jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902795 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SAVIGNAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 juin 2019, 8 juillet 2019, 5 avril 2022 et 10 mai 2022, M. A B et Mme E B, représentés par Me Savignat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2019 par lequel le maire de la commune de Cannes a accordé à M. D G un permis de construire n° PC 06 0291 50083, ensemble la décision du 17 avril 2019 par laquelle le maire de la commune de Cannes a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cannes la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence de son auteur ;
- le maire de Cannes s'est à tort estimé en situation de compétence liée ;
- l'arrêté litigieux a été pris sur la base d'une consultation irrégulière de l'architecte des Bâtiments de France ;
- l'arrêté litigieux a été délivré sur la base d'un dossier de permis de construire incomplet ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme relatif à la salubrité ou la sécurité publique ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article UC3 du plan local d'urbanisme de la commune de Cannes relatif à la salubrité ou la sécurité publique ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions du point 7.2 de l'article UC7 du plan local d'urbanisme, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article UC10 du plan local d'urbanisme relatif aux hauteurs ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UC11 du plan local d'urbanisme, relatif à l'insertion du projet dans son environnement ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions du point 13.3.1 de l'article UC13 du plan local d'urbanisme relatif aux jardins à protéger.
Par des mémoires, enregistrés les 16 mars 2022 et 26 mai 2022, M. D G, représenté par Me Berthelot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, la commune de Cannes, prise en la personne de son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mars 2023 :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Dosseto, représentant M. G et M. F, représentant la commune de Cannes.
-
Considérant ce qui suit :
1. Par demande en date du 18 septembre 2015, M. D G a sollicité du maire de la commune de Cannes la délivrance d'un permis de construire pour l'extension d'une construction existante et la création d'une piscine sur un terrain cadastré section BP n° 256 et situé 36 rue Louis Perrissol à Cannes. Le maire de la commune de Cannes a, par arrêté du 8 avril 2016, sursis à statuer sur cette demande au motif de la révision en cours du plan local d'urbanisme (ci-après " PLU ") de la commune. Par jugement n° 1604416 du 28 novembre 2018, le tribunal administratif de Nice a annulé cet arrêté et a enjoint au maire de la commune de Cannes de réexaminer la demande de permis de construire du requérant dans les conditions fixées par l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme. Par arrêté du 22 février 2019, le maire de la commune de Cannes a délivré à M. D G le permis de construire sollicité. M. A B et Mme E B demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". L'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors applicable, dispose : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. H I disposait d'une délégation de fonctions et de signature prise par arrêté n° 14/1192 du 28 avril 2014, pour toutes les questions relevant notamment de l'urbanisme. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit dès lors être écarté.
4. En deuxième lieu, les requérants doivent être regardés comme soutenant que le maire de la commune de Cannes se serait à tort estimé en situation de compétence liée pour délivrer le permis de construire contesté eu égard au jugement du 28 novembre 2018 par lequel le tribunal administratif de Nice a annulé l'arrêté du 8 avril 2016 par lequel le maire de la commune de Cannes a sursis à statuer sur la demande de permis de construire présentée par M. G et a enjoint au maire de la commune de Cannes de réexaminer la demande dans les conditions fixées par l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme. Il ressort de la décision du 17 avril 2019 prise sur recours gracieux des requérants que si le maire de la commune de Cannes indique effectivement être légalement contraint de délivrer le permis de construire en cause, il précise par la suite que c'est au regard des dispositions applicables à la date du 8 avril 2016 que le permis a été délivré. Le maire de la commune de Cannes indique également que le permis de construire " respecte le P.L.U. en vigueur en 2016 dans ce secteur " manifestant alors qu'il a procédé à l'instruction de la demande de permis de construire et ne s'est ainsi pas estimé tenu de délivrer le permis de construire sollicité en raison de l'injonction décidée par le jugement précité du tribunal de céans. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence négative doit être écarté comme non fondé.
5. En troisième lieu, les requérants soutiennent que la consultation de l'architecte des Bâtiments de France est viciée en ce que les prescriptions émises par son avis du 29 septembre 2015 ne sont ni reprises ni annexée à l'arrêté attaqué et en ce qu'il n'a pas disposé du dossier de demande modifié lors de son second avis émis le 17 décembre 2015.
