jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1904564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GIMALAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 18 septembre 2019, 19 novembre 2019, 24 janvier 2020, 28 avril 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit à la demande du président de la formation de jugement en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 7 octobre 2022, et un mémoire, enregistré le 6 décembre 2022, n'ayant pas donné lieu à communication, M. A C, Mme D E et M. B E, représentés par Me Gimalac, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 avril 2019 par lequel le maire de la commune de Mougins a délivré à la société civile immobilière Eden un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition d'une villa vétuste et la création d'un bâtiment à usage d'entrepôts artisanaux et de bureaux sur un terrain situé 1445 chemin de la plaine à Mougins, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux reçu le 5 juin 2019 ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 4 octobre 2019 par lequel le maire de la commune de Mougins a délivré à la société civile immobilière Eden un permis de construire modificatif en vue de la modification de la rampe d'accès au sous-sol et de la modification de la hauteur du bâtiment sur le terrain situé 1445 chemin de la plaine à Mougins ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mougins une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens de l'instance.
Les requérants soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient d'un intérêt à agir ;
- le permis litigieux a été accordé en méconnaissance des dispositions de l'article UZ 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mougins et est entaché de fraude ;
- le permis litigieux a été accordé en méconnaissance des dispositions des articles UZ 11 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le projet litigieux ne prévoit pas la création de places de stationnement pour vélos ni de places de stationnement équipées pour la recharge de véhicules électriques ou hybrides ;
- le projet litigieux méconnait les dispositions des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et L. 220-2 du code de l'environnement ;
- le projet litigieux méconnait les dispositions de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- la demande de permis de construire modificatif vise, de façon erronée, une adresse au " 822 chemin de Jylloue " ;
- le projet litigieux ne présente aucune utilité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 décembre 2019 et 7 avril 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit à la demande du président de la formation de jugement en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 17 octobre 2022, la société civile immobilière Eden, prise en la personne de son représentant légal en exercice, représentée par Me Lacrouts, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société civile immobilière Eden soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable : les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit à la demande du président de la formation de jugement en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 4 novembre 2022, et un mémoire, enregistré le 22 novembre 2022, la commune de Mougins, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Grech, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond, et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Mougins soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable : aucun des requérants ne justifie d'un intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mars 2023 :
- le rapport de Mme F ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Dalbera représentant la commune de Mougins et de Me Lacrouts représentant la SCI Eden.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 avril 2019, le maire de la commune de Mougins a délivré à la société civile immobilière (ci-après, " SCI ") Eden, un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition d'une villa vétuste et de la construction d'un bâtiment à usage d'entrepôts artisanaux et de bureaux sur un terrain cadastré DE 17 sis 1445 chemin de la plaine à Mougins. Par un courrier en date du 31 mai 2019, reçu le 5 juin 2019, M. A C, Mme D E et M. B E ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel a été implicitement rejeté. Par un arrêté en date du 4 octobre 2019, le maire de la commune de Mougins a délivré à la SCI Eden un permis de construire modificatif en vue de la modification de la rampe d'accès au sous-sol et de la modification de la hauteur du bâtiment. M. A C, Mme D E et M. B E demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler les arrêtés municipaux en date des 5 avril 2019 et 4 octobre 2019, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
3. Par suite, les moyens soulevés dans la présente requête et dirigés contre l'arrêté du 5 avril 2019 portant délivrance du permis de construire initial doivent être examinés en tenant compte de la régularisation des illégalités éventuellement intervenue par la délivrance, le 4 octobre 2019, du permis de construire modificatif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article UZ 10 du règlement du plan local d'urbanisme (ci-après, " PLU ") de la commune de Mougins relatif aux hauteurs maximales des constructions : " Conditions de mesure : La hauteur en tout point des constructions est mesurée à partir du sol naturel existant ou excavé pour la réalisation du projet jusqu'à l'égout du toit. / Hauteur absolue : La hauteur des autres constructions, mesurée dans les conditions définies ci-dessus, ne peut excéder : - Secteur UZ et UZc : 12 mètres ".
