mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1904859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CESARI DOMINIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires complémentaires, enregistrés les 9 octobre 2019, 6 octobre 2020, 1er mars 2021 et 11 juin 2021, M. C A, représenté par Me Cesari, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 août 2019 par laquelle la société Orange a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses pathologies ;
2°) d'enjoindre à la société Orange de prendre en charge les arrêts de travail et soins liés aux pathologies dont il souffre au titre de la législation applicable aux maladies professionnelles et de procéder à la mise à jour du montant des salaires et mesures connexes relatifs à la période des congés maladies ordinaires ;
3°) de mettre à la charge de la société Orange une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision litigieuse est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que, à titre principal, les pathologies dont il souffre sont présumées imputables au service en application de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale et des tableaux nos 97 et 98, et à titre subsidiaire, ses pathologies sont en lien direct avec l'exécution de ses fonctions.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 8 juin 2020, 9 octobre 2020 et 23 mars 2021, la société Orange, représentée par Me Guillaume et Me Perche, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des frais de procédure.
La société Orange fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2014-107 du 4 février 2014 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Plebani, substituant Me Cesari, représentant M. A, et de Me Perche, représentant la société Orange.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 27 juin 1955, employé par la société Orange en qualité d'agent public de l'Etat, après avoir occupé des postes de promoteur réseau, de technico-commercial et de responsable de gestion maintenance pour le groupe France Telecom devenu la société Orange, a été affecté sur un poste de téléconseiller en 2001 sur le site d'Antibes. M. A a commencé à présenter une lombalgie chronique basse au début des années 90, laquelle a évolué en discopathie dégénérative. Par une demande en date du 1er octobre 2018, il a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses pathologies. La commission de réforme a rendu un avis défavorable le 4 juillet 2019 au motif de ce que les pathologies invoquées ne correspondent pas aux critères du tableau des maladies professionnelles nos 97 et 98. La société Orange a, par une décision datée du 8 août 2019, refusé de reconnaître l'imputabilité au service des pathologies dont souffre M. A. Ce dernier demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 8 août 2018.
Sur les conclusions d'annulation :
2. A titre liminaire, par la décision attaquée, la société Orange a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des pathologies dont souffre M. A, au visa de la loi du 11 janvier 1984, du décret du 14 mars 1986 et du décret du 4 février 2014. Quand bien même cette décision fait référence aux tableaux des maladies professionnelles nos 97 et 98, la société Orange doit être regardée, au vu des visas mentionnés dans cette décision, comme ayant entendu se placer sur le terrain des dispositions de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 et non sur celui des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 issu de l'ordonnance du 19 janvier 2017.
3. D'une part, le requérant ne peut utilement se prévaloir du mécanisme de présomption légale d'imputabilité des maladies professionnelles renseignées dans les tableaux nos 97 et 98, prévu par l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale dès lors, que pour les motifs exposés au point précédent, les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 créées par l'ordonnance du 19 janvier 2017 ne lui sont pas applicables.
4. D'autre part, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été amené, dans le cadre de ses fonctions d'agent spécialisé en informatique exercées entre 1991 et 1994, à se déplacer sur plusieurs sites de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, lors d'animations pédagogiques pour lesquelles il réalisait du transport de matériels informatiques impliquant le port de matériels informatiques. A partir de l'année 2001, M. A a été affecté sur un poste de téléconseiller, lequel implique le maintien d'une position assise prolongée.
6. Il ressort des pièces du dossier et notamment des certificats médicaux produits par le requérant qu'une scoliose lombaire et une hyperlordose lombaire avec une ébauche de discopathie C6-C7 et L3-L4 ont été diagnostiquées le 15 janvier 1997, qu'il a bénéficié d'arrêts maladies en 2007, 2012, 2013, 2014 et 2018 en raison d'une lombalgie aiguë, et que cette dernière a évolué défavorablement en discopathie dégénérative ainsi que cela ressort du résultat de l'IRM du rachis-lombo-sacré daté du 7 mars 2018.
7. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les visites médicales réalisées par la médecine du travail en vue des reprises de fonctions du requérant, ont conclu à l'aptitude de ce dernier et ont préconisé, dès 2005, l'aménagement de son poste de travail afin de soulager ses douleurs liées à sa lombalgie (siège ergonomique avec soutien lombaire, variation de la position assise à débout, casque téléphonique binaural, réglage de la position du siège ergonomique, plan de travail réglable en hauteur électrique, équipement de prothèses auditives, aménagement du poste sans contact téléphonique). Il ressort des pièces du dossier que la société Orange a entamé des démarches le 24 septembre 2015 pour équiper le poste de travail de M. A d'un siège ergonomique et d'un casque audio suivant les préconisations du médecin du travail, lequel a validé la commande le 15 octobre 2015. Il ressort également de ces pièces que la société a poursuivi l'aménagement du poste de travail du requérant en mettant en œuvre les recommandations suivantes de la médecine du travail par l'acquisition, le 15 octobre 2015, d'un tapis de souris gel, d'un repose poignet gel, de deux écrans identiques par l'inscription en mai 2017 de l'intéressé à une formation " identifier les postures sur écran afin de limiter l'apparition des TMS " et par l'achat d'un bureau réglable en hauteur électrique le 5 novembre 2018 après devis reçu le 23 octobre 2018 et étude de poste du 24 septembre 2018.
8. S'il est constant, au vu des pièces versées aux débats, que M. A souffre depuis la fin des années 90 de douleurs au dos en raison d'une scoliose et d'une hyperlordose lombaires, ayant évolué en lombalgie aiguë puis, en une discopathie dégénérative, qu'il a été reconnu travailleur handicapé le 18 septembre 2018 et que l'employeur a mis plus de 10 ans après les premières préconisations du médecin du travail pour aménager son poste de travail, il ne ressort cependant pas de ces mêmes pièces que des circonstances particulières tenant à ses conditions de travail ou d'exercice de ses fonctions ont été susceptibles de provoquer la pathologie dont souffre M. A ou d'y concourir. Dans ces conditions, eu égard aux pièces transmises l'affection dont le requérant souffre ne peut être regardée comme présentant un lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail. Par suite, la société Orange, qui a suivi l'avis de la commission de la réforme, n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant la demande de M. A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée du 8 août 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a donc lieu de rejeter de telles conclusions.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la société Orange, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme que réclame M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la société Orange au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Orange sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la société Orange.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
D. B
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
S. Genovèse
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026