6. Aux termes de l'article L. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque les constructions ou travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-4 sont soumis, en raison de leur emplacement, de leur utilisation ou de leur nature, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par d'autres législations ou réglementations que le code de l'urbanisme, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu d'autorisation au titre de ces législations ou réglementations, dans les cas prévus par décret en Conseil d'Etat, dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité compétente. " Par ailleurs, l'article R. 425-1 du même code dispose : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. "
7. Il est constant que le projet est situé dans le champ de visibilité de plusieurs immeubles classés ou inscrits au titre des monuments historiques, notamment le site inscrit de la bande côtière de Nice à Théoule, la chapelle de la Miséricorde, la chapelle Sainte-Anne et l'église Notre-Dame de l'Espérance. A ce titre, le projet était soumis à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France en application des dispositions précitées. Il ressort des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France a émis un premier avis favorable, assorti de prescriptions, le 29 septembre 2015, communiqué à M. G par courrier du 9 octobre 2015 indiquant le délai d'instruction de sa demande et sollicitant des pièces complémentaires. L'architecte des Bâtiments de France a ensuite émis un second avis favorable, assorti des mêmes prescriptions, le 17 décembre 2015, au titre du projet complété par le pétitionnaire le 26 novembre 2015. Il ressort également des pièces du dossier que la demande de permis de construire complétée le 26 novembre 2015 comporte, d'une part, dans la notice descriptive du projet, la reprise de l'intégralité des prescriptions formulées par l'architecte des Bâtiments de France et, d'autre part, dans la pièce PDA02, des démolitions sur lesquelles l'architecte de Bâtiments de France a donné un avis favorable le 17 décembre 2015, matérialisant ainsi la connaissance par cette autorité des pièces complémentaires produites le 26 novembre 2015. Il suit de là que, bien que l'architecte des Bâtiments de France ait repris dans son second avis du 17 décembre 2015 les prescriptions émises dans son premier avis du 29 septembre 2015, l'avis du 17 décembre 2015 doit, dans les circonstances de l'espèce, être regardé comme étant un avis favorable sans prescription particulière, et n'impliquant dès lors pas que l'arrêté attaqué reprenne des prescriptions particulières ou comporte cet avis en annexe. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la consultation de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté comme étant non fondé.
8. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet et comporterait des insuffisances, des données erronées et des incohérences.
9. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. " Par ailleurs, l'article R. 431-10 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. "
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. En l'espèce, si les requérants soutiennent tout d'abord que le projet architectural prévu à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ne présenterait pas la description de l'environnement immédiat du projet et l'insertion du projet dans cet environnement et qu'il ne comporterait pas le document graphique prévu à l'article R. 431-10 du même code, il ressort des pièces du dossier que les documents graphiques fournis dans la demande de permis de construire, notamment les photographies PCMI6, PCMI7 et PCMI8 ainsi que le plan de situation PCMI1, ont permis à l'autorité en charge de la délivrance de l'autorisation d'apprécier le caractère urbanisé de type village caractéristique du quartier du Suquet et la manière dont le projet s'inscrit dans cet environnement. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de document présentant l'insertion du projet en sa façade Sud est ainsi sans incidence dès lors qu'il est soutenu par la commune en défense, et non contesté par les requérants, que cette partie de la construction n'est pas visible depuis le front de mer et depuis l'escalier de la tour. Par suite, la première branche du moyen susmentionné au point 8 doit être écartée.
12. Ensuite, les requérants, qui soutenaient initialement que le dossier ne comporterait pas les modalités d'exécution des travaux en application des articles R. 451-2 et R. 451-4 du code de l'urbanisme, doivent être regardés comme ayant abandonné cette branche du moyen susmentionné, laquelle était au demeurant inopérante.
