mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et deux mémoires enregistrés les 28 octobre 2019, 31 mars 2021,
17 mai 2021 sous le n° 1905130 et un mémoire récapitulatif enregistré le 25 juin 2021,
Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2019 par lequel le président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée (SICTIAM) a prononcé son exclusion temporaire pour une durée de deux ans, ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 26 août 2019 ;
2°) d'annuler par voie de conséquence l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel le président du SICTIAM a fixé la prise d'effet de cette sanction à la date de sa notification ;
3°) d'enjoindre au président du SICTIAM de procéder à sa réintégration dans ses fonctions et à la reconstitution de sa carrière dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du SICTIAM une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été pris à l'issue d'une procédure disciplinaire qui a porté atteinte aux droits de la défense et qui a méconnu les exigences d'impartialité ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreurs matérielles des faits et de qualification juridique des faits quant aux griefs retenus à son encontre ;
- la sanction d'exclusion temporaire de deux ans est disproportionnée ;
- l'arrêté du 26 avril 2021 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2019.
Par des mémoires en défense enregistrés les 31 mars 2021, 18 mai 2021 et un mémoire récapitulatif enregistré le 28 juin 2021, le président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable au motif que la numérotation des pièces jointes figurant dans ses différents mémoires n'est pas cohérente et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 27 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée à cette date.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêté attaqué est irrégulier car il inflige une sanction non prévue dans l'échelle des sanctions de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984.
Un mémoire présenté par le président du SICTIAM a été enregistré le 8 février 2023 en réponse au moyen d'ordre public sur lequel le jugement était susceptible d'être fondé.
II - Par une requête enregistrée le 15 juin 2021 sous le n° 2103251, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel le président du SICTIAM a fixé la prise d'effet de la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire pour une durée de deux ans prononcée par l'arrêté du 27 juin 2019 ;
2°) d'enjoindre au président du SICTIAM de prendre un arrêté confirmant son placement en disponibilité pour convenances personnelles à compter du 5 mai 2021 jusqu'au
30 juin 2024 sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du SICTIAM une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté fixant la date d'effet de la sanction disciplinaire est irrégulier dès lors que sa demande de placement en disponibilité pour convenance personnelle avait été implicitement acceptée.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, le président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 28 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-683 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, conseillère ;
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public ;
- et les observations de Mme A et de Me Bazin représentant le SICTIAM.
Une note en délibéré, présentée par Mme B A dans le dossier n° 1905130, a été enregistrée le 13 mars 2022 mais n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, fonctionnaire territoriale relevant du cadre d'emploi des ingénieurs territoriaux, a fait l'objet d'une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de la fonction publique territoriale pour une durée de deux ans par un arrêté du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée (SICTIAM), son employeur, en date du 27 juin 2019. L'exécution de cette sanction disciplinaire a été différée par le placement en congé de maladie ordinaire de la requérante à compter du 1er avril 2019 puis de son placement en disponibilité d'office à titre conservatoire pour motif médical à compter du
1er avril 2020 et, enfin, de son placement, par un arrêté du 27 janvier 2021, en disponibilité d'office pour une durée de six mois. Par un premier arrêté du 26 avril 2021, le président du SICTIAM a abrogé l'arrêté du 27 janvier 2021 qui l'a placée en disponibilité d'office et a réintégré juridiquement Mme A dans les effectifs du SICTIAM. Par un deuxième arrêté du même jour, le président du SICTIAM a fixé la prise d'effet de la sanction disciplinaire dont faisait l'objet Mme A à la date de notification de cet arrêté. Par une ordonnance du
6 septembre 2021 n° 2104036, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a suspendu l'arrêté du 27 juin 2019 ainsi que l'arrêté du 26 avril 2021 fixant la prise d'effet de cette sanction en raison d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à leur légalité. Mme A demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du
