vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905947 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DE POULPIQUET DE BRESCANVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 décembre 2019 et 22 mars 2021, M. A B, représenté par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2019 par lequel le maire de la commune de Roquesteron a refusé de proroger la validité de la décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 8 décembre 2016 en vue de la division foncière d'un terrain situé parcelle cadastrée section B n°472, lieu-dit Le Ranc, à Roquesteron ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Roquesteron de proroger la validité de ladite déclaration préalable ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Roquesteron une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que la décision attaquée est entachée :
- d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme dès lors que le maire ne pouvait opposer à cette demande le non-respect de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;
- d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme dès lors que l'assiette objet du projet litigieux se situe en continuité de l'urbanisation existante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2020, la commune de Roquesteron, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me de Poulpiquet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des frais liés au litige.
La commune fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 décembre 2022 :
- le rapport de Mme Le Guennec, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- les observations de Me Larbre, représentant M. B,
- et les observations de Me de Poulpiquet, représentant la commune de Roquesteron.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 décembre 2016, le maire de la commune de Roquesteron ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A B le 31 octobre 2016 en vue de la division foncière d'un terrain situé parcelle cadastrée section B n°472, lieu-dit Le Ranc, à Roquesteron. Par un courrier du 1er octobre 2019, reçu 3 octobre 2019, M. B a sollicité la prorogation de la durée de validité de cette décision de non-opposition. Par un arrêté du 8 novembre 2019, le maire de la commune de Roquesteron a refusé cette demande de prorogation. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Pour refuser de proroger la décision de non-opposition délivrée à M. B le 8 décembre 2016, le maire de la commune de Roquesteron s'est fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme en ce que le projet ne se situe pas en continuité de l'urbanisation existante.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. / La caducité du plan d'occupation des sols ne remet pas en vigueur le document d'urbanisme antérieur. / A compter du 1er janvier 2016, le règlement national d'urbanisme mentionné aux articles L. 111-1 et L. 422-6 s'applique sur le territoire communal dont le plan d'occupation des sols est caduc ". Aux termes de l'article L. 174-3 du même code : " Lorsqu'une procédure de révision du plan d'occupation des sols a été engagée avant le 31 décembre 2015, cette procédure peut être menée à terme en application des articles L. 123-1 et suivants, dans leur rédaction issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, sous réserve d'être achevée au plus tard le 26 mars 2017 ou, dans les communes d'outre-mer, le 26 septembre 2018. Les dispositions du plan d'occupation des sols restent en vigueur jusqu'à l'approbation du plan local d'urbanisme et au plus tard jusqu'à cette dernière date ".
4. Il est constant qu'en application des dispositions précitées des articles L. 174-1 et L. 174-3 du code de l'urbanisme, le plan d'occupation des sols (ci-après, " POS ") de la commune de Roquesteron, qui était applicable lors de la délivrance à M. B de la décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 8 décembre 2016, est devenu caduc le 27 mars 2017.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir ou la décision de non-opposition à une déclaration préalable peut être prorogé deux fois pour une durée d'un an, sur demande de son bénéficiaire si les prescriptions d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres auxquelles est soumis le projet n'ont pas évolué de façon défavorable à son égard () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative, saisie d'une demande de prorogation d'un permis de construire par une personne ayant qualité pour présenter une telle demande, ne peut refuser d'y faire droit que si les règles d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres s'imposant au projet ont été modifiées, postérieurement à la délivrance du permis de construire, dans un sens qui lui est défavorable. La modification, dans un sens plus restrictif, de l'appréciation portée par l'autorité administrative compétente sur les conditions d'application des textes d'urbanisme, ne peut, dès lors que ceux-ci n'ont pas été modifiés, être regardée comme constituant une modification de ces règles dans un sens défavorable pour l'application des dispositions de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme.
