mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête enregistrée sous le n° 2003293, le 21 août 2020, Mme B F demande au tribunal d'annuler l'arrêté déclaratif d'utilité publique au bénéfice du conseil départemental des Alpes-Maritimes pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 5 mai 2020.
Elle soutient que :
- la requête est recevable en application de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- 90% des habitants du quartier sont opposés au projet ;
- le décret attaqué ne précise pas le coût total de l'opération ;
- le gain de temps serait peu sensible ;
- le projet entraînera un engorgement au niveau du rond-point ;
- l'évaluation théorique de la fluidité réalisée par informatique n'est pas concluante ;
- l'étude des ingénieurs en béton ne lui a pas été communiquée ;
- il existe un risque d'accident futur en raison de la fragilité du mur soutenant le rond-point ;
- l'accès aux commerces sera moins facile entraînant une perte d'exploitation ;
- la dimension du rond-point pourrait entraîner des nuisances sonores, écologiques et sécuritaires ;
- les biens immobiliers seraient dévalués.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 décembre 2021 et le 14 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir que :
- la requérante n'a pas qualité à agir ;
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 25 août 2022 et le 5 octobre 2022, le département des Alpes-Maritimes conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet.
Il fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Par une intervention volontaire enregistrée le 7 septembre 2022, le syndicat de copropriété " La Halte ", représenté par Me Gonzalez, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté déclaratif d'utilité publique au bénéfice du conseil départemental des Alpes-Maritimes pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 5 mai 2020 ;
- d'annuler l'arrêté de cessibilité pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 12 janvier 2021 ;
- à titre subsidiaire, de fixer une juste indemnisation de l'expropriation de la copropriété " La Halte " ;
- de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.
II. - Par une requête enregistrée sous le n° 2003298, le 22 août 2020, Mme D E demande au tribunal d'annuler l'arrêté déclaratif d'utilité publique au bénéfice du conseil départemental des Alpes-Maritimes pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 5 mai 2020.
Elle soutient que :
- la requête est recevable en application de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- sur 42 dires, 38 sont défavorables au projet ;
- le décret attaqué ne précise pas le coût total de l'opération ;
- le gain de temps serait peu sensible ;
- l'évaluation théorique réalisée par informatique n'est pas concluante ;
- l'étude des ingénieurs en béton ne lui a pas été communiquée ;
- l'accès aux commerces sera moins facile entraînant une perte d'exploitation ;
- la dimension du rond-point pourrait entraîner des nuisances sonores, écologiques et sécuritaires.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 avril 2022, le 14 septembre 2022 et le 17 octobre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir que :
- la requérante n'a pas qualité à agir ;
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 septembre 2022 et le 7 octobre 2022, le département des Alpes-Maritimes conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet.
Il fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Par une intervention volontaire enregistrée le 5 octobre 2022, le syndicat de copropriété " La Halte ", représenté par Me Gonzalez, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté déclaratif d'utilité publique au bénéfice du conseil départemental des Alpes-Maritimes pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 5 mai 2020 ;
- d'annuler l'arrêté de cessibilité pris par le préfet des Alpes-Maritimes le 12 janvier 2021 ;
- à titre subsidiaire, de fixer une juste indemnisation de l'expropriation de la copropriété " La Halte ". ;
- de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 18 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Mme F, requérante, de M. C, représentant le département des Alpes-Maritimes, et de Mme A, représentant la préfecture des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 octobre 2020, le préfet des Alpes-Maritimes a déclaré d'utilité publique, au bénéfice du conseil départemental des Alpes-Maritimes, les travaux de réorganisation de la circulation au carrefour des routes départementales RD 2562 et 609, secteur La Halte, sur le territoire de la commune de Grasse. Par les requêtes enregistrées sous le
n° 2003293 et le n° 2003298, Mme F et Mme E demandent respectivement au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 5 octobre 2020.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes de Mme F et de Mme E sont dirigées contre le même arrêté et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il résulte de ces dispositions que lorsque les mentions relatives aux délais de recours contre une décision administrative figurant dans la notification de cette décision sont erronées, elles doivent être regardées comme seules opposables au destinataire de la décision lorsqu'elles conduisent à indiquer un délai plus long que celui qui résulterait des dispositions normalement applicables.
5. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. / () ". Aux termes de l'article 2 de la même ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 5 octobre 2020, dont l'article 5 mentionne les voies et délais de recours, a été publié le 6 mai 2020 dans le recueil des actes administratif de la préfecture des Alpes-Maritimes n° 96.2020 et a fait l'objet d'un affichage par le département des Alpes-Maritimes à compter du 15 mai 2020 et par la mairie de Grasse à compter du 18 mai 2020, ainsi que l'attestent les certificats d'affichage versés au dossier par le préfet des Alpes-Maritimes. Dès lors, le délai de recours contentieux, qui a commencé à courir à compter de la date d'accomplissement de la dernière mesure de publicité, expirait le 19 juillet 2020, soit en dehors de la période prévue par l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période. Par suite, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le délai de recours contentieux expirait jusqu'au 24 juin 2020. Si les requérantes joignent à leur requête le courrier de la préfecture notifiant l'arrêté litigieux au syndicat de copropriété " La Halte ", lequel indique de manière erronée qu'un recours contentieux peut être exercé dans un délai maximal de deux mois à compter du 24 juin 2020, cette mention doit être regardée comme seule opposable au syndicat de copropriété " La Halte ". Dans ces conditions, la requête de Mme F et la requête de Mme E, ayant été enregistrées respectivement le 21 et le 22 août 2020, sont tardives et donc irrecevables. Dès lors, les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté des requêtes opposées par le préfet des Alpes-Maritimes doivent être accueillies.
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7. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme F et de Mme E doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les interventions du syndicat de copropriétaires de la copropriété " La Halte " :
8. Ces interventions sont présentées à l'appui des requêtes de Mme F et de Mme E. Ces requêtes étant, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, irrecevables, les interventions du syndicat de copropriétaires de la copropriété " La Halte " ne sont, en conséquence, pas recevables.
D E C I D E :
Article 1er : Les interventions du syndicat de copropriétaires de la copropriété " La Halte " ne sont pas admises.
Article 2 : Les requêtes de Mme F et de Mme E sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F, à Mme D E, au syndicat de copropriétaires de la copropriété " La Halte ", au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, au président du département des Alpes-Maritimes et à la commune de Grasse.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
assistés de Mme Génovèse, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. DUROUX
Le président,
Signé
F.PASCALLa greffière,
Signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
N°s 2003293, 2003298
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026