mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1903022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DONNET - DUBURCQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 juin 2019 et 27 octobre 2020, Mme B A, représentée par Me Duburcq, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2019 par lequel le maire de Vallauris s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'installation d'une clôture et d'un portail à deux vantaux sur sa propriété située au 109 chemin du Fournas à Vallauris ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vallauris la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir ;
- elle est titulaire d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable en application des dispositions de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme ;
- le premier motif d'opposition à sa déclaration préalable tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est illégal dans la mesure où ces dispositions n'étaient pas applicables au projet et qu'en tout état de cause, ce projet est conforme aux règles de visibilité imposées par ces mêmes dispositions ;
- le second motif d'opposition à sa déclaration préalable tiré du non-respect d'une servitude de passage au profit de la parcelle cadastrée voisine section BS n°217 est illégal dans la mesure où cette servitude n'existe pas ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2020, la commune de Vallauris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 novembre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au
19 novembre 2020 à 12h00.
Par une lettre du 15 septembre 2022, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible d'enjoindre d'office au maire de Vallauris de prendre une décision de non-opposition à déclaration préalable sur le projet de la requérante.
La commune de Vallauris a présenté ses observations sur l'injonction d'office le
5 octobre 2022, qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé, le 15 novembre 2018, une déclaration préalable en mairie de Vallauris en vue de l'installation d'une clôture et d'un portail à deux vantaux sur sa propriété située au 109 chemin du Fournas à Vallauris. Par un arrêté du 29 avril 2019, le maire de Vallauris s'est opposé à cette déclaration préalable. Par sa requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction () ". Aux termes de l'article R. 423-23 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-24 du même code : " Le délai de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : / a) Lorsque le projet est soumis, dans les conditions mentionnées au chapitre V, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par d'autres législations ou règlementations que le code de l'urbanisme ; () ". Aux termes de l'article R. 425-30 : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée à l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ". Aux termes de l'article R. 423-42 : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; / b) Les motifs de la modification du délai : / c) Lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article R. 424-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis ".
3. Il résulte de ces dispositions que si l'autorité compétente peut modifier le délai d'instruction de droit commun d'une déclaration préalable, elle doit notifier cette modification au pétitionnaire dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt de son dossier à la mairie. L'administration supporte la charge de la preuve de la régularité de cette notification.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a déposé sa déclaration préalable le 15 novembre 2018. Par une lettre recommandée avec accusé de réception adressée à la requérante le 14 décembre 2018, M. E Baron, agent du service instructeur de la commune de Vallauris, l'a informée que le délai d'instruction, initialement fixé à un mois, était porté à deux mois en raison de la situation du projet en site inscrit et que ce délai ne commencerait à courir qu'à compter de la réception des pièces manquantes sollicitées par la commune dans ce même courrier. La requérante a complété sa déclaration préalable le
4 mars 2019, de telle sorte que le dossier était réputé complet à cette date. Dans ces conditions, le délai d'instruction de la déclaration préalable expirait le 4 mai 2019, de sorte que l'arrêté attaqué, qui a été remis en main propre à la requérante le 30 avril 2019, s'analyse comme une décision d'opposition à déclaration préalable et non, contrairement à ce que soutient la requérante, comme un retrait d'une telle décision qui serait né tacitement le
4 avril 2019 comme il est soutenu. Par suite, le moyen tiré de la requalification de la décision attaquée en décision de retrait et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vallauris " Accès et Voirie " : " Pour la création d'un accès, il devra être tenu compte du projet d'élargissement de la voie sur laquelle il se raccorde : l'aménagement d'un palier pour les terrains en pente sera nécessaire. / Hormis dans le secteur UBg, des pans coupés de visibilité à 45° doivent être aménagés de part et d'autres du raccordement de l'accès avec la voirie principale et ce, dans l'unité foncière. Le portail doit être implanté 2,50 mètres en recul du pan coupé. Dans le secteur UBh, dans le cas d'accès terminant une voirie, ces dispositions pourront ne pas s'appliquer, sous réserve de justifier de mesures particulières destinées à sécuriser l'accès () ".
6. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux comporte un pan coupé, du côté droit du portail, dans le sens entrant de la propriété de la requérante, aucun aménagement similaire n'est prévu du côté gauche de ce même portail. S'il existe de ce côté du portail un dégagement conséquent qui offre la visibilité que pourrait offrir un pan coupé, ce dégagement se situe toutefois en dehors de l'unité foncière de la requérante. Dans ces conditions, l'aménagement projeté ne prévoit donc pas, comme l'imposent pourtant les dispositions précitées de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, la réalisation de pans coupés, au sein de l'unité foncière, de part et d'autre du raccordement de l'accès avec la voirie principale, à savoir le chemin du Fournas. Par suite, le projet litigieux ne satisfait pas aux prescriptions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, lesquelles répondent à un objectif de sécurité et s'appliquent à tout accès, qu'ils soient nouvellement créés ou préexistants. C'est donc à bon droit que le maire de Vallauris s'est fondé sur la méconnaissance de ces dispositions pour s'opposer à la déclaration préalable de la requérante.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article A424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. "
8. Il résulte des dispositions précitées que les autorisations d'urbanisme ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme en vigueur et qu'elles sont accordées sous réserve des droits des tiers. Dès lors, le maire de Vallauris ne pouvait légalement se fonder sur la méconnaissance d'une servitude de droit privé, à supposer d'ailleurs que son existence soit établie, pour s'opposer à la déclaration préalable de la requérante. Ce moyen est ainsi fondé.
9. Il résulte de ce qui précède que si, comme mentionné au point précédent, le maire de Vallauris ne pouvait se fonder sur la méconnaissance d'une servitude de droit privé pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse, il pouvait toutefois légalement se fonder sur le premier motif tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Il aurait ainsi pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif pour s'opposer à la déclaration préalable de la requérante.
10. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2019 par lequel le maire de Vallauris s'est opposé à sa déclaration préalable du 15 novembre 2018 et partant, ses conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Vallauris.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
M. HOLZER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°1903022
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026