mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1903310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | TANDONNET- ROUSSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet 2019 et 29 septembre 2021, MM. Marc B et Philippe E, représentés par Me Voisin-Moncho, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2019 par lequel le maire de Peymeinade a délivré à M. F H un permis de construire une villa de deux logements avec piscine sur les parcelles cadastrées section AC n° 308 et 310 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Peymeinade la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le pétitionnaire ne pouvait bénéficier de la cristallisation des règles d'urbanisme prévue à l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme dès lors que l'autorisation de lotir obtenue le 16 janvier 2015 était caduque à la date de la demande de permis de construire en litige ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors que les adresses mentionnées n'existent pas ;
- il méconnaît les dispositions de l'article NB 3 du plan d'occupation des sols de la commune ;
- les parcelles cadastrées section AC n° 308 et 310 n'ont pas fait l'objet de bornage de sorte que la surface déclarée par le pétitionnaire n'est pas vérifiable ;
- la demande de permis de construire mentionne une propriété de 8 907 mètres carrés divisée en deux lots alors qu'il s'agit d'une unité foncière de 8 748 mètres carrés divisée en trois lots ;
- elle mentionne également un dénivelé de 2 mètres entre les limites Nord et Sud alors que celui-ci est de 4,92 mètres selon le plan de masse ;
- une restanque a été supprimée en méconnaissance du plan local d'urbanisme de la commune approuvé le 2 mai 2019 ;
- l'emprise au sol de l'abri bois est erronée ;
- le projet ne porte pas sur une villa à deux niveaux mais sur deux villas ;
- il méconnaît les dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols ;
- il prévoit un épandage des eaux de filtres de la piscine en méconnaissance des dispositions de l'article NB 4 du plan d'occupation des sols ;
- il méconnaît les règles en matière de replantage d'arbres ;
- les espaces verts perméables représentent 67% de la surface du lot et non 71% comme indiqué par le pétitionnaire ;
- l'emprise au sol du projet et la surface de plancher du garage de la villa 1 indiquées dans le projet ont été volontairement sous-estimées de manière frauduleuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2021, la commune de Peymeinade, représentée par Me Orlandini, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire au prononcé d'une annulation partielle ou d'un sursis à statuer sur le fondement des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, MM. Jean-Luc et Julian H et la société civile immobilière Les Cardelles, représentés par Me Roussin, concluent à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et en tout état de cause à ce qu'une somme de 1 000 euros pour chacun soit 3 000 euros au total soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les requérants n'ont pas d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de la santé publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2016-6 du 5 janvier 2016 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Moncho, représentant les requérants, et de Me Gadd, substituant Me Orlandini, représentant la commune de Peymeinade.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et M. E sont propriétaires indivis d'une maison à usage d'habitation et d'un terrain attenant sur les parcelles cadastrées section AC n° 130, 131, 132, 133 et 136, situées sur le territoire de la commune de Peymeinade. La société civile immobilière (SCI) Les Cardelles est propriétaire de parcelles voisines, notamment celles cadastrées section AC n° 308 et 310. M. H a sollicité un permis de construire une villa de deux logements avec piscine sur ces deux parcelles. Par un arrêté du 15 mai 2019, le maire de Peymeinade lui a délivré le permis de construire sollicité. MM. B et E demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le pétitionnaire et tirée de l'absence d'intérêt à agir des requérants :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Pour l'application de ces dispositions et eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, d'une part, il ressort du plan cadastral fourni au dossier que MM. B et E bénéficient de la qualité de voisins immédiats du projet litigieux. D'autre part, il ressort du dossier joint à la demande de permis que la façade Sud de la construction en litige s'implante en face de la piscine des requérants, que cette façade en R+1 comporte plusieurs ouvertures et que le terrain du projet présente une cote altimétrique supérieure à celui des requérants. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le projet en litige est de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'ils détiennent dès lors qu'il crée un vis-à-vis sur leur piscine. Par suite, ils bénéficient d'un intérêt pour agir contre le permis litigieux et la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur les dispositions applicables au litige :
5. En premier lieu, d'une part aux termes de l'article L. 322-10 du code des procédures civiles d'exécution : " L'adjudication emporte vente forcée du bien saisi et en transmet la propriété à l'adjudicataire. / Elle ne confère à celui-ci d'autres droits que ceux appartenant au saisi. Ce dernier est tenu, à l'égard de l'adjudicataire, à la délivrance du bien et à la garantie d'éviction ". D'autre part, aux termes de l'article L. 462-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " A l'achèvement des travaux de construction ou d'aménagement, une déclaration attestant cet achèvement et la conformité des travaux au permis délivré ou à la déclaration préalable est adressée à la mairie " et aux termes de l'article R.*462-1 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " La déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux est signée par le bénéficiaire du permis de construire ou d'aménager ou de la décision de non-opposition à la déclaration préalable ou par l'architecte ou l'agréé en architecture, dans le cas où ils ont dirigé les travaux. / () ".
