LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1905414

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1905414

mercredi 1 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1905414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantORTH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 novembre 2019, 15 octobre 2020, 4 février 2021, 17 mars et 7 décembre 2022, la société civile immobilière (SCI) Sophyen, représentée par Me Governatori, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de Saint-Laurent-du-Var a refusé de lui rétrocéder les lots préemptés n°s 65, 67 et 108 sur la parcelle cadastrée section AS n° 264 située à Saint-Laurent-du-Var ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Laurent-du-Var de lui proposer la vente de ces lots au prix de 140 000 euros, dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 800 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Laurent-du-Var la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maire de Saint-Laurent-du-Var s'était engagé à lui rétrocéder les lots qui ont été préemptés par l'arrêté du 13 novembre 2007 ;

- la commune n'a pas fait application de toutes ses prérogatives pour mettre fin au bail commercial existant, conformément à l'objet de la préemption ;

- elle dispose d'un droit de rétrocession desdits lots dès lors qu'ils ont été utilisés pour un autre objet que celui visé dans l'arrêté de préemption du 13 novembre 2007 ou, en tout état de cause, pour un autre objet que ceux prévus par les dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 septembre 2020, 26 mars 2021, 14 février, 8 août et 13 décembre 2022, la commune de Saint-Laurent-du-Var, représentée par Me Orth, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête est irrecevable car les conclusions à fin d'annulation présentées par la société requérante sont dirigées à l'encontre d'une décision inexistante et, qu'en tout état de cause, les moyens de la requête sont infondés.

Par une lettre du 12 janvier 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de se fonder sur un moyen soulevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaitre des conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commune de Saint-Laurent-du-Var a refusé de rétrocéder, à la société requérante, les biens préemptés par l'arrêté du 13 novembre 2007.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2023 :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- les observations de Me Lefebvre, substituant Me Governatori, représentant la société Sophyen,

- et les observations de Me Orth, représentant la commune de Saint-Laurent-du-Var.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 13 novembre 2007, la commune de Saint-Laurent-du-Var a décidé d'exercer son droit de préemption urbain sur les lots n°s 65, 67 et 108 situés sur la parcelle cadastrée section AS n° 264 de la commune et appartenant à la société Sophyen, en vue de la réalisation d'un projet de réaménagement du quartier de la gare. Estimant que ces lots ont été utilisés pour un autre objet que celui visé dans l'arrêté de préemption précité ou, en tout état de cause, pour un autre objet que ceux prévus par les dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme, la société Sophyen a, par un courrier du 15 juillet 2019, sollicité la commune en vue de la rétrocession de ces lots. Par sa requête, ladite société demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le maire de Saint-Laurent-du-Var a refusé de faire droit à cette demande.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l'article L. 213-11 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Les biens acquis par exercice du droit de préemption doivent être utilisés ou aliénés pour l'un des objets mentionnés au premier alinéa de l'article L. 210-1, qui peut être différent de celui mentionné dans la décision de préemption. L'utilisation ou l'aliénation d'un bien au profit d'une personne privée autre que le concessionnaire d'une opération d'aménagement ou qu'une société d'habitations à loyer modéré doit faire l'objet d'une délibération motivée du conseil municipal ou, le cas échéant, d'une décision motivée du délégataire du droit de préemption. / Si le titulaire du droit de préemption décide d'utiliser ou d'aliéner pour d'autres objets que ceux mentionnés au premier alinéa de l'article L. 210-1 un bien acquis depuis moins de cinq ans par exercice de ce droit, il doit informer de sa décision les anciens propriétaires ou leurs ayants cause universels ou à titre universel et leur proposer l'acquisition de ce bien en priorité. / () ". En outre, aux termes du premier alinéa de l'article L. 213-12 de ce même code : " En cas de non-respect des obligations définies au deuxième alinéa de l'article L. 213-11 ou au premier alinéa de l'article L. 213-11-1, les anciens propriétaires ou leurs ayants cause universels ou à titre universel saisissent le tribunal de l'ordre judiciaire d'une action en dommages-intérêts contre le titulaire du droit de préemption ".

3. Ainsi, les tribunaux judiciaires sont seuls compétents pour connaître des litiges relatifs à la méconnaissance, par le titulaire du droit de préemption, des obligations que lui imposent les dispositions précitées du code de l'urbanisme lesquelles ouvrent seulement, dans cette hypothèse, un recours en indemnité. Si la juridiction administrative peut être conduite à déclarer que les biens litigieux ont été utilisés ou aliénés à d'autres fins que celles définies à l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme, une telle déclaration ne peut intervenir que sur renvoi ordonné par l'autorité judiciaire. A cet effet, la société requérante n'ignorait pas un tel principe de répartition des compétences entre les deux ordres de juridiction dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a assigné, en ce sens, la commune de Saint-Laurent-du-Var le 28 janvier 2020 devant le tribunal judiciaire de Grasse lequel l'a d'ailleurs déboutée de ses demandes par un jugement du 11 janvier 2022.

4. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus opposée par la commune de Saint-Laurent-du-Var à la demande de la société requérante du 15 juillet 2019 ont été présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître, et doivent, par suite, être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Laurent-du-Var, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande la société requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

6. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Laurent-du-Var au titre de ces mêmes frais et exposés par cette dernière.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Sophyen est rejetée.

Article 2 : La société Sophyen versera à la commune de Saint-Laurent-du-Var une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Sophyen et à la commune de Saint-Laurent-du-Var.

Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. HOLZER

Le président,

Signé

T. BONHOMME

La greffière,

Signé

M.L. DAVERIO

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

N°1905414

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions