mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2000401 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CARLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 janvier 2020 et 28 janvier 2021,
Mme E D née A, représentée par Me Carles, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, avant-dire droit, une expertise médicale afin de déterminer si l'accident dont elle a été victime le 21 janvier 2019 est imputable au service ainsi que la date de consolidation de son état de santé ;
2°) d'annuler la décision du 25 novembre 2019 par laquelle le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 janvier 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente faute pour le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur de justifier d'une délégation de signature régulière au profit de sa signataire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'accident dont elle a été victime le 21 janvier 2019 est imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2020, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la demande d'expertise et les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 mai 2023 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est adjointe technique territoriale des établissements d'enseignement de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et exerce ses fonctions au sein du lycée hôtelier Paul Augier à Nice. A la suite de l'avis défavorable de la commission départementale de réforme du 12 septembre 2019, le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur a refusé, par une décision du 25 novembre 2019, de faire droit à sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont elle soutient avoir été victime le 21 janvier 2019 lors de son service. Par sa requête, Mme D demande au tribunal d'annuler la décision du 25 novembre 2019 en ordonnant, le cas échéant, avant dire droit, une expertise médicale afin de déterminer si cet accident est imputable au service ainsi que la date de consolidation de son état de santé.
Sur les conclusions tendant à ce qu'une nouvelle expertise soit ordonnée :
2. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ". Il résulte de ces dispositions que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure.
3. En l'espèce, en dépit de ses allégations, Mme D n'apporte aucun élément de nature à justifier la nécessité de prescrire une expertise complémentaire à celle du 16 février 2019 par laquelle le docteur F, rhumatologue agréé, a conclu à l'absence d'imputabilité au service de l'accident du 21 janvier 2019.
4. Il résulte de ce qui précède que le rapport d'expertise du 16 février 2019 est suffisamment circonstancié et n'est pas utilement contesté par Mme D. Ainsi, cette expertise, qui s'inscrit dans le cadre du débat contradictoire et dont les conclusions ne s'imposent pas au tribunal, apporte les éléments nécessaires et suffisants pour juger de l'imputabilité de l'accident du 21 janvier 2019. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne une nouvelle expertise.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 4231-3 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil régional est seul chargé de l'administration. () / Le président du conseil régional est le chef des services de la région. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services ". En outre, aux termes de l'article L. 4141-1 de ce même code, dans sa version applicable au litige : " Les actes pris par les autorités régionales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans la région () ".
6. En l'espèce, Mme C B, directrice adjointe des ressources humaines de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a signé la décision en litige en vertu d'une délégation de signature qui lui a été consentie par un arrêté du 29 mars 2018 du président du conseil régional à l'effet de signer " tous les actes, décisions et correspondances relatifs à la gestion des ressources humaines entrant dans les attributions de la direction des ressources humaines et à la gestion de cette direction () " à l'exclusion d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives à la reconnaissance de l'imputabilité au service d'accidents. Cet arrêté a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° A 227 du 5 avril 2018. Son article 3, qui précise qu'il sera transmis au représentant de l'Etat, permet de présumer de ce que la transmission au contrôle de légalité qu'il prescrivait a été effectivement mise en œuvre. Par suite, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de ce que la signataire de la décision attaquée disposait bien d'une délégation de signature régulière. Le moyen tiré de son incompétence doit, dès lors, être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable au litige et dont les dispositions ont été reprises aux articles L. 822-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. / () ".
8. Il résulte des dispositions précitées qu'une maladie ou un accident survenu sur le lieu ou dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière les détachant du service, le caractère d'une maladie ou d'un accident imputable au service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement ou d'une telle maladie, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce. Etant entendu que constitue un accident de service, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, dans la matinée du 21 janvier 2019, Mme D a ressenti d'importantes douleurs dans le bas du dos qui ont révélé, après examens, l'existence d'une hernie discale lombaire. Il n'est pas contesté par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur que cet évènement est survenu sur le lieu et dans le temps du service et à l'occasion de l'exercice par cette dernière de ses fonctions.
10. Toutefois, pour refuser de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident survenu le 21 janvier 2019, le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur s'est fondé sur le rapport d'expertise médicale établi par le docteur F, rhumatologue agréé, lequel a conclu qu'il était impossible d'établir une relation directe, certaine et exclusive entre les faits décrits par la requérante et les lésions constatées avec son activité professionnelle en l'absence " de chute ou de violent effort de soulèvement ayant pu entrainer l'apparition d'une hernie discale lombaire " et alors que l'intéressée souffre de " lombalgies anciennes évoluant depuis plus de six ans ". Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la commission départementale de réforme pour les fonctionnaires territoriaux s'est prononcée dans le sens de l'absence d'imputabilité au service de l'évènement du 21 janvier 2019 lors de sa séance du 12 septembre 2019.
11. En outre, si la requérante se prévaut du fait que cet évènement du 21 janvier 2019 est survenu alors que les prescriptions médicales dont elle bénéficiait en vue d'un aménagement des conditions d'exercice de ses fonctions n'auraient pas été respectées, il ressort des pièces du dossier que de telles prescriptions concernaient toutefois des antécédents liés à une fragilité de son épaule à la suite d'une rupture de la coiffe sans lien apparent avec l'apparition d'une hernie discale lombaire et, qu'en tout état de cause, il ressort des termes de l'avis de la commission de réforme du 12 septembre 2019 que la requérante bénéficiait d'un service aménagé " selon les prescriptions médicales " et qu'aucun signalement relatif à une méconnaissance de ces prescriptions n'aurait été effectué par l'intéressée à sa hiérarchie.
12. Dans ces conditions, et alors que Mme D n'apporte au débat aucun élément de nature à contredire ni le rapport d'expertise médicale du 16 février 2019, ni l'avis défavorable de la commission départementale de réforme du 12 septembre 2019, elle n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur a fait une inexacte application des dispositions citées au point 7 en refusant de faire droit à sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 janvier 2019. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne une nouvelle expertise, celles à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D née A et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. HOLZER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
O. MOULOUD
La République mande et ordonne au préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°2000401
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026