mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2020 et le 27 juillet 2021, Mme B A, représentée par Me Euvrard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Théoule-sur-Mer a prononcé sa suspension avec effet immédiat ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Théoule-sur-mer une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les faits qui lui sont reprochés sont inconsistants ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir, le réel fondement de cette décision résidant dans un motif politique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2021, la commune de Théoule-sur-mer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Euvrard, représentant Mme A, et de Me Gadd, représentant la commune de Théoule-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, responsable du centre communal d'action sociale de Théoule-sur-Mer, demande au tribunal d'annuler la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Théoule-sur-Mer a prononcé sa suspension avec effet immédiat.
2. En premier lieu, la mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Elle n'est donc pas au nombre des décisions qui doivent être motivées par application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, n'étant pas prises en considération de la personne, elle n'a pas à être précédée d'une procédure contradictoire avec droit à consultation du dossier. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 3 juillet 2019 est inopérant. Au demeurant, la décision en litige reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, énumérant, notamment, les fautes reprochées à Mme A, lui permettant ainsi de comprendre les tenants et les aboutissants de cette décision. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'une requête en annulation contre une mesure de suspension, de vérifier que les justifications données par les autorités compétentes quant à l'intérêt du service ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation ou de détournement de pouvoir.
4. Pour fonder la suspension en litige, le maire de la commune de Théoule-sur-Mer a retenu que Mme A était à l'origine de divers manquements, tels que le non-respect de l'obligation d'obéissance et de loyauté, le non-respect de son obligation de réserve, le cumul d'erreurs et négligences graves dans la gestion du service, un comportement harcelant à l'égard de certains agents placés sous son autorité, la tenue de propos déplacés dans le cadre de l'accompagnement des bénéficiaires ainsi que des manquements à ses obligations d'assistance auprès des administrés en grande détresse. Parmi ces manquements, le non-respect de l'obligation de réserve, le comportement de l'intéressée à l'égard de certains agents et le caractère inapproprié de ses propos et agissements vis-à-vis des administrés sont plus particulièrement de nature à porter atteinte tant à la sécurité des agents et administrés, qu'à l'image et à la réputation du centre communal d'action sociale. La commune produit de nombreux témoignages et attestations faisant apparaître que l'intéressée a fait prévaloir, lors de visites à au moins un usager, la promotion de ses idées politiques sur les impératifs du service, qu'elle a adopté un comportement inapproprié et générateur de mal être auprès de plusieurs de ses agents, particulièrement de son assistante, qu'elle a manqué à ses obligations et manifesté un comportement particulièrement méprisant à l'égard d'administrés en détresse. Si Mme A conteste les fautes qui lui sont reprochées, ces faits présentent, compte-tenu des éléments circonstanciés versés au dossier, un caractère de vraisemblance suffisant et justifient, compte tenu de leur nature et de leur gravité, l'édiction d'une mesure de suspension à son encontre. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que cette mesure est entachée d'une erreur d'appréciation.
5. Enfin, les allégations de la requérante, qui ne sont étayées par aucune des pièces du dossier, ne sont pas de nature à établir que la décision en litige serait entachée d'un détournement de pouvoir. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être écartée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Théoule-sur-Mer une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Théoule-sur- mer.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024 .
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
L. Bianchi
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026