6. D'une part, il résulte des dispositions citées au point précédent de l'article L. 322-10 du code des procédures civiles d'exécution que le transfert de propriété à l'adjudicataire a lieu à compter du jugement d'adjudication. Par suite, la SCI Les Cardelles est devenue propriétaire des parcelles sur lesquelles s'implante le projet en litige à la date du 7 décembre 2017. D'autre part, il résulte des dispositions précitées de l'article R.*462-1 du code de l'urbanisme qu'il appartenait à la société Marella de déposer la déclaration d'achèvement des travaux et de leur conformité à la décision de non-opposition à déclaration préalable du 16 janvier 2015 dès lors que c'est elle qui en avait sollicité le bénéfice. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que la société Marella disposait pour ce faire d'un délai contraint ou qu'elle n'était plus en mesure de déposer une telle déclaration d'achèvement dès lors qu'elle n'était plus la propriétaire des parcelles pour lesquelles elle avait sollicité une division foncière. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la société Marella n'avait pas qualité pour déposer la déclaration d'achèvement des travaux reçue par la commune le 22 décembre 2017.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.*600-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Aucune action en vue de l'annulation d'un permis de construire ou d'aménager ou d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable n'est recevable à l'expiration d'un délai d'un an à compter de l'achèvement de la construction ou de l'aménagement. / Sauf preuve contraire, la date de cet achèvement est celle de la réception de la déclaration d'achèvement mentionnée à l'article R. 462-1 ".
8. Si les requérants soutiennent que M. H aurait déposé cette déclaration d'achèvement des travaux en lieu et place de la société Marella, ils n'apportent aucun élément à l'appui de cette allégation. Dans ces conditions, le caractère frauduleux de la déclaration d'achèvement des travaux de division foncière n'est pas établi et ceux-ci doivent être regardés, en application des dispositions citées au point précédent, comme ayant été achevés le 22 décembre 2017.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R.*424-18 du code de l'urbanisme dans sa rédaction issue de l'article 3 du décret du 5 janvier 2016 relatif à la durée de validité des autorisations d'urbanisme et portant diverses dispositions relatives à l'application du droit des sols et à la fiscalité associée : " Lorsque la déclaration porte sur un changement de destination ou sur une division de terrain, la décision devient caduque si ces opérations n'ont pas eu lieu dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R*424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / () " et aux termes de l'article 7 de ce même décret : " Les dispositions prévues aux articles 3 et 6 du présent décret s'appliquent aux autorisations en cours de validité à la date de publication du présent décret () ".
10. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles sur lesquelles s'implante le projet en litige ont fait l'objet d'une décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 16 janvier 2015 pour leur lotissement. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que ces travaux ont été achevés le 22 décembre 2017. Par suite, en application des dispositions mentionnées au point précédent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision de non-opposition du 16 janvier 2015 serait devenue caduque faute d'achèvement des travaux dans un délai de trois ans.
11. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date. / () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 174-1 du même code : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. / () " et aux termes de l'article L. 174-3 de ce code : " Lorsqu'une procédure de révision du plan d'occupation des sols a été engagée avant le 31 décembre 2015, cette procédure peut être menée à terme en application des articles L. 123-1 et suivants, dans leur rédaction issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, sous réserve d'être achevée au plus tard le 26 mars 2017 ou, dans les communes d'outre-mer, le 26 septembre 2018. Les dispositions du plan d'occupation des sols restent en vigueur jusqu'à l'approbation du plan local d'urbanisme et au plus tard jusqu'à cette dernière date ".
12. En l'espèce, d'une part il ressort des pièces du dossier que la commune de Peymeinade était couverte par un plan d'occupation des sols approuvé le 31 mars 1983 et qu'elle a engagé la procédure d'élaboration de son plan local d'urbanisme par une délibération du 9 décembre 2008. Celui-ci est entré en vigueur par une deuxième délibération du 14 décembre 2017. Par suite, en application des dispositions combinées des articles L. 174-1 et L. 174-3 du code de l'urbanisme, c'est le plan d'occupation des sols de la commune qui était applicable jusqu'au 26 mars 2017. D'autre part, le terrain sur lequel s'implantent les constructions en litige a fait l'objet d'une décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 16 janvier 2015 pour son lotissement. En application des dispositions précitées de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme, le pétitionnaire bénéficiait de la cristallisation des règles d'urbanisme en vigueur à cette date pour une durée de cinq ans. Par suite, c'est à bon droit qu'à la date de la décision attaquée, le 15 mai 2019, la commune s'est fondée sur les dispositions du plan d'occupation des sols pour instruire la demande de M. H. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le pétitionnaire ne pouvait bénéficier des dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article NB 3 du plan d'occupation des sols :
13. En premier lieu, aux termes de l'article NB 3 du plan d'occupation des sols dans sa rédaction applicable au litige : " () / Un îlot de propriété ne pourra avoir plus d'un accès carrossable sur une voie publique ou privée commune. / () ".
14. Les requérants soutiennent que l'unité foncière du pétitionnaire présente deux accès alors que les dispositions précitées de l'article NB 3 limitent leur nombre à un par unité foncière. Toutefois, contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces dispositions interdisent seulement la création de deux accès sur une même voie et non celle de deux accès sur deux voies distinctes. Par suite, la circonstance que l'unité foncière de M. H présenterait un accès sur le chemin des Jacourets et un autre sur le chemin de la Cardelle n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions de l'article NB 3 du plan d'occupation des sols.
15. En deuxième lieu, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne lui appartient pas de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
16. En l'espèce, la commune fait valoir en défense que le chemin de la Cardelle est une voie privée ouverte à la circulation du public, ce qui n'est pas contesté par les requérants. Dans ces conditions, la commune n'était pas tenue de vérifier l'existence d'un titre permettant au pétitionnaire d'utiliser ce chemin. Il suit de là que le moyen tiré de ce que M. H ne justifierait pas des titres lui permettant d'accéder au projet par le chemin de la Cardelle doit être écarté comme inopérant.
Sur les inexactitudes alléguées dans le dossier de demande de permis de construire :
17. D'une part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
18. D'autre part, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
19. En premier lieu, il ressort du dossier joint à la demande de permis de construire que le pétitionnaire identifie clairement les parcelles sur lesquelles s'implante le projet en litige comme étant celles cadastrées section AC n° 308 et 310. Il fournit à cet égard un plan cadastral faisant apparaître le chemin de la Cardelle ainsi que la référence de la décision de non-opposition à déclaration préalable du 16 janvier 2015 par laquelle le maire de Peymeinade a approuvé la création desdites parcelles par division foncière. Dans ces conditions, la circonstance que la demande mentionnerait une adresse au 31 chemin de la Cardelle et l'arrêté en litige une adresse au 9 de ce même chemin n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, quand bien même aucun de ces deux numéros ne correspondrait au terrain d'assiette en litige. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
20. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que la surface du terrain déclarée par le pétitionnaire n'est pas vérifiable dès lors que les parcelles cadastrées section AC n° 308 et 310 n'auraient pas fait l'objet d'un bornage, ils n'apportent aucun élément tendant à démontrer que cette surface serait inexacte. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
21. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 19, il ressort du dossier joint à la demande de permis de construire que le pétitionnaire identifie clairement les parcelles sur lesquelles s'implante le projet en litige comme étant celles cadastrées section AC n° 308 et 310. Par suite, la circonstance que le pétitionnaire aurait mentionné dans sa demande un nombre erroné de lots issus de la division de l'unité foncière d'origine ou une surface totale de l'îlot de propriété erronée n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que ce moyen doit également être écarté.
22. En quatrième lieu, d'une part, la commune fait valoir en défense que le dénivelé de deux mètres mentionné dans la notice explicative est un dénivelé moyen, ce qui n'est pas contesté par les requérants en réplique. D'autre part, le plan de masse joint à la demande de permis de construire présente de manière détaillée les différentes cotes altimétriques relevées sur le terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, la circonstance que la notice explicative ferait état d'un dénivelé de deux mètres entre les limites parcellaires Nord et Sud de la parcelle cadastrée section AC n° 308 sans apporter plus de précisions sur les modalités de ce calcul n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
23. En cinquième lieu, les requérants soutiennent que l'emprise au sol de l'abri bois mentionnée dans la demande est erronée. Il ressort de la description de l'état actuel du terrain faite dans la notice explicative qu'un abris bois de 10,10 m² a été construit en limite Sud de la parcelle et a fait l'objet récemment d'une régularisation. La circonstance que l'état initial des constructions préexistantes ne correspondrait pas à la réalité est inopérante à l'encontre de la décision en litige, laquelle n'a d'autre objet que d'autoriser les nouvelles constructions conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. En tout état de cause, d'une part les requérants n'apportent aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations, d'autre part l'abri bois dont l'emprise au sol est contestée n'est pas l'objet de la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
24. En sixième lieu, si les requérants soutiennent que le projet en litige ne porte pas sur une villa à deux niveaux mais sur deux villas, d'une part il ressort du plan de masse joint au dossier que le projet porte bien sur la réalisation d'un seul bâtiment, d'autre part la notice descriptive précise bien que la construction comportera deux logements. Dans ces conditions, il n'est pas démontré que l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable aurait été faussée et le moyen doit être écarté.
25. En septième lieu, si les requérants soutiennent que la dalle en béton sur laquelle repose l'abri bois aurait été prise en compte au titre des espaces verts en pleine terre de sorte que ces derniers représenteraient en réalité 67% de la surface du lot A et non 71%, ils n'apportent aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations et de leur calcul. En tout état de cause, aucune disposition du plan d'occupation des sols applicable au projet en litige n'impose un pourcentage minimum d'espaces verts en pleine terre. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
26. En huitième lieu, il ressort des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire que l'emprise au sol du projet s'élève à environ 210 mètres carrés et non 187,06 mètres carrés comme précisé par le pétitionnaire, de sorte qu'il existe bien une inexactitude quant à l'emprise au sol du projet. Toutefois, il ressort de la lecture de l'article NB 9 du plan d'occupation des sols applicable au litige que celle-ci n'est pas règlementée en zone NB. Dans ces conditions, cette inexactitude n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable et le moyen doit être écarté.
27. En dernier lieu, les garages n'étant pas comptabilisés au titre de la surface de plancher, l'inexactitude de la surface de plancher du garage de la villa n°1 n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que ce moyen doit également être écarté.