27 juin 2019, ensemble la décision par laquelle le président du SICTIAM a implicitement rejeté son recours gracieux et l'arrêté du 26 avril 2021.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 1905130 et 2103251, formées par la même requérante, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 414-4 du code de justice administrative, dans sa version applicable au litige : " L'identification de l'auteur de la requête, selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-3, vaut signature pour l'application des dispositions du présent code. ". En outre, aux termes de l'article R. 414-5 du même code : " Par dérogation aux dispositions des articles R. 411-3, R. 411-4, R. 412-1, R. 412-2 et R. 611-1-1, le requérant est dispensé de produire des copies de sa requête, de ses mémoires complémentaires et des pièces qui y sont jointes. Il est également dispensé de transmettre l'inventaire détaillé des pièces lorsqu'il utilise le téléservice mentionné à l'article R. 414-2 ou recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application mentionnée à l'article R. 414-1. "
4. Le président du SICTIAM fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que la présentation des pièces dans l'inventaire détaillé ne correspond pas à la numérotation des pièces annexées à sa requête et à ses différents mémoires complémentaires. Toutefois, la requête et les mémoires de Mme A ont été présentés au moyen de l'application Télérecours citoyen. En vertu des dispositions précitées, et alors même que la requérante était dispensée de transmettre l'inventaire des pièces jointes, il ressort des pièces du dossier qu'elle a transmis lors de la production de son mémoire récapitulatif, un inventaire précisant, pour chacune des pièces, un intitulé décrivant explicitement son contenu. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le SICTIAM doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 27 juin 2019 :
5. Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. () ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () la rétrogradation ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; () ".
6. Il résulte de l'application combinée de ces dispositions que la sanction d'exclusion temporaire de fonctions prononcée par une autorité territoriale à l'encontre de l'un de ses agents, laquelle n'a pas pour effet de priver ce fonctionnaire de son emploi, qu'il a le droit de réintégrer au terme de la période d'exclusion, ne saurait produire d'effets au-delà du ressort de l'autorité territoriale qui l'a prononcée.
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué, et plus précisément de son article 1er, que " Mme B A est temporairement exclue de la fonction publique territoriale pour une durée de deux ans ". En ne limitant pas l'exclusion temporaire aux seules fonctions exercées par la requérante au sein du SICTIAM, l'autorité disciplinaire a prononcé une sanction non prévue à l'échelle des peines fixées par les dispositions précitées.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2019 par lequel le président du SICTIAM a prononcé son exclusion temporaire de la fonction publique territoriale pour une durée de deux ans, ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 26 août 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 26 avril 2021 :
9. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.
10. La décision du 26 avril 2021 ayant été prise en application de la décision du
27 juin 2019, elle doit être annulée par voie de conséquence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. D'une part, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, l'exécution du présent jugement implique que Mme A soit réintégrée dans ses fonctions au sein du SICTIAM de façon rétroactive à compter du 5 mai 2021, date d'effet de la sanction prononcée à son encontre, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
12. D'autre part, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, l'exécution du présent jugement implique également que le SICTIAM reconstitue la carrière ainsi que les droits à l'avancement et à la retraite de Mme A, au regard de la réintégration mentionnée au point précédent.
13. Il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
14. L'exécution du présent jugement n'implique pas, en revanche, qu'il soit enjoint au SICTIAM de placer Mme A en disponibilité pour convenances personnelles.
Sur les frais liés au litige :
15. D'une part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du SICTIAM une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le SICTIAM demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 juin 2019 par lequel le président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée a prononcé l'exclusion temporaire de Mme A pour une durée de deux ans, ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 26 août 2019, ainsi que l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel cette autorité a fixé la prise d'effet de cette sanction à la date de sa notification sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de réintégrer Mme A dans ses fonctions de façon rétroactive à compter du 5 mai 2021, date d'effet de la sanction prononcée à son encontre, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est enjoint au président du syndicat intercommunal des collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de reconstituer la carrière ainsi que les droits à l'avancement et à la retraite de Mme A, au regard de la réintégration mentionnée à l'article précédent.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions du syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes-Méditerranée.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de M. Cremieux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. CHEVALIER
Le président,
Signé
O. EMMANUELLI
Le greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.
2 - 2103251
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026