mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1901382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DO NASCIMENTO ROBERTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2019, M. A, représenté par Me Do Nascimento, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 4 février 2019 par laquelle le maire de la commune de Menton n'a pas renouvelé son contrat à durée déterminée d'agent contractuel et d'ordonner sa réintégration au sein des services de la commune de Menton;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au maire de la commune de Menton de " reconsidérer " le renouvellement de son contrat sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) à titre très subsidiaire, de condamner le maire de la commune de Menton à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi résultant de l'irrégularité ou de l'illégalité de la décision de non-renouvellement de son contrat ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de la commune de Menton les entiers dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le contrat par lequel il a été recruté est un contrat à durée indéterminée et non un contrat à durée déterminée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure ;
- il a droit à des dommages et intérêts en raison de l'illégalité fautive entachant cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2019, la commune de Menton conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 janvier 2023 :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de M. C, représentant la commune de Menton.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté, par la commune de Menton, sur un poste d'adjoint technique territorial contractuel au palais de l'Europe de Menton par contrat à durée déterminée d'une durée de trois mois renouvelable à compter du 1er août 2018. Après avoir obtenu deux renouvellements, le maire de la commune de Menton a décidé, par lettre du 4 février 2019, de ne pas renouveler le contrat de M. A à l'issue de la deuxième période de renouvellement. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2019, de le réintégrer dans les effectifs de la collectivité et de condamner la commune de Menton au versement de dommages et intérêts en raison de l'illégalité fautive entachant la décision attaquée.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, pour soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il était lié à la commune par un contrat à durée indéterminée et non à durée déterminée, le requérant se prévaut des articles L. 1211-1 et L. 1221-2 du code du travail, lesquels ne sont cependant pas applicables à un contrat de recrutement d'un agent public. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure est inopérant et doit être écarté à ce titre.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités () peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, d'un congé de maternité ou pour adoption, d'un congé parental ou d'un congé de présence parentale, d'un congé de solidarité familiale ou de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux ou de leur participation à des activités dans le cadre des réserves opérationnelle, de sécurité civile ou sanitaire ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent ".
4. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
5. Le requérant soutient que la décision litigieuse est fondée sur un motif étranger à l'intérêt du service. Il soutient à cet égard que le non-renouvellement de son contrat a été décidé à la suite de la plainte déposée par ses soins auprès des services de police concernant l'agression dont il a été victime par un agent communal. Toutefois, s'il est vrai que l'agression dont le requérant fait état s'est produite le lendemain du dernier renouvellement de son contrat et le dépôt de plainte le surlendemain, aucun élément au dossier ne permet d'établir que la décision en litige de ne pas renouveler son contrat serait liée à cet évènement. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et notamment des fiches de suivi d'activité établies à chacune des échéances contractuelles que si M. A a montré de l'intérêt aux fonctions relatives à la sécurité incendie et s'est intégré rapidement à l'équipe, il y a également été mentionné un manque d'initiative, ainsi que, lors de la dernière évaluation, un défaut d'écoute des instructions de sa hiérarchie. Il ne ressort enfin pas des autres pièces du dossier que la décision en litige constituerait une mesure disciplinaire. La commune a pu légalement, en raison de ces éléments, non étrangers à l'intérêt du service, décider ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. M. A n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'en prenant la décision attaquée, le maire de la commune de Menton aurait commis une erreur de fait ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'un détournement de procédure ou d'un détournement de pouvoir.
6. En troisième et dernier lieu, la décision de non-renouvellement à son terme d'un contrat à durée déterminée d'un agent public, même prise pour des raisons tirées de la manière de servir de l'intéressé, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées, sauf à ce qu'elle ait été prise pour des motifs disciplinaires. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la décision contestée ne constitue pas une sanction disciplinaire. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée, qui en tout état de cause manque en fait, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de M. A présentées contre la décision du 4 février 2019 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 7 que le refus de renouveler le contrat de M. A n'est pas entaché d'illégalité.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions indemnitaires, qu'il y a lieu également de rejeter les conclusions présentées par M. A à fin d'indemnisation.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, la présente instance ne comportant pas de dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
11. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Menton, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la commune de Menton.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
D. B
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026