jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1906067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS REBSTOCK CERDA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 décembre 2019, M. D C, représenté par Me Rebstock, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 29 octobre 2019 par laquelle le garde des Sceaux, ministre de la justice, a décidé le maintien de son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés ;
2°) enjoindre au garde des Sceaux, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de procéder au retrait de son inscription du registre des détenus particulièrement signalés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée, d'une part, d'une incompétence de son signataire et, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, la Première ministre conclut au rejet de la requête, dès lors que les moyens soulevés à l'appui de cette dernière ne sont pas fondés.
Par ordonnance en date du 8 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 pénitentiaire ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2008-689 du 9 juillet 2008 ;
- l'arrêté du 29 mai 2019 fixant l'organisation de la direction de l'administration pénitentiaire ;
- la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative au répertoire des détenus particulièrement signalés ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- la Première ministre n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, détenu au centre pénitentiaire d'Avignon Le Pontet depuis le 12 mars 2019, est inscrit au répertoire des détenus particulièrement signalés. Par une décision en date 29 octobre 2019, le garde des Sceaux, ministre de la justice, a décidé de maintenir son inscription audit répertoire. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 276-1 du code de procédure pénale : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le ministre de la justice décide de l'inscription et de la radiation des détenus au répertoire des détenus particulièrement signalés dans des conditions déterminées par instruction ministérielle ". Aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement susvisé : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre () et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : 1° () les directeurs d'administration centrale () ". Selon l'article 3 dudit décret : " Les personnes mentionnées aux 1° () de l'article 1er peuvent donner délégation pour signer tous actes relatifs aux affaires pour lesquelles elles ont elles-mêmes reçu délégation () ". L'article 1er du décret du 9 juillet 2008 relatif à l'organisation du ministère de la justice susvisé prévoit que : " L'administration centrale du ministère de la justice comprend, outre le bureau du cabinet et le porte-parole du ministère : / () - la direction de l'administration pénitentiaire ; ". En l'espèce, la décision attaquée a été signée par M. B A, adjoint à la cheffe du bureau de la prévention des risques de la sous-direction de la sécurité pénitentiaire de la direction de l'administration pénitentiaire. Cette dernière bénéficiait, en vertu des dispositions de l'arrêté du 30 septembre 2019 portant délégation de signature, régulièrement publié au journal officiel du 2 octobre 2019, d'une subdélégation de signature du directeur de l'administration pénitentiaire, lui-même bénéficiaire d'une délégation du ministre de la justice en tant que directeur d'administration centrale, en vertu des dispositions susrappelées du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, aux fins de signer, au nom du ministre, dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions à l'exclusion des décrets. Par ailleurs, l'article 3 de l'arrêté, alors en vigueur, du 29 mai 2019 fixant l'organisation de la direction de l'administration pénitentiaire, précise que le bureau de la prévention des risques " () décide de l'inscription, du maintien et de la radiation des personnes détenues aux registres individuels spécifiques, dont le répertoire des détenus particulièrement signalés, dans le but d'individualiser leur prise en charge ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 1.1.1. de la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative aux détenus particulièrement signalés : " Les critères d'inscription et de maintien au répertoire des DPS : Les critères d'inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés sont liés au risque d'évasion et à l'intensité de l'atteinte à l'ordre public que celle-ci pourrait engendrer ainsi qu'au comportement particulièrement violent en détention de certaines personnes détenues. Les personnes détenues susceptibles d'être inscrites au répertoire des DPS sont celles : 1) appartenant à la criminalité organisée locale, régionale, nationale ou internationale ou aux mouvances terroristes, appartenance établie par la situation pénale ou par un signalement des magistrats, de la police ou de la gendarmerie ; 2) ayant été signalées pour une évasion réussie ou un commencement d'exécution d'une évasion, par ruse ou bris de prison ou tout acte de violence ou ayant fait l'objet d'un signalement par l'administration pénitentiaire, les magistrats, la police ou la gendarmerie, selon lequel des informations recueillies témoignent de la préparation d'un projet d'évasion ; 3) susceptibles de mobiliser les moyens logistiques extérieurs d'organisations criminelles nationales, internationales ou des mouvances terroristes ; 4) dont l'évasion pourrait avoir un impact important sur l'ordre public en raison de leur personnalité et / ou des faits pour lesquels elles sont écrouées ; 5) susceptibles d'actes de grandes violences, ou ayant commis des atteintes graves à la vie d'autrui, des viols ou actes de torture et de barbarie ou des prises d'otage en établissement pénitentiaire. ".
4. En l'espèce, pour maintenir l'inscription du requérant au répertoire des détenus particulièrement signalés, le garde des Sceaux s'est fondé, d'une part, sur l'ancrage de l'intéressé dans le milieu du grand banditisme, comme en attestent ses diverses condamnations, dont l'une à une peine de trente ans de réclusion criminelle, décidée par la cour d'appel des Bouches-du-Rhône le 13 avril 2019 et, d'autre part, sur les soutiens extérieurs et intérieurs dont il est susceptible de bénéficier dans le cadre de préparatifs d'une évasion, laquelle aurait un retentissement important et créerait un trouble à l'ordre public, alors qu'il n'est pas contesté qu'il s'est soustrait à la justice pendant quatre ans à la suite d'un mandat d'arrêt émis à son encontre. Le requérant entrait ainsi dans les catégories de détenus susceptibles d'être maintenus au répertoire des détenus particulièrement signalés en application des 1), 3) et 4) de l'article 1.1.1. de la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative aux détenus particulièrement signalés. Par suite, alors qu'il n'appartient pas au tribunal de céans de se prononcer sur la qualification pénale des faits retenus à son encontre par le juge pénal, et à supposer même qu'il fasse preuve d'un bon comportement en détention, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu les dispositions précitées ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la Première ministre.
Copie en sera adressée au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 février 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseur le plus ancien,
signé
B. Le Guennec
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne à la Première ministre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Sussen
1906067
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026