5. Par ailleurs, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
6. En l'espèce, les requérants soutiennent, pour contester la mesure de la hauteur de la construction projetée, que les cotes apparaissant sur les plans des dossiers de demande de permis de construire initial et modificatif n'ont pas été calculées à partir du sol naturel mais en prenant en compte une couche de remblais créée au-dessus du sol naturel. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux de remblaiement en cause auraient été exécutés en vue de la réalisation du projet litigieux. Dans ces conditions, le terrain remblayé devait bien être regardé comme constituant le terrain naturel au sens des dispositions précitées. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que si la hauteur de la construction litigieuse, calculée à bon droit, à partir du terrain tel qu'il existait dans son état antérieur aux travaux entrepris pour la réalisation du projet de construction litigieux, était initialement 13,22 mètres, elle a été ramenée à une hauteur inférieure à la hauteur maximale de 12 mètres autorisée par les dispositions précitées par le permis de construire modificatif délivré le 4 octobre 2019. Dans ces conditions, le vice tiré de la méconnaissance des dispositions précitées a été régularisé par la délivrance d'un permis de construire modificatif. Par suite, les moyens tirés de ce que la société Eden se serait livré à des manœuvres en vue d'induire en erreur l'administration et que le permis aurait été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UZ 10 du règlement du PLU ne peuvent qu'être écartés comme non fondés à l'égard du permis de construire modificatif et comme inopérants à l'égard du permis de construire initial.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Aux termes des dispositions de l'article UZ 11 du règlement du PLU de Mougins relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagements de leurs abords : " -Dispositions générales : Les constructions, ainsi que les clôtures et les murs de soutènement, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions devront s'adapter à la topographie existante des terrains. En particulier, elles devront s'implanter de telle manière à préserver au maximum les restanques quand elles existent./ - Dispositions particulières Les constructions nouvelles doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites, des paysages naturels. Les matériaux employés, les enduits, les peintures, les parements doivent être en harmonie avec le caractère architectural des constructions environnantes. A ce titre, les parements bois et métalliques ne sont autorisés que dans le cadre d'une composition d'ensemble de qualité. (.) ".
8. D'une part, les dispositions de l'article UZ 11 du règlement du PLU de Mougins ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du PLUM que doit être appréciée la légalité de l'arrêté attaqué.
9. D'autre part, pour apprécier si un projet de construction porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
10. En l'espèce, les requérants soutiennent que le projet en cause, par son volume et ses caractéristiques architecturales, rompt l'harmonie de l'environnement proche. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige, laquelle consiste en la réalisation d'un bâtiment à usage d'entrepôts artisanaux et de bureaux, doit être implantée sur un terrain situé en zone " UZ " du PLU de Mougins, qui correspond à " un secteur d'accueil des activités industrielles, artisanales, commerciales, d'entrepôts, d'équipements et de services " et en limite de zone " Udb ", qui correspond à un secteur résidentiel qui présente une faible densité. La zone d'implantation du projet en litige, qui ne bénéficie par ailleurs d'aucune protection spécifique, ne présente aucun caractère ou intérêt particulier. Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les requérants, qui n'apportent au demeurant aucun élément au soutien de leurs allégations, il ressort des pièces du dossier ainsi que du site " Google Earth ", accessible tant au juge qu'aux parties, que le volume du projet litigieux est comparable à celui de plusieurs constructions voisines. De plus, les requérants n'établissent pas en quoi la circonstance que les matériaux employés, pour deux des façades, diffèrent des deux autres ferait obstacle à ce que les façades s'insèrent dans le cadre d'une composition d'ensemble de qualité ou ne soient pas en harmonie avec le caractère architectural des constructions environnantes. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés en date 5 avril et 4 octobre 2019 méconnaissent les dispositions précitées de l'article 11 du règlement de la zone " UZ " du PLU de la commune de Mougins.
11. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que le projet litigieux ne prévoit pas la création de places de stationnement pour vélos ni de places de stationnement équipées pour la recharge de véhicules électriques ou hybrides, ils ne se prévalent de la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme. Au demeurant, la commune de Mougins fait valoir, sans être contredite, que de tels équipements ne sont pas exigés par les dispositions du règlement du PLU applicables en zone " UZ " du PLU, au sein de laquelle se situe le projet. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus d'autorisation d'urbanisme sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Il résulte par ailleurs de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, l'autorisation d'urbanisme ne peut être refusée que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande, d'accorder l'autorisation en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
13. Aux termes de l'article L. 220-2 du code de l'environnement : " Constitue une pollution atmosphérique au sens du présent titre l'introduction par l'homme, directement ou indirectement ou la présence, dans l'atmosphère et les espaces clos, d'agents chimiques, biologiques ou physiques ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives ".
14. En l'espèce, il ressort de ce qui a été dit au point 10 que le projet, qui consiste en la réalisation d'un bâtiment à usage d'entrepôts artisanaux et de bureaux, doit être implanté sur un terrain situé en zone " UZ " du PLU de Mougins, qui correspond à " un secteur d'accueil des activités industrielles, artisanales, commerciales, d'entrepôts, d'équipements et de services " et en limite de la zone " Udb " du PLU, qui correspond à un secteur résidentiel qui présente une faible densité. Si les requérants soutiennent que la circulation automobile induite par le projet, lequel prévoirait une capacité d'accueil de cinquante employés, l'existence de quarante places de parking en sous-sol ainsi qu'un emplacement poids lourds risque de générer des nuisances liées aux bruits et à l'odeur des véhicules qui seraient disproportionnées, ils n'apportent aucun élément de nature à établir que ces nuisances dépasseraient celles qui sont normalement admissibles dans un tel secteur ou l'existence de risques particuliers et avérés pour la salubrité ou la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige méconnaitrait les dispositions précitées aux deux points précédents doit être écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est susceptible, en raison de sa localisation, d'être exposé à des nuisances graves, dues notamment au bruit ". Par ailleurs, l'article R. 111-1 du même code prévoit que : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ".
16. Il est constant que la commune de Mougins est dotée d'un plan local d'urbanisme. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme rappelées au point précédent, de sorte que le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté comme inopérant.
17. En sixième lieu, la circonstance que la notice de sécurité du dossier de permis de construire modificatif vise, de façon erronée, une adresse au " 822 chemin de Jylloue " est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en date du 4 octobre 2019 dès lors qu'il est constant que ce dernier arrêté mentionne l'adresse correcte du projet, à savoir le " 1445 chemin de la plaine ", et que, dans ces conditions, il n'a résulté de cette erreur de plume aucune ambiguïté sur la localisation des travaux autorisés.
18. Enfin, en septième lieu, l'opportunité et la nécessité d'un projet sont sans incidence par eux-mêmes sur la légalité d'une autorisation d'urbanisme. Par suite, un tel moyen doit être écarté comme inopérant.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées et tirées de ce que les requérants n'auraient pas intérêt à agir dans la présente instance, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés en date des 5 avril 2019 et 4 octobre 2019, ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les dépens :
20. La présente instance ne comportant pas de dépens, les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mougins, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
22. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre solidairement à la charge des requérants la somme globale de 1 500 euros, à verser à la commune de Mougins, et la somme globale de 1 500 euros, à verser à la SCI Eden, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A C, Mme D E et M. B E est rejetée.
Article 2 : M. A C, Mme D E et M. B E verseront solidairement la somme globale de 1 500 euros à la commune de Mougins et la somme globale de 1 500 euros à la société civile immobilière Eden au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A C, à Mme D E, à M. B E, à la commune de Mougins et à la société civile immobilière Eden.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 13 avril 2023.
La rapporteure,
signé
B. F
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026