mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BARALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique enregistrés les 30 septembre 2020,
17 août 2021 et 16 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Barale, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée selon lui, par un courrier du 24 juillet 2020, par laquelle la Ville de Nice a rejeté sa demande tendant à ce que celle-ci procède aux travaux préconisés par le cabinet d'étude géotechnique Geonova dans son rapport du 16 mars 2020, en application des dispositions des articles L.2212-2.5° et L.2212-4 du code général des collectivités territoriales ;
2°) de condamner la commune de Nice et/ou la Métropole Nice-Côte d'Azur à lui payer la somme de 4 000 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- déférant à cette injonction de la Ville de Nice, il a saisi la société Geonova et a procédé immédiatement au retrait des souches et des végétaux concernés ; le 16 mars 2020, la société Geonova rendait son rapport dont il résulte que : " nous proposons la mise en œuvre d'un grillage double torsion plaqué, ancré en tête et lesté en pied Idéalement, la zone à conforter s'étendrait sur 45 mètres, sur une hauteur variable. Cette zone débute (au nord) immédiatement dépassé le mur poids en pierres et se poursuit en direction du sud. Le confortement de cette zone permettrait :/ - D'éviter la détérioration régressive vers l'amont de la zone déjà glissée ;/ - D'empêcher la zone actuellement en préparation, de connaitre le même phénomène de glissement./ Néanmoins, un tel confortement ne peut raisonnablement pas être entrepris à l'échelle du particulier. " ; suite à ce rapport, le requérant a saisi la Ville de Nice par courrier du 19 mai 2020, d'une demande visant à ce que les travaux de confortement souhaités par l'administration soient pris en charge par la commune dans le cadre des dispositions des articles L.2212-2-5° et L 2212-4 du code général des collectivités territoriales, en l'état du caractère d'intérêt public de tels aménagements ; demande rejetée par courrier du 24 juillet 2020 ;
- la requête n'est pas tardive, le courrier du 24 juillet 2020 lui ayant été distribué le
4 août 2020, de sorte que le délai de recours contentieux expirait le 5 octobre 2020 ;
- la décision attaquée émane de M. E D, directeur général adjoint, réseaux infrastructures risques et bâtiments, alors qu'elle aurait dû être prise par le maire de Nice ;
- elle méconnaît l'article L.2212-2.5° du code général des collectivités territoriales selon lequel, afin de prévenir les accidents liés aux éboulements et mouvements de terrain, la commune peut enjoindre aux propriétaires de procéder à l'exécution de travaux de prévention ; mais s'ils revêtent le caractère de travaux d'intérêt collectif, de tels travaux doivent être réalisés et pris en charge par la commune, ce qui est le cas en l'espèce, l'objet des travaux demandés étant uniquement et exclusivement de protéger les usagers de la voie publique (Route Saint Pierre de B) et non d'assurer la protection de la propriété du requérant qui se situe à l'opposé de la zone concernée par les travaux et qui ne court aucun risque au regard de l'aléa éboulement ou glissement de terrain ; en outre, et ainsi que cela ressort très clairement du rapport de la société Geonova, pour traiter correctement la zone concernée par le confortement, le secteur envisagé de 19 mètres de long pour 15 mètres de haut, est insuffisant, la sécurisation du site impliquant un élargissement de la zone traitée ; enfin, le caractère d'intérêt général des travaux de confortement du talus souhaités par la ville est encore attesté par le fait que la propriété du requérant n'est pas la seule en cause ; il est avéré que les injonctions de confortement de talus concernent également 4 autres parcelles (parcelles cadastrées MK 222 - MK 277 - MK 155 notamment) situées en aval de la parcelle du requérant et qui se jouxtent (Production n°9 à rapprocher de la production n°8) ; ces parcelles se succèdent depuis celle du requérant sur près d'une centaine de mètres et portent bien la zone de travaux de confortement à plus de 100 mètres ; il est question ici de différentes propositions techniques allant de la construction d'une paroi en béton projeté, à un grunitage (projection d'un voile en béton sur grillage plaqué et ancré), en passant par la mise en œuvre d'un grillage double torsion plaqué, ancré en tête et lesté en pied, avec rangée d'ancrage passifs (rapport Geonova, production n°1), travaux dont le coût s'élève à une somme allant de 60 à 100 000 euros pour chacun des cinq propriétaires, soit un total compris entre 300 000 et 500 000 euros, qui ne peut être mis à la charge des particuliers ;
- quant aux travaux incombant au requérant, ils ont été correctement effectués, celui-ci ayant fait procéder à l'élagage des arbres surplombant la voie avec mise en sécurité de la voie, et suite à la demande de la ville, l'ensemble des souches et végétaux restés sur site a été immédiatement retiré, l'ensemble de ces travaux a coûté 7 980 euro ;
- elle méconnaît l'article L.2212-4 du code général des collectivités territoriales dont il résulte que lorsque les travaux à réaliser revêtent un caractère de gravité ou d'urgence liée à la gravité ou à l'imminence du danger, de tels travaux sont de la compétence de la collectivité publique qui doit en assurer la charge ; or, en l'espèce, l'urgence à procéder aux travaux de confortement du talus dégradé est relevée par le rapport de la société Geonova du