7. Enfin, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme, anciennement L. 145-3 III : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ". Aux termes de l'article 145-3, dans sa version applicable au POS de Roquesteron, approuvé le 8 janvier 1994 et modifié le 12 novembre 2010 : " III. - Sous réserve de l'adaptation, de la réfection ou de l'extension limitée des construction existantes et des installations ou équipements d'intérêt public incompatibles avec le voisinage des zones habitées, l'urbanisation doit se réaliser en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, sauf si le respect des dispositions prévues aux I et II ci-dessus ou la protection contre les risques naturels imposent la délimitation de hameaux nouveaux intégrés à l'environnement ou, à titre exceptionnel et après accord de la chambre d'agriculture et de la commission des sites, de zones d'urbanisation future de taille et de capacité d'accueil limitées. "
8. Les dispositions du III de l'article L. 145-3 du code de l'urbanisme, reprises aux articles L. 122-5 et suivants, régissent entièrement la situation des communes classées en zone de montagne pour l'application de la règle de constructibilité limitée, qu'elles soient ou non dotées d'un document d'urbanisme, à l'exclusion des dispositions prévues à l'article L. 111-1-2 régissant la situation des communes non dotées d'un plan d'occupation des sols ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, reprises aux articles L. 111-3 et suivants du code de l'urbanisme.
9. En l'espèce, il est constant que la commune de Roquesteron est une commune classée en zone de montagne au sens de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne. Ainsi que le fait valoir M. B, les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme, dans leur version codifiée à l'article L. 145-3 III de ce code, étaient directement applicables à la date à laquelle l'arrêté portant décision de non-opposition a été accordé à M. B nonobstant l'existence d'un POS. La commune de Roquesteron en défense, qui se borne à faire valoir que l'application du règlement national d'urbanisme à compter du 27 mars 2017 postérieurement à la caducité du POS, constitue une évolution défavorable des prescriptions d'urbanisme, n'établit pas que le POS, en vigueur lors de la délivrance de l'arrêté de non-opposition, avait délimité sur le Lieudit " Le Ranc ", un hameau nouveau intégré à l'environnement ou, après accord de la chambre d'agriculture et de la commission des sites, une zone d'urbanisation future de taille et de capacité d'accueil limitées, ainsi que le permettait les dispositions de l'article 145-3 III. La seule circonstance que les dispositions du règlement national d'urbanisme, et notamment celles de l'article L. 111-3 instituant une règle d'inconstructibilité en dehors des parties urbanisées de la commune, soient désormais applicables est sans incidence dès lors qu'il résulte du principe qui vient d'être énoncé que les dispositions des articles L. 122-5 et suivants du code de l'urbanisme, applicables aux communes classées en zone de montagne, régissent de manière exclusive les demandes d'autorisations d'urbanisme intéressant le territoire de la commune de Roquesteron. Dans ces conditions et dès lors que les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme étaient applicables tant à la date de délivrance de l'arrêté de non-opposition qu'à la date à laquelle le maire s'est opposé à la prorogation de cette décision de non-opposition, elles ne constituent pas une évolution défavorable des règles d'urbanisme au sens de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme. Par suite, le maire ne pouvait se fonder, sans commettre d'erreur de droit, sur la méconnaissance de ces dispositions pour refuser de proroger la décision de non-opposition à déclaration préalable de division foncière en date du 8 décembre 2016.
10. Pour l'application des dispositions de l'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à justifier l'annulation de la décision contestée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2019 par lequel le maire de la commune de Roquesteron a refusé de proroger la validité de la décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 8 décembre 2016 en vue de la division foncière d'un terrain situé parcelle cadastrée section B n°472, lieu-dit Le Ranc, à Roquesteron.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Il résulte de ce qui précède que la présente décision censure le motif de refus de prorogation de l'arrêté portant non-opposition à déclaration préalable, tiré d'une évolution défavorable de la règle d'urbanisme applicable au projet. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Roquesteron de délivrer à M. B une autorisation portant prorogation de la validité de sa déclaration préalable de division foncière en date du 8 décembre 2016, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Roquesteron sur ce fondement.
14. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Roquesteron une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 novembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Roquesteron a refusé de proroger la validité de la décision de non-opposition à déclaration préalable en date du 8 décembre 2016 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Roquesteron de délivrer à M. B une autorisation portant prorogation de la validité de sa déclaration préalable de division foncière en date du 8 décembre 2016 dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir.
Article 3 : La commune de Roquesteron versera la somme de 1 500 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la commune de Roquesteron.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
B. Le Guennec
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-FortesaLa greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026