Sur la suppression des restanques :
28. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que les dispositions applicables au projet en litige sont celles du plan d'occupation des sols de la commune. Par suite, le moyen tiré de ce que la suppression des restanques serait prohibée par le plan local d'urbanisme, ce qui au surplus ne ressort pas des pièces du dossier, est inopérant et ne peut qu'être écarté comme tel.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols :
29. Aux termes de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols dans sa rédaction applicable au litige : " () / Les enduits et les matériaux doivent être de teinte claire. L'emploi de couleurs vives n'est autorisé que sur des éléments architecturaux accessoires et de petites surfaces. / () / Les couvertures devront être en tuiles rondes ou similaires. / () " et aux termes de l'article NB 10 du plan d'occupation des sols relatif à la hauteur des constructions : " () / 2. La hauteur frontale ou différence de niveau entre le point le plus haut et le point le plus bas de l'ensemble de la construction, mesuré à partir du sol naturel (ou excavé s'il n'est pas remblayé), ne pourra dépasser 8,50 mètres à l'égout du toit ou au point le plus haut de la toiture-terrasse et 10 mètres au faitage. / () ".
30. En premier lieu, les requérants soutiennent que les dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols ont été méconnues dès lors que les garages sont surmontés d'une toiture terrasse et non de tuiles rondes ou similaires. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des dispositions du plan d'occupation des sols que les toits terrasses seraient expressément prohibés. D'autre part, l'article NB 10 du plan d'occupation des sols prévoit des modalités de calcul de la hauteur frontale spécifiques aux toitures terrasses de sorte que celles-ci doivent être regardées comme ayant été implicitement autorisées. Dans ces conditions, la commune est fondée à faire valoir que les dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols ne trouvent pas à s'appliquer dans l'hypothèse d'une toiture terrasse. Il suit de là que la première branche du moyen doit être écartée.
31. En second lieu, il ressort de la notice descriptive du projet que l'enduit de la construction sera d'une couleur " gris chaud " et que les menuiseries seront en aluminium de couleur " gris anthracite ". S'il ressort des plans de façade joints au dossier de demande de permis de construire que la couleur " gris chaud " de l'enduit est une teinte claire, tel n'est pas le cas de la couleur " gris anthracite " des menuiseries. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la couleur retenue par le pétitionnaire pour les menuiseries méconnaît les dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article NB 4 du plan d'occupation des sols :
32. D'une part, aux termes de l'article NB 4 du plan d'occupation des sols relatif à la desserte par les réseaux : " 2. Assainissement / Toute construction ou installation nouvelle doit obligatoirement évacuer les eaux usées dans des canalisations souterraines raccordées au réseau collectif d'assainissement en respectant ses caractéristiques. / Dans le cas où il n'existe pas de réseau public proche de la construction et où le raccordement s'avèrerait techniquement impossible, des dispositifs d'assainissement en conformité avec la règlementation sanitaire en vigueur pourront être autorisés. Le raccordement futur à un réseau collectif devra rester possible. / () / 3. Eaux pluviales : / Si le réseau existe, les aménagements devront être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales dans le réseau collectif. / En l'absence de réseau, l'évacuation devra se faire directement et sans stagnation vers un déversoir désigné. / () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 1331-2 du code de la santé publique dans sa version en vigueur depuis le 27 juin 2007 : " Il est interdit d'introduire dans les systèmes de collecte des eaux usées : / () / d) Des eaux de vidange des bassins de natation. / () ".
