mercredi 10 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET OLOUMI - HMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2020, M. B C, représenté par Me Oloumi, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile pour les mois d'octobre 2018 à mai 2019 ;
3°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement à son bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile pour les mois d'octobre 2018 à mai 2019 dès la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire, enregistré le 1er mars 2023, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 avril 2023 :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Della Monaca, substituant Me Oloumi, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de nationalité géorgienne, a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes. Il a été placé sous procédure Dublin et a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en date du 27 novembre 2017. Par un courrier, reçu le 14 août 2019 par l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), M. C a demandé au directeur général de l'OFII le versement de l'allocation pour demandeur d'asile qui ne lui a pas été versée entre les mois d'octobre 2018 et mai 2019 alors qu'il prétend y être éligible. L'OFII ayant implicitement rejeté cette demande, M. C demande au tribunal le versement des arriérés de cette allocation.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2020 du bureau d'aide juridictionnelle près du tribunal judiciaire de Nice. Par suite, les conclusions de sa requête tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment l'article L. 551-9 : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre. / () " et aux termes de l'article L. 744-9 du même code, devenu depuis notamment les articles L. 553-1 et L. 551-13, dans sa rédaction applicable au litige : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources, dont le versement est ordonné par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / Le versement de l'allocation prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français dans les conditions prévues aux articles L. 743-1 et L. 743-2 a pris fin ou à la date du transfert effectif vers un autre Etat si sa demande relève de la compétence de cet Etat. / () ".
4. Aux termes de l'article D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu depuis l'article D. 553-1, dans sa rédaction applicable au litige : " Sont admis au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile : / 1° Les demandeurs d'asile qui ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 744-1 et qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile délivrée en application de l'article L. 741-1 ; / () ". Aux termes de l'article D. 744-18 de ce code, devenu depuis l'article D. 553-3 : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, les personnes mentionnées aux 1° et 2° de l'article D. 744-17 doivent être âgées de dix-huit ans révolus ". Et aux termes de l'article D. 744-20 du même code, devenu depuis l'article D. 553-3 : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, la personne doit justifier de ressources mensuelles inférieures au montant du revenu de solidarité active ".
5. Aux termes de l'article D. 744-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment les articles D. 553-8, D. 553-9 et D. 553-27 : " En application du cinquième alinéa de l'article L. 744-9, l'allocation pour demandeur d'asile est composée d'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction du nombre de personnes composant le foyer, et, le cas échéant, d'un montant additionnel dans le cas où le demandeur d'asile n'est pas hébergé. / Pour la détermination du montant de l'allocation, les ressources perçues par le bénéficiaire viennent en déduction du montant résultant de l'application du premier alinéa. / Le barème de l'allocation pour demandeur d'asile figure à l'annexe 7-1 du présent code " et aux termes de l'annexe 7-1 de ce code : " Le montant journalier de l'allocation pour demandeur d'asile est défini en application du barème suivant : / 1 personne : 6,80 euros / () / Un montant journalier additionnel de 7.40 € est versé en application des dispositions de l'article D. 744-26 à chaque demandeur d'asile adulte ayant accepté l'offre de prise en charge, qui a manifesté un besoin d'hébergement et n'a pas accès gratuitement à un hébergement ou un logement à quelque titre que ce soit ".
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a demandé la protection internationale auprès de la France le 7 septembre 2017 et qu'il a accepté le bénéfice les conditions matérielles d'accueil le 27 novembre 2017. Il ressort également des pièces du dossier que M. C était titulaire d'une attestation de demande d'asile pour les périodes comprises entre les 26 décembre 2017 et 25 avril 2018, entre les 22 février et 21 mars 2019 et entre les 5 avril et 4 octobre 2019.
7. Dans ces conditions, et en application des dispositions de l'article D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 4, M. C est fondé à soutenir que la décision refusant de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre les 22 février et 21 mars 2019 et entre les 5 avril et 9 mai 2019 est entachée d'une erreur de droit. Si le requérant soutient que par un jugement n° 1803807 du 7 septembre 2018, le tribunal administratif avait enjoint au préfet de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de 7 jours à compter de la notification de celui-ci, de sorte qu'il devrait être regardé comme détenteur d'une telle attestation à compter de cette date, le préjudice qu'il invoque, découlant de l'absence d'exécution de ce jugement par le préfet des Alpes-Maritimes, relève d'un litige distinct et ne peut être invoqué à l'appui du litige l'opposant à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite par laquelle le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de verser à M. C l'allocation pour demandeur d'asile pour la période comprise entre le 1er octobre 2018 et le 9 mai 2019 doit être annulée en tant qu'elle a refusé ce versement pour les périodes comprises entre les 22 février et 21 mars 2019 et entre les 5 avril et 9 mai 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de verser à M. C l'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre les 22 février et 21 mars 2019 et entre les 5 avril et 9 mai 2019. Il résulte des dispositions citées au point 5 que le montant journalier de l'allocation pour demandeur d'asile auquel M. C pouvait prétendre au cours de ces périodes, d'une durée totale de 61 jours, s'élève à 14,20 euros, soit une somme totale de 866,20 euros.
10. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement à M. C de la somme de 866,20 euros dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. C.
Sur les frais liés au litige :
11. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Oloumi, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Oloumi de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. C tendant à lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision née du silence gardé par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur la demande de M. C est annulée en tant qu'elle lui a refusé le versement de l'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre les 22 février et 21 mars 2019 et entre les 5 avril et 9 mai 2019.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de verser à M. C la somme de 866,20 euros dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 4 : L'office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Oloumi une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Oloumi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Oloumi et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
N. A
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026