériel ou moral.
6. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par le département des Alpes-Maritimes, être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Compte-tenu de ce qui précède, les conclusions présentées par Mme B aux fins de versement de la différence de prime non perçue doivent également être rejetées.
Sur les conclusions au titre des frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge du département des Alpes-Maritimes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 2 500 euros demandée par Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au département des Alpes-Maritimes .
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
L. C
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert
La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026