33. En l'espèce, il ressort du dossier joint à la demande de permis de construire que les rejets des eaux de filtres de la piscine seront évacués par épandage au sud du bassin tandis que le pétitionnaire prévoit d'organiser la vidange de celle-ci par une entreprise spécialisée. Dès lors que les dispositions de l'article R. 1331-2 du code de la santé publique citées au point précédent interdisent l'évacuation des eaux de piscine dans le réseau d'assainissement, le moyen tiré de ce que le rejet des eaux de filtre de la piscine ne serait pas raccordé au réseau d'assainissement en méconnaissance de l'article NB 4 du plan d'occupation des sols ne peut qu'être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des règles relatives à l'aménagement paysager :
34. D'une part, il ne résulte pas des dispositions du plan d'occupation des sols applicables au projet en litige que l'arrachage d'arbres serait prohibé ou serait soumis au remplacement des arbres supprimés. Par suite, si les requérants soutiennent que certains des emplacements prévus pour le déplacement des arbres seraient entachés d'impossibilité matérielle, cette circonstance est inopérante. A cet égard, il ressort par ailleurs du plan de masse joint au dossier que ce déplacement sera réalisé seulement si cela est possible.
35. D'autre part, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, la circonstance que des arbres auraient été abattus sur la propriété du pétitionnaire est également inopérante.
36. Enfin, si les requérants soutiennent que le déplacement d'arbres centenaires va entraîner de graves dégâts, cette branche du moyen n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
37. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que les dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols applicable au litige ont été méconnues dès lors que le projet prévoit la réalisation de menuiseries d'une couleur gris anthracite.
Sur les conclusions de la commune tendant à l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
38. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
39. Lorsque les éléments d'un projet de construction auraient pu faire l'objet d'autorisations distinctes, le juge de l'excès de pouvoir peut prononcer l'annulation partielle de l'arrêté attaqué en raison de la divisibilité des éléments composant le projet litigieux. En outre, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme lui permettent de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme qui n'aurait pas cette caractéristique, dans le cas où l'illégalité affectant une partie identifiable d'un projet de construction ou d'aménagement est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif. Par suite, l'application de ces dispositions n'est possible que si la régularisation porte sur des éléments du projet pouvant faire l'objet d'un permis modificatif, un tel permis ne pouvant être délivré que si les modifications apportées au projet initial pour remédier au vice d'illégalité ne peuvent être regardées, par leur nature ou leur ampleur, comme remettant en cause sa conception générale. A ce titre, la seule circonstance que ces modifications portent sur des éléments tels que son implantation, ses dimensions ou son apparence ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce qu'elles fassent l'objet d'un permis modificatif.
40. Il résulte des motifs du présent jugement, et pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme que seul le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols de la commune est de nature à fonder l'annulation du permis délivré le 15 mai 2019. Toutefois, ce vice, qui ne concerne que les menuiseries et qui n'affecte ainsi qu'une partie identifiable du projet, est susceptible d'être régularisé par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que les modifications apportées au projet initial pour remédier au vice d'illégalité ne peuvent être regardées, par leur nature ou leur ampleur, comme remettant en cause sa conception générale. Par suite, il y a lieu, d'annuler partiellement le permis de construire délivré à M. H le 15 mai 2019 en tant qu'il autorise la pose de menuiseries de couleur " gris anthracite " en méconnaissance des dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols applicable au projet.
41. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions précitées de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il y a lieu de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel M. H pourra demander la régularisation de l'autorisation délivrée le 15 mai 2019. Ce faisant, et dès lors que l'illégalité n'affecte pas la réalisation de la construction dans ses éléments substantiels, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 comme le sollicite également la commune de Peymeinade.
Sur les frais liés au litige :
42. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Peymeinade la somme que MM. B et E demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Peymeinade et par MM. H et la société Les Cardelles soient mises à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Le permis de construire accordé à M. H le 15 mai 2019 est annulé en tant qu'il autorise la pose de menuiseries de couleur gris anthracite en méconnaissance des dispositions de l'article NB 11 du plan d'occupation des sols de la commune.
Article 2 : Le délai dans lequel M. H pourra déposer une demande de permis de construire modificatif est, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Peymeinade au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par MM. H et la société Les Cardelles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à M. G E, à la commune de Peymeinade, à M. F H, à M. D H et à la société civile immobilière Les Cardelles.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.
La rapporteure,
Signé
N. C
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
M.L. DAVERIO
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026