16 mars 2020 ; par ailleurs, la justification des travaux de confortement préconisés repose à la fois sur le secteur déjà glissé et sur la zone actuellement en préparation de glissement relevé par le géologue ; autant d'éléments confirmant le caractère imminent des glissements et la compétence de la commune (et/ou à la Métropole) pour procéder à la réalisation des mesures de protection exigées par les circonstances, pour assurer la mise en sécurité de la zone, dans le cadre des dispositions de l'article L.2212-2, dans le but exclusif d'assurer la sécurité publique des usagers de la route de Saint Pierre de B, ainsi qu'a pu très clairement le relever la société Geonova en page 11 de son rapport ;
- ainsi que le confirme d'ailleurs la Métropole dans ses écritures (page 3), elle est propriétaire et gestionnaire de la voie concernée (Route Saint-Pierre de B) ; outre la compétence de la Ville de Nice, les travaux de confortement sont ainsi susceptibles de relever de sa compétence confirmée par l'article 7-1 de ses statuts ; il n'est pas question ici des travaux d'entretien incombant aux propriétaires dont les parcelles sont voisines des voies publiques ; il ne peut davantage être question de responsabilité civile ;
- s'agissant des travaux de confortement de l'ouvrage de descente d'eaux pluviales présent sur la parcelle MK 155, il apparaît que cette canalisation est un ouvrage public appartenant à l'administration dont l'entretien et les réparations incombent à la personne publique propriétaire de l'ouvrage : selon toute vraisemblance ici, la commune de Nice.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2021, la commune de Nice conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- la décision querellée a été signée par M. E D, directeur général adjoint, réseaux infrastructures risques et bâtiments, titulaire d'une délégation de signature ;
- le talus concerné est la propriété de M. C à qui incombe les travaux, et non à la ville de Nice ; seule sa parcelle est concernée ;
- l'ouvrage de descente d'eaux pluviales n'est pas la propriété de la ville et il n'est pas établi qu'il recueille des eaux en provenance de la ville.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2022, la Métropole Nice-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête, à sa mise hors de cause et à la mise à la charge de M. C, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- le talus concerné est la propriété de M. C à qui incombe les travaux, et non de la métropole ;
- l'ouvrage de descente d'eaux pluviales n'est pas la propriété de la métropole et il n'est pas établi qu'il recueille des eaux en provenance de la métropole.
Par une ordonnance du 9 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
26 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juin 2024 :
- le rapport de M. Gilles Taormina, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Nicolas Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Barale, représentant M. C, et de M , représentant la commune de Nice et la Métropole Nice-Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Des riverains de la route de Saint-Pierre de B à Nice ayant signalé à la commune de Nice la présence de talus instables et de souches d'arbres au droit de la parcelle cadastrée MK 155 dont M. C est propriétaire, surplombant la voie publique, ladite commune demandé à M. C de faire réaliser une étude géotechnique, puis selon les préconisations, de procéder à la réalisation notamment de travaux de confortement des talus surplombant la voie et de l'ouvrage de descente d'eaux pluviales présent sur sa parcelle, selon les préconisations du rapport, et de retirer les souches et les résidus de végétaux restés sur site. Déférant à cette injonction, l'intéressé a mandaté la société Geonova et fait procéder immédiatement au retrait des souches et des végétaux concernés. Le 16 mars 2020, la société Geonova rendait son rapport au vu duquel, l'intéressé a, par courrier du 19 mai 2020, demandé à la Ville de Nice de procéder à ses frais, aux travaux préconisés par le cabinet d'étude géotechnique Geonova dans son rapport du 16 mars 2020, en application des dispositions des articles L.2212-2.5° et L.2212-4 du code général des collectivités territoriales. Par courrier du 24 juillet 2020, la commune de Nice a indiqué à M. B qu'il lui appartenait de faire procéder aux travaux nécessaires et que, " le cas échant, le préfet ou par déclinaison le maire, peut ordonner la réalisation des travaux prescrits, après une mise en demeure non suivie d'effet, aux frais avancés du propriétaire ". Considérant que sa demande avait été rejetée, M. B demande l'annulation de la décision selon lui révélée par ce courrier.
2. Aux termes de l'article L.2212-2.5° du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment :/ 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure ". Aux termes de l'article L.2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L.2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances./ Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites ". Tandis que les dispositions de