13. Les requérants soutiennent par ailleurs que la notice prévue à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ne mentionnerait pas les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux en application de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme. Il ressort toutefois des pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment de la notice du projet, que cette notice précise, suivant alors les prescriptions de l'architecte des Bâtiments de France, que la toiture sera revêtue en tuile rondes surcuites, que les façades seront faites avec un enduit à la chaux, que les menuiseries seront en bois peint et que les descentes d'eau pluviales seront en zinc. La notice comporte donc la description des matériaux utilisés. La circonstance que les modalités d'exécution des travaux ne soient pas décrites ne sauraient, eu égard à l'importance des travaux projetés, affecter l'appréciation portée par l'architecte des Bâtiments de France au regard des dispositions de l'article R. 431-14 précité. Cette deuxième branche du moyen susmentionné au point 8 doit dès lors être également écartée.
14. Les requérants doivent également être regardés comme soutenant enfin que le dossier de demande de permis de construire comporteraient des erreurs et des omissions, dès lors que le projet ne serait pas présenté selon l'axe réel de la construction par rapport aux constructions voisines. S'ils produisent un constat d'huissier constatant un axe différent des constructions au niveau des toitures, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment de la photographie aérienne du projet et des photographies produites en défense que si les constructions présentent des axes différents, elles sont cependant dans l'alignement de la rue Louis Perrissol, qui dessine une courbe au niveau de la propriété. Par suite, le maire de la commune de Cannes était en mesure, au regard du dossier présenté, d'apprécier la demande de permis de construire litigieuse. Par suite, le moyen susmentionné au point 8 doit également être rejeté dans sa troisième branche.
15. En cinquième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en ce que le garage comporterait un risque pour la circulation routière.
16. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, tout d'abord, que le projet consistant à intégrer dans un garage accolé à la construction existante, une place de stationnement située sur le terrain d'emprise du projet, l'accès des véhicules à ce garage depuis la rue Louis Perrissol, laquelle est au demeurant une rue à sens unique et dépourvue de place de stationnement du côté de la rue où le projet se situe, présentera ainsi la même configuration que celle déjà existante pour la place de stationnement, de sorte qu'aucun risque pour la sécurité de la circulation routière n'est ainsi démontré. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire aurait méconnu les dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
18. En sixième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article UC3 du règlement PLU de la commune de Cannes, en ce que la construction de la piscine ferait porter un risque d'affaissement du terrain eu égard à l'état du mur de soutènement.
19. L'article UC3 du règlement du PLU de la commune de Cannes prévoit : " 3.1 Tout projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / 3.2 Tout projet peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / 3.4 Le nombre des accès sur les voies publiques peut être limité dans l'intérêt de la sécurité. En particulier, lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, le projet peut n'être autorisé que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie où la gêne pour la circulation sera la moindre. "
20. En l'espèce, le seul constat que le mur de soutènement de la cave, qui a vocation à être transformée en piscine au terme des travaux, est abîmé, n'est pas suffisant pour établir que ces travaux, eu égard à leur importance, sont de nature à porter atteinte à la sécurité publique au regard du risque d'affaissement du terrain. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire aurait méconnu les dispositions précitées de l'article UC3 du règlement du PLU de la commune de Cannes.
21. En sixième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaîtrait les dispositions du point 7.2 de l'article UC7 du règlement du PLU de la commune de Cannes en ce que la piscine ne serait pas implantée à deux mètres du fond de la propriété. Aux termes du point 7.2 de l'article UC7 du règlement du PLU de la commune de Cannes, dans sa version alors applicable : " Les construction peuvent être implantées sur les limites séparatives de fond de propriété. Dans le cas contraire, elles doivent être implantées à une distance par rapport à ces limites au moins égale à 2 mètres. " Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse PCMI2, que la piscine, qui reprend l'emprise de la cave existante, est implantée en limite du fond de la propriété conformément à la règle précitée du PLU de la commune de Cannes. Par suite, le moyen susmentionné manque en fait et doit dès lors être écarté.
