mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902930 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI MASQUELIER - CUERVO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juin et 9 décembre 2019, M. B C, représenté par Me Stifani, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2019 par lequel le maire de Théoule-sur-Mer a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison à usage d'habitation avec piscine sur les parcelles cadastrées section A n° 555 et 869 ;
2°) d'enjoindre au maire de Théoule-sur-Mer de prendre une nouvelle décision sur sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- le maire s'est cru lié à tort par l'avis conforme défavorable illégal du préfet ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit dès lors que cet article n'est pas opposable dans les communes soumises à la loi littoral ;
- le terrain d'assiette du projet est inclus dans les parties actuellement urbanisées de la commune ;
- le caractère définitif de l'autorisation de lotir fait obstacle à ce que la règle de constructibilité limitée, remise en vigueur du fait de l'annulation du plan d'occupation des sols, soit opposable ;
- il n'est pas possible de substituer la base légale de la décision.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 octobre 2019 et 16 janvier 2020, la commune de Théoule-sur-Mer, représentée par Me Masquelier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance 21 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Orlandini, substituant Me Stifani, représentant M. C, et de Me Quema, substituant Me Masquelier, représentant la commune de Théoule-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 31 janvier 2019, une demande de permis de construire une maison à usage d'habitation avec piscine sur les parcelles cadastrées section A n° 555 et 869 situées sur le territoire de la commune de Théoule-sur-Mer. La commune étant soumise au règlement national d'urbanisme, le préfet des Alpes-Maritimes a rendu un avis sur le projet sur le fondement de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme. Cet avis conforme étant défavorable, par un arrêté du 26 avril 2019, le maire de Théoule-sur-Mer a refusé le permis de construire sollicité. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur la recevabilité de l'intervention de Mme C :
2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative dans sa rédaction applicable au litige : " L'intervention est formée par mémoire distinct. / () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que dans le mémoire en réplique présenté le 9 décembre 2019, Mme C s'associe aux conclusions du requérant. Toutefois, en application des dispositions citées au point précédent, son intervention, pour être recevable, devait être présentée dans un mémoire distinct. Par suite, l'intervention de Mme C n'est pas admise.
Sur l'étendue du litige :
4. Aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; / () ".
5. En application des dispositions citées au point précédent, le préfet des Alpes-Maritimes a émis, le 23 avril 2019, un avis défavorable sur la demande de permis de construire en cause. Le maire de Théoule-sur-Mer était dès lors tenu de se conformer à cet avis et de refuser, comme il l'a fait par l'arrêté attaqué, l'autorisation sollicitée. Il résulte de la situation de compétence liée dans laquelle était le maire de Théoule-sur-Mer que tous les moyens invoqués par M. C, dès lors qu'ils ne sont pas dirigés contre l'avis préfectoral susmentionné, ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. En l'espèce, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que le maire de Théoule-sur-Mer a repris à l'identique le motif fondant l'avis conforme défavorable du préfet des Alpes-Maritimes. Dans ces conditions, bien que M. C ne précise pas expressément que ses moyens sont dirigés contre ledit avis, il doit être regardé comme contestant l'avis du préfet des Alpes-Maritimes du 23 avril 2019. Par suite, les moyens qu'il invoque doivent être regardés comme opérants.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ".
7. Le requérant soutient que ces dispositions ne sont pas applicables aux communes situées en zone littorale dans la mesure où celles-ci serait entièrement régies, pour l'application de la règle de constructibilité limitée, par le régime issu de la loi du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. Toutefois, la règle de la constructibilité limitée issue du règlement national d'urbanisme et les dispositions protectrices spécifiques au littoral s'appliquent de façon combinée dans les communes dépourvues de document d'urbanisme. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la règle de constructibilité limitée résultant de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ne serait pas applicable au projet en litige. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il résulte des dispositions citées au point 6 qu'en dehors des cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
9. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet se situe en contrebas de la Corniche d'Or, la route qui longe la côte méditerranéenne le long du massif de l'Esterel, à environ 5 kilomètres du centre de Théoule. Plus précisément, ce terrain, vierge de toute construction, s'implante entre le boulevard de l'Esquillon et la Méditerranée. Les villas voisines s'implantent, pour l'essentiel, sur de larges parcelles boisées situées également entre le boulevard de l'Esquillon et la Méditerranée. Compte tenu de la faible densité du secteur et son absence de structuration, le terrain d'assiette du projet appartient à une zone caractérisée par un habitat diffus. Cette zone d'habitat diffus ne peut caractériser une partie urbanisée de la commune au sens de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme. Ainsi, le terrain d'assiette se situe bien en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune de Théoule. Par conséquent, le préfet n'a pas fait en l'espèce une inexacte application des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
10. En troisième lieu, M. C se prévaut de la règle de stabilité des prescriptions d'urbanisme garantie aux demandeurs de permis de construire dans les cinq années suivant l'achèvement d'un lotissement. Il indique que son terrain d'assiette fait partie du lotissement dénommé " Miramar d'Estérel " mais il reconnaît lui-même que ce lotissement est très ancien et qu'il a été autorisé par un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 5 août 1925. L'avis de ce même préfet concernant le projet de M. C a été rendu près d'un siècle plus tard et il est nécessairement intervenu plus de cinq après l'achèvement de ce lotissement. En tout état de cause, la règle de la cristallisation des droits à construire ne fait pas obstacle à ce qu'un permis de construire soit refusé, sur le fondement des dispositions du règlement national d'urbanisme. Par suite, M. C ne saurait se prévaloir d'une cristallisation de ses droits à construire.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Théoule-sur-Mer et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de Mme C n'est pas admise.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : M. C versera à la commune de Théoule-sur-Mer une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B C, à la commune de Théoule-sur-Mer et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Une copie pour information sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
N. A
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026