mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | AVERSANO VANESSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 mars 2020 et 20 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Le Donne, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur à lui verser la somme totale de 12 698 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa chute survenue le 26 octobre 2019 à Nice ;
2°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur aux entiers dépens ;
3°) de déclarer le jugement à venir commun et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var ;
4°) de mettre à la charge la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur est engagée à la suite de sa chute survenue le 26 octobre 2019 à Nice ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis et qui se décomposent comme suit :
* 1 698 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 5 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 6 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juin 2022, 1er aout 2022 et 4 mai 2023, la métropole Nice Côte d'Azur, représentée par Me Lafranchi, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que la société Orange la relève et la garantisse des condamnations qui seraient prononcées à son égard et à titre infiniment subsidiaire à ce que les indemnités allouées à la requérante n'excèdent pas la somme totale de 7 615 euros.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, les moyens de la requête ne sont pas fondés ; les circonstances de l'accident allégué ne sont pas établies ; l'obstacle est de faible dimension ; il était visible ; la chute est due à un manque d'attention de la requérante ;
- à titre subsidiaire, la société Orange est responsable à l'égard des tiers des accidents résultant de la réalisation des travaux dont elle a la charge ou de l'installation de ses biens immobiliers ; l'obstacle se situe à la jonction entre la plaque, propriété de la société Orange, et le trottoir ;
- à titre infiniment subsidiaire, les indemnités allouées à la requérante ne doivent pas excéder la somme totale de 7 615 euros.
Par un mémoire, enregistré au greffe le 3 mai 2023, la société Orange demande, à titre principal, au tribunal de la mettre hors de cause et de rejeter la requête et, à titre subsidiaire, de ramener les demandes indemnitaires de la requérante à de plus justes proportions ; elle demande, en outre, de mettre à la charge de tout succombant la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la matérialité des faits n'est pas démontrée ;
- à titre subsidiaire, un ouvrage lui appartenant n'est pas impliqué dans la chute de la requérante ; cette dernière s'est pris le pied dans le trottoir ;
- en l'absence d'une défectuosité anormale, sa responsabilité ne peut pas être engagée ;
- seule la métropole Nice Côte d'Azur, en charge de l'entretien du trottoir, est susceptible d'engager sa responsabilité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 28 mars 2023 portant réouverture de l'instruction de la présente affaire ;
- l'ordonnance du 26 juillet 2022 reportant la date de clôture de l'instruction au 19 août 2023 ;
- l'ordonnance du 5 juillet 2022 fixant au 27 juillet 2022 la clôture de l'instruction de la présente affaire ;
- l'ordonnance du 1er septembre 2020 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Nice a prescrit une expertise et désigné comme expert M. A ;
- le rapport d'expertise de M. A déposé au greffe du tribunal le 27 janvier 2021 ;
- l'ordonnance de la présidente du tribunal du 22 mars 2021 fixant les frais et les honoraires de l'expertise à la somme de 1 190 euros.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pascal, président-rapporteur ;
- les conclusions de M. Soli, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née le 16 novembre 1945, soutient avoir chuté, le 26 octobre 2019, après avoir buté sur un trou situé sur le trottoir à proximité d'un tampon appartenant à la société Orange France Télécom, alors qu'elle s'engageait à pied sous le pont situé avenue Raymond Comboul à Nice. Après avoir été conduite au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice, une fracture et luxation gléno humérale gauche a été diagnostiquée nécessitant une intervention chirurgicale. Par un courrier du 17 novembre 2019, Mme C a présenté une demande préalable indemnitaire auprès des services de la métropole Nice Côte d'Azur qui l'a rejetée par une décision du 7 février 2020. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal de condamner la métropole Nice Côte d'Azur à lui payer la somme totale de 12 698 euros à titre de réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de sa chute.
Sur la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur la voie publique, d'établir l'existence de l'obstacle et d'un lien de causalité direct et certain entre celui-ci et le préjudice. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction et notamment des attestations d'un témoin direct des faits et du certificat médical établi le 26 octobre 2019, que Mme C a buté, le même jour vers 16 heures, dans un trou sur le trottoir situé à proximité immédiate d'une plaque de visite du réseau de communication téléphonique, alors qu'elle s'engageait à pied sous le pont situé avenue Raymond Comboul à Nice. La matérialité des faits et le lien de causalité entre l'ouvrage public et les dommages doivent, dès lors, être regardés comme établis.
