jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AUGEREAU-CHIZAT-MONTMINY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2020, Mme A B, représentée par Me Augereau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 4 octobre 2019 par lequel le maire de la commune d'Aspremont a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif pour la réalisation de différents travaux de modification de la surface de plancher, des façades et des abords, la démolition et reconstruction d'une partie du bâti existant et la construction d'une piscine, sur un terrain situé 92-106 Route de la Cima, à Aspremont, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux reçu le 4 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aspremont une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- le projet n'avait pas à faire l'objet d'une nouvelle demande de permis de construire dès lors que les modifications prévues sont mineures et ne bouleversent pas l'économie générale du projet ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme d'Aspremont est erroné ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est erroné dès lors que la propriété est située à 80 mètres d'une voie défendable ;
- le motif de refus fondé sur une prétendue discordance entre le document Cerfa et les plans et sur l'absence de mentions concernant la servitude de passage est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, la commune d'Aspremont, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Parriaux, conclut au rejet de la requête et, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Aspremont fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juin 2023 :
- le rapport de Mme Le Guennec ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Parriaux, représentant la commune d'Aspremont.
Une note en délibéré, enregistrée le 25 juin 2023, a été présentée pour la commune d'Aspremont.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 4 octobre 2019, le maire de la commune d'Aspremont a refusé de délivrer à Mme A B un permis de construire modificatif pour la réalisation de différents travaux de modification de la surface de plancher, des façades et des abords, la démolition et reconstruction d'une partie du bâti existant et la construction d'une piscine, sur un terrain situé 92-106 Route de la Cima, à Aspremont. Par un courrier en date du 3 décembre 2019, reçu le 4 décembre 2019, Mme B a formé un recours gracieux, lequel a été implicitement rejeté. Mme B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté en date du 4 octobre 2019, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Pour refuser de délivrer à Mme B le permis de construire modificatif qu'elle a sollicité, le maire de la commune d'Aspremont s'est fondé, premièrement, sur le motif tiré de ce que les travaux projetés, lesquels consistent en la démolition et la reconstruction d'un volume central d'environ 100 m² d'emprise au sol, le déplacement d'un volume central d'environ 5 mètres en direction du Nord, la construction d'une piscine et le réaménagement des abords, ne constituent pas une modification mineure apportée au projet initial mais s'apparentent à un nouveau projet de construction qui nécessite le dépôt d'une nouvelle demande de permis de construire, deuxièmement, sur la méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme (ci-après, " PLU ") d'Aspremont au motif que le projet ne respecte pas la distance minimale d'implantation de 3 mètres entre la piscine et la maison, troisièmement, sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme au motif que la construction projetée est située à plus de 100 mètres d'une voie défendable et à plus de 150 mètres d'un point d'eau normalisé et enfin, quatrièmement, sur la discordance entre le document Cerfa et les plans joints au dossier en ce qui concerne la surface de plancher démolie puis reconstruite et l'absence de mentions concernant la servitude de passage de l'accès véhicule.
3. Aux termes des dispositions de l'article UC 8 du règlement du PLU d'Aspremont relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " Les constructions devront donc être soit mitoyennes, soit distantes de 3 mètres minimum ". Aux termes des dispositions de l'article 13 du Titre 1 - " Dispositions générales " relatives au lexique : " Construction : le terme de construction englobe tous les travaux, ouvrages ou installations (à l'exception des clôtures qui bénéficient d'un régime propre) qui entrent dans le champ d'application des autorisations d'urbanisme ". Eu égard à l'objet de ces règles et à l'absence de prescriptions spécifiques au sein dudit règlement, la distance mentionnée doit s'entendre comme mesurée entre tous points des constructions en cause, débords de toiture, éléments de modénature, corniches et auvents compris.
4. Il ressort de l'arrêté attaqué que le maire de la commune d'Aspremont a estimé que les dispositions précitées n'étaient pas respectées dès lors que la piscine et la maison sont implantées à moins de trois mètres l'une de l'autre. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse - VRD que la distance entre le bâtiment, mesurée à compter de l'auvent du bâtiment, partie de construction devant être pris en compte pour l'application de la règle en cause, et la piscine, qui est également une construction au sens du présent règlement, est inférieure à 3 mètres. Le maire pouvait dès lors, à bon droit, estimer que le projet ne respectait pas les dispositions de l'article UC 8 du règlement du PLU. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance de ces dispositions est erroné.
5. Il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le seul motif tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article UC 8 du règlement du PLU. Par suite, il n'y a pas lieu pour le tribunal de se prononcer sur les autres motifs de la décision en litige mentionnés au point 2 de la présente décision.
6. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en date du 4 octobre 2019 par lequel le maire de la commune d'Aspremont a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aspremont, qui n'est pas la partie perdante au sein de la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la commune d'Aspremont au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Aspremont au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et à la commune d'Aspremont.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
B. Le Guennec
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026