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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2001023

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2001023

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2001023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPIAZZESI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 février, 30 juin 2020, 15 et 18 mars 2021, M. B C, représenté par la SCP Fabiani, Luc-Thaler, Pinatel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal du Rouret a approuvé son plan local d'urbanisme ;

2°) de mettre à la charge de la commune du Rouret la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délibération attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée de détournement de pouvoir ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 2224-10 et R. 2224-10 du code général des collectivités territoriales.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juin 2020, 11 février, 12 mars et 7 juin 2021, la commune du Rouret, représentée par Me Piazzesi, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'annulation partielle du plan local d'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le plan d'assainissement est une pièce annexe, indépendante de la délibération en litige ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 7 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est propriétaire des parcelles cadastrées section C n° 1105 et 1107 situées sur le territoire de la commune du Rouret. Par une délibération du 25 juillet 2013, le conseil municipal a prescrit l'élaboration de son plan local d'urbanisme. Un projet de plan a été arrêté par une délibération du 16 mai 2019 et soumis à enquête publique du 22 août au 30 septembre 2019. Par une délibération du 19 décembre 2019, le conseil municipal du Rouret a approuvé son plan local d'urbanisme. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette délibération.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / () / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ". Et aux termes de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction applicable au litige : " Les délibérations sont inscrites par ordre de date. / Elles sont signées par tous les membres présents à la séance, ou mention est faite de la cause qui les a empêchés de signer ".

3. En l'espèce, il ressort de la lecture de la délibération attaquée que celle-ci a été adoptée par le conseil municipal de la commune par 24 voix pour et 2 contre. La signature du maire de la commune apposée sur l'extrait de la délibération attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet, de désigner ce dernier comme l'auteur de cette décision, mais a pour seul objet de certifier conformes les mentions y figurant. En tout état de cause, les formalités de signature des délibérations prévues par l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales ne sont pas prescrites à peine de nullité de ces délibérations. Par suite, le moyen tiré de ce que cette délibération aurait été signée par une autorité incompétente est inopérant et doit être écarté comme tel.

4. En deuxième lieu, d'une part, la circonstance que la commune du Rouret n'aurait pas exécuté le jugement n° 1600852 du tribunal, en date du 17 janvier 2019, est inopérante à l'encontre de la délibération attaquée dès lors qu'il s'agit d'un litige distinct. D'autre part, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales : " Les communes ou leurs établissements publics de coopération délimitent, après enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement : / 1° Les zones d'assainissement collectif où elles sont tenues d'assurer la collecte des eaux usées domestiques et le stockage, l'épuration et le rejet ou la réutilisation de l'ensemble des eaux collectées ; / 2° Les zones relevant de l'assainissement non collectif où elles sont tenues d'assurer le contrôle de ces installations et, si elles le décident, le traitement des matières de vidange et, à la demande des propriétaires, l'entretien et les travaux de réalisation et de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif ; / () ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / () / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes. / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. () ". Aux termes de l'article L. 151-24 du même code : " Le règlement peut délimiter les zones mentionnées à l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales concernant l'assainissement et les eaux pluviales ". Et aux termes de l'article R. 151-53 de ce code : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : / () / 8° Les zones délimitées en application de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales et les schémas des réseaux d'eau et d'assainissement et des systèmes d'élimination des déchets, existants ou en cours de réalisation, en précisant les emplacements retenus pour le captage, le traitement et le stockage des eaux destinées à la consommation, les stations d'épuration des eaux usées et le stockage et le traitement des déchets ; / () ".

7. La délimitation des zones d'assainissement collectif et de celles relevant de l'assainissement non collectif prévues par les dispositions citées au point 5 peut être rendue opposable aux tiers soit par un acte pris à cette fin par la commune ou par un établissement public de coopération intercommunale soit à l'occasion de l'élaboration ou de la révision du plan local d'urbanisme, en application des dispositions de l'article L. 151-24 du code de l'urbanisme citées au point précédent. Dans l'hypothèse où ces zones ont été délimitées par un acte pris à cette fin précédemment à l'élaboration ou à la révision du plan local d'urbanisme, elles doivent figurer en annexe du plan local d'urbanisme en application des dispositions du 8° de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme citées au point précédent.

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le plan de zonage de l'assainissement, pris sur le fondement de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales, a été approuvé par un acte pris à cette fin, constitué par une délibération du conseil municipal du Rouret du 12 décembre 2005, et non à l'occasion de l'élaboration du plan local d'urbanisme en application des dispositions de l'article L. 151-24 du code de l'urbanisme. Le règlement du plan local d'urbanisme ne comporte d'ailleurs aucune mention de la délimitation de ce zonage. Dans ces conditions, le zonage ainsi délimité ne peut être regardé comme faisant partie intégrante du plan local d'urbanisme adopté par la délibération attaquée et le requérant ne peut se prévaloir de l'illégalité éventuelle de ce zonage pour demander l'annulation de cette délibération. Il suit de là que le moyen tiré de ce que ce zonage serait entaché d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 2224-10 et R. 2224-10 du code général des collectivités territoriales est inopérant et doit être écarté comme tel.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Rouret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

11. D'autre part, aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés. () / Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut en outre fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, à l'issue duquel, à défaut d'avoir produit le mémoire récapitulatif mentionné à l'alinéa précédent, la partie est réputée s'être désistée de sa requête ou de ses conclusions incidentes. La demande de production d'un mémoire récapitulatif informe la partie des conséquences du non-respect du délai fixé ".

12. En l'espèce, par courrier du 7 juin 2021, le tribunal a demandé au conseil de la commune du Rouret de produire, dans un délai d'un mois, un mémoire récapitulatif reprenant les conclusions et moyens qu'elle entendait soumettre. L'avocat de la commune a consulté ce document dans l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1 du code de justice administrative, dite " Télérecours ", le 7 juin 2021. Ce courrier comportait la mention suivant laquelle à défaut de production du mémoire récapitulatif dans le délai imparti, la commune du Rouret serait réputée s'être désistée de ses conclusions. N'ayant pas produit le mémoire sollicité dans le délai d'un mois, la commune du Rouret est réputée s'être désistée de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de la commune de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune du Rouret.

Délibéré après l'audience du 1er mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

N. A

Le président,

Signé

T. BONHOMME La greffière,

Signé

O. MOULOUD

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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