mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1901884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE TEBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 avril 2019 et 3 août avril 2022, M. A C, représenté par Me Teboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Grasse a refusé de reconnaître le caractère professionnel de sa maladie ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Grasse de reconnaître le caractère professionnel de sa maladie ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Grasse une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'inscription au tableau des maladies professionnelles de la maladie dont il est affecté fait naître une présomption de son caractère professionnel ;
- en tout état de cause, elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la maladie dont il est affecté présente un lien direct, certain et exclusif avec sa profession.
Par un mémoire en défense enregistré 22 juin 2020, le directeur du centre hospitalier de Grasse, représenté par Me Cecere, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par ordonnance du 10 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 septembre 2022.
Un mémoire, présenté par le directeur du centre hospitalier de Grasse, a été enregistré le 25 octobre 2022 soit postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, conseillère,
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public,
- et les observations de Me Teboul, représentant M. C, et de Me Cecere, représentant le centre hospitalier de Grasse.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, agent hospitalier titulaire, exerce les fonctions de chauffeur transporteur de sang au sein du centre hospitalier de Grasse. A la suite d'un accident du travail lié à une lombocuralgie, M. C a contracté une affection au staphylocoque doré. Il a déposé, à ce titre, une demande de reconnaissance de maladie professionnelle le 23 août 2018. Cette demande a été rejetée par le centre hospitalier par des décisions des 29 et 31 octobre 2018. Après avoir sollicité une nouvelle expertise médicale, l'administration a, à la suite d'une nouvelle instruction, réitéré sa décision de rejet le 25 mars 2019. M. C demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, dans sa version résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 : " () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. "
3. Les dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017
4. Il en résulte, en l'espèce, que M. C ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et soutenir qu'il souffre de la pathologie visée dans le tableau des maladies professionnelles n° 76 A de l'annexe II du code de la sécurité sociale, sous " infections dues aux staphylocoques : / manifestations cliniques de staphylococcie : / - septicémie ; / - atteinte viscérale ; / - panaris, avec mise en évidence du germe et typage du staphylocoque ".
5. En second lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement ou d'une telle maladie, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
6. Pour justifier du caractère direct de sa pathologie avec l'exercice de ses fonctions, M. C soutient qu'en juin 2018, il a été en contact avec un patient dans un ascenseur atteint d'une infection au niveau des voies respiratoires et que celui-ci a toussé involontairement dans sa direction. Il ne produit toutefois au soutien de ses allégations qu'une attestation de son dentiste indiquant qu'il n'a pas eu d'infection dentaire au cours de l'année 2018 en dépit des interventions dont il a fait l'objet. Ces seuls éléments ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation de la commission de réforme dans ses avis émis les 18 octobre 2018 et 25 mars 2019 ainsi que les conclusions circonstanciées des rapports d'expertise des 28 septembre, 13 et 19 novembre 2018 indiquant que l'origine de la bactériémie était inconnue et qu'il ne pouvait être reconnu un lien direct et certain entre le fait qu'il ait été en contact avec un patient source qui n'a pas été identifié et dont la pathologie infectieuse respiratoire n'a pas été prouvée et son affection au staphylocoque doré plus d'un mois après la déclaration d'accident du travail de l'intéressé en raison d'une lombocuralgie. Dans ces conditions, M. C n'établit pas de lien de causalité direct entre la pathologie et l'exercice de ses fonctions.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. C n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 25 mars 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Grasse a refusé de reconnaître le caractère professionnel de sa maladie. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Grasse qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C une somme au titre des frais exposés par le centre hospitalier universitaire de Grasse en défense et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : les conclusions du centre hospitalier universitaire de Grasse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au Centre hospitalier de Grasse et au Centre hospitalier de Cannes.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Foultier, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. CHEVALIER
Le président,
signé
O. EMMANUELLI La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026