4. Il résulte également de l'instruction que ce trou sur le trottoir, situé à la sortie d'un tunnel mal éclairé, en mauvais état, fissuré et de niveau inégal, excède les difficultés normales auxquelles tout usager de la voie publique, normalement attentif à sa marche, même en plein jour, peut s'attendre à rencontrer. En outre la métropole Nice Côte d'Azur n'apporte aucune preuve d'un entretien normal de l'ouvrage public qui lui incombe, qui n'était ni protégé ni signalé.
5. Il résulte toutefois de l'instruction, que le trottoir demeurait praticable à côté du trou et que Mme C, qui habite à proximité du lieu où elle a chuté, avait la possibilité d'éviter l'obstacle quand bien même ' était-il situé à proximité immédiate du tunnel. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de la victime qui a manqué de vigilance et a, ce faisant, commis une faute de nature à exonérer partiellement la métropole Nice Côte d'Azur de sa responsabilité, la moitié des conséquences dommageables résultant de sa chute.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la condamnation de la métropole Nice Côte d'Azur à l'indemniser à hauteur de 50 % des dommages subis en lien avec sa chute.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que Mme C a présenté un déficit fonctionnel temporaire de 100 %, du 26 au 27 octobre 2019, de 80% du 28 octobre 2019 au 11 novembre 2019, de 50% du 13 novembre 2019 au 15 décembre 2019, de 25% du 16 décembre 2019 au 16 février 2020 et de 10% du 17 février 2020 au 9 juin 2020. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire de Mme C en le fixant à la somme de 800 euros après application du partage de responsabilité retenu au point 5.
Quant aux souffrances endurées :
8. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme C ont été évaluées par l'expert à 2,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 1 500 euros après application du partage de responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
9. Mme, C, née en 1945, souffre d'un déficit fonctionnel permanent chiffré à 4% par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en le fixant à la somme de 2 500 euros après application du partage de responsabilité retenu.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la métropole de Nice Côte d'Azur est condamnée à verser à Mme C la somme totale de 4 800 euros.
Sur les conclusions d'appel en garantie formulées par la métropole Nice Côte d'Azur :
11. La métropole Nice Côte d'Azur soutient que l'irrégularité du trottoir invoquée par la requérante est située au droit d'un tampon appartenant à la société Orange qui a en charge son entretien. Si le trou à l'origine de la chute de Mme C se situe à proximité immédiate du regard, il n'est, toutefois, pas contesté utilement par la métropole que la chute a eu lieu sur le trottoir dont elle doit assurer l'entretien, lequel trottoir, ainsi que cela ressort des photographies versées au dossier par la requérante, est mal entretenu ainsi qu'il a été dit au point 4. Il ne résulte pas de l'instruction que la société Orange aurait dégradé le trottoir à l'occasion de travaux. Dans ces conditions, l'appel en garantie formé par la métropole Nice Côte d'Azur à l'encontre de la société Orange ne peut qu'être rejeté.
Sur les frais d'expertise :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur les frais d'expertise liquidés à la somme de 1 190 euros par l'ordonnance de la présidente du tribunal du 22 mars 2021.
Sur les frais liés au litige :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
14. Les dispositions précitées font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie perdante du paiement par 1 'autre partie des frais qu'elle a exposés à 1'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la métropole Nice Côte d'Azur doivent, dès lors, être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La métropole Nice Côte d'Azur est condamnée à verser à Mme C la somme de 4 800 (quatre mille huit cents euros).
Article 2 : La métropole Nice Côte d'Azur versera à Mme C la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les frais de l'expertise liquidés à la somme de 1 190 euros par ordonnance de la présidente du tribunal du 22 mars 2021 sont mis à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la métropole Nice Côte d'Azur, à la société Orange et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie en sera transmise à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Génovèse, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023
Le président-rapporteur
signé
F. Pascal L'assesseure la plus ancienne,
signé
G. Duroux
La greffière,
signé
S. Génovèse
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026