22. En septième lieu, les requérant doivent être regardé comme soutenant que l'arrêté litigieux méconnaîtrait les dispositions de l'article UC10 du règlement du PLU de la commune de Cannes, selon lesquelles, dans leur rédaction alors applicable : " 10.1 La hauteur des bâtiments est mesurée à la limite de la parcelle sur voie jusqu'au niveau de l'égout du toit le plus haut. / () 10.3 La hauteur ne doit pas excéder la moyenne de la hauteur des égouts de toit des constructions existantes situées sur les parcelles qui lui sont contiguës sur voie. / () En bordure de la rue Périssol, la hauteur des constructions telle que définie à l'article UC10.1 ne doit pas excéder 7,5 mètres. () ". Si le plan de masse mentionne une cote de hauteur à l'égout du toit à 8,65 mètres, il ressort des autres pièces du dossier, notamment des plans de coupes PCMI3, que cette cote correspond à la hauteur à l'égout du toit côté jardin et que la hauteur à l'égout du toit prise du côté de la voie, conformément à la règle prescrite à l'article UC10 précité, est de 6,51 mètres. La circonstance que la cote des hauteurs des constructions voisines n'est pas indiquée est quant à elle sans incidence sur l'appréciation de la règle fixée au point 10.3 de ce même article UC10 dès lors qu'il ressort des autres pièces de la demande de permis de construire que le projet vise à inscrire la construction faisant l'objet du permis de construire dans la continuité des constructions environnantes. Il s'ensuit que le dossier de demande de permis de construire comportait les informations permettant à l'autorité communale d'apprécier le respect des règles de hauteur prévues à l'article UC10 du règlement du PLU de Cannes et que cet article n'a pas été méconnu. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.
23. En huitième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaîtrait les dispositions des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UC11 du règlement du PLU de la commune de Cannes.
24. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Par ailleurs, l'article UC11 du règlement du PLU de la commune de Cannes, dans sa rédaction alors applicable, dispose : " Les construction et aménagements doivent contribuer à l'harmonie de leur environnement et, le cas échéant, du bâtiment auquel ils sont intégrés, par les bonnes proportions de leur volume et de leurs éléments ainsi que par a qualité des matériaux mis en œuvre, et par le choix des couleurs employées pour leur embellissement. " Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du PLU de la commune de Cannes que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
25. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
26. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du dossier de demande de permis de construire, que l'environnement du projet est situé en zone UC du PLU de la commune de Cannes, qui qualifie cette zone comme correspondant " à la partie la plus ancienne de Cannes ". Il ressort également des photographies produites que le quartier du Suquet au sein duquel se situe le projet, est essentiellement constitué majoritairement de maisons individuelles et d'immeubles collectifs comportant un ou deux étages. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le projet consiste en l'extension d'une construction existante par l'intégration au bâti, dans un garage, d'une place de stationnement située sur le terrain d'emprise du projet, l'élévation d'un étage et la réfection de la toiture ainsi qu'en la création d'une piscine à l'emplacement d'une cave existante. La circonstance que l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 17 décembre 2015 précise : " Ce projet, en l'état, est de nature à porter atteinte à ce ou ces monuments historiques et à altérer l'aspect du site inscrit. Il peut cependant y être remédié. " est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté dès lors qu'il est constant que les prescriptions de l'architecte des Bâtiments de France ont justement été intégrées à la demande de permis de construire, laquelle a été modifiée le 26 novembre 2015 afin de renforcer l'intégration du projet dans son environnement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitraît les dispositions de l'article UC11 du règlemen du PLU de la commune de Cannes.
27. En neuvième et dernier lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 3° et du 4° du point 13.3.1 de l'article UC13 du règlement du PLU de la commune de Cannes en ce qu'il prévoit la transplantation d'un olivier et d'un palmier, qu'il supprimerait un arbre de haute tige et que la construction ne respecterait pas la distance d'implantation de la construction au regard de cet arbre. Toutefois, il n'est pas contesté que le jardin situé sur le terrain d'assiette du projet n'est pas situé dans le zonage des jardins à protéger selon le PLU de la commune de Cannes. Par suite, les dispositions du point 13.3.1 de l'article UC13 du règlement du PLU de la commune de Cannes ne sont pas applicables au projet. Le moyen étant inopérant, il doit dès lors être écarté.
28. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 22 février 2019 et de la décision du 17 avril 2019 par laquelle le maire de la commune de Cannes a rejeté leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cannes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme B sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros à verser à M. G sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à M. G une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme E B, à M. D G et à la commune de Cannes.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Suner, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
J. CLe président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026