jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905871 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
F une requête, enregistrée le 6 décembre 2019, la société civile immobilière Paillon et la société à responsabilité limitée Storea, prises en les personnes de leur représentants légaux en exercice, représentées F Me Lacrouts, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 11 octobre 2019 F laquelle le maire de la commune de Nice a refusé de constater la caducité du permis de construire délivré le 27 avril 2013 à M. A B en vue de la création d'un centre de tri de déchets du bâtiment et de bureaux sur un terrain situé 110 route de Turin, à Nice ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Nice de constater la caducité de ladite autorisation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros F jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nice et de M. A B une somme de 1 500 euros à leur verser chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les sociétés requérantes soutiennent que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence de son signataire ;
- méconnait les dispositions de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dès lors que les travaux de construction n'ont pas commencé avant la date de péremption du permis de construire du 27 avril 2013.
F deux mémoires en défense, enregistrés les 29 avril 2021 et le 23 mai 2022, M. A B, représenté F Me Orlandini, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise solidairement à la charge des sociétés requérantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A B fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
F un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, la commune de Nice, prise en la personne de son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
La commune de Nice fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023 :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Orlandini, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. F un arrêté du 27 avril 2013, le maire de la commune de Nice a délivré à M. A B un permis de construire un centre de tri des déchets du bâtiment et des bureaux sur un terrain situé 110 route de Turin, à Nice. F un courrier en date du 9 septembre 2019, reçu le 13 septembre 2019, la société civile immobilière (ci-après, " SCI ") Paillon et la société à responsabilité limitée (ci-après, " SARL ") Storea ont demandé au maire de la commune de Nice de constater la caducité du permis de construire délivré le 27 avril 2013 à M. B. F une décision en date du 11 octobre 2019, le maire de la commune de Nice a rejeté cette demande. Les sociétés requérantes demandent l'annulation de cette décision
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, F un arrêté du 10 juillet 2017, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la ville de Nice le 7 août 2017, affiché en mairie du 13 juillet au 13 septembre 2017 et transmis en préfecture le 11 juillet 2017, le maire de Nice a délégué sa signature à M. C D, directeur général adjoint de l'aménagement, du logement et de la mobilité, en charge de l'aménagement et d'urbanisme, en vue de signer en la matière, notamment, " les courriers faisant grief et emportant décisions défavorables ". F suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dans sa rédaction en vigueur à la date de la délivrance du permis de construire à M. A B : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. ( ) ". L'article 1er du décret du 29 décembre 2014 prolongeant le délai de validité notamment des permis de construire a, pour les permis de construire intervenus au plus tard le 31 décembre 2015, porté à trois ans le délai mentionné au premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. En application de l'article 2 de ce même décret, cette modification s'applique aux autorisations en cours de validité à la date de sa publication, soit le 30 décembre 2014.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 424-19 du même code : " En cas de recours devant la juridiction administrative contre le permis ou contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable ou de recours devant la juridiction civile en application de l'article L. 480-13, le délai de validité prévu à l'article R. 424-17 est suspendu jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle irrévocable ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire accordé à M. B F le maire de Nice F arrêté du 27 avril 2013 a été notifié à l'intéressé le 2 mai 2013, déclenchant ainsi le délai mentionné à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. Ainsi qu'il a été dit précédemment, ce délai a été porté à trois ans en application en application des dispositions de l'article 1er du décret du 29 décembre 2014. F ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ce délai a été suspendu entre le 23 septembre 2013, date de l'introduction d'un recours pour excès de pouvoir à l'encontre dudit permis devant le tribunal administratif de Nice, et, au plus tôt, le 10 novembre 2016, date de lecture de l'ordonnance F laquelle la cour administrative d'appel de Marseille a pris acte du désistement du requérant de son appel formé contre le jugement du tribunal de céans rejetant le recours pour excès de pouvoir susmentionné. Entre le 2 mai 2013 et 23 septembre 2013, 4 mois et 21 jours s'étant écoulés, la durée de validité du permis de construire a recommencé à courir, au plus tôt, à compter du 10 novembre 2016, pour 31 mois et 10 jours. Il suit de là que le délai d'exécution pour entreprendre les travaux expirait, à supposer même que soit prise en compte la date de lecture de l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille, le 20 juin 2019, et non le 15 juin 2019, comme le soutiennent les requérantes.
6. F ailleurs, les sociétés requérantes soutiennent que le permis de construire délivré à M. A B serait périmé en l'absence de la réalisation de travaux significatifs et directement en lien avec ledit permis avant l'expiration du délai de validité de trois ans dudit permis. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que des travaux de fondation spéciale en sous-sols, dont il n'est pas contesté qu'ils étaient indispensables pour assurer la sécurisation des constructions, et consistant en la pose de micropieux, ont débuté avant le 20 juin 2020. Plus précisément, il ressort de l'attestation établie le 28 juin 2019 F l'architecte du projet que les travaux ont débuté à la date de la déclaration d'ouverture du chantier, le 20 mai 2019 et qu'une facture de 23 336 euros a été émise pour la réalisation, notamment, de 5% des " parois berlinoises y compris micropieux de fondation " le 19 mai 2019. F ailleurs, il ressort du rapport de visite effectué F un agent assermenté de la commune de Nice le 26 juin 2019 qu'il a constaté, qu'à la date du 26 juin 2019, les fondations en micropieux avaient été réalisées sur l'ensemble du " pourtour " de la parcelle. Enfin, la commune de Nice fait valoir, sans être contredite, qu'il ressort des photographies du constat d'huissier en date du 17 juin 2019, produit F les requérantes elles-mêmes, la présence de gravats, d'un conteneur, d'un compresseur-machine de la société Enetra Fondation, société en charge de la réalisation des fondations, et des têtes de pieux déjà installés à proximité d'un mur périphérique. La circonstance que M. B aurait déclaré, dans le cadre d'un référé préventif en date du 6 août 2019, qu'il " doit démarrer très rapidement les travaux de construction de son opération " ne suffit pas à remettre en cause la réalité de la date de début des travaux. F ailleurs, il ressort du compte rendu de visite établi F le Bureau Véritas le 27 juin 2019 et du rapport établi F un expert architecte le 1er juillet 2019, que ces travaux se sont poursuivis au-delà du 20 juin 2019, et M. B fait en outre valoir, sans être contredit, qu'en décembre 2020, le gros œuvre du sous-sol et du rez-de-chaussée était réalisé. Enfin, il produit une attestation établie F l'architecte du projet en date 26 avril 2021 de laquelle il ressort que le centre de tri des déchets était, à cette date, achevé à 95%. Dans ces conditions, ces travaux, eu égard à leur importance et alors même qu'ils n'ont débuté que quelques jours avant le 20 juin 2019, doivent être regardés comme une entreprise de construction au sens des dispositions précitées. F suite, ils ont été de nature à interrompre le délai de péremption du permis. Dès lors, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le maire de Nice aurait méconnu les dispositions précitées de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme en refusant de constater la péremption du permis de construire accordé à M. B le 27 avril 2013.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, F voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées F les sociétés requérantes doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice ou de M. B, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que réclament les sociétés requérantes au titre des frais exposés F elles et non compris dans les dépens.
10. En revanche, il y a lieu de mettre solidairement à la charge des sociétés requérantes une somme globale de 1 500 euros à verser à M. B sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés Paillon et Storea est rejetée.
Article 2 : Les sociétés Paillon et Storea verseront une somme globale de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Paillon, à la société à responsabilité limitée Storea, à M. A B et à la commune de Nice.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Sussen, greffière.
Décision rendue publique F mise à disposition au greffe, le 2 février 2023.
La rapporteure,
signé
B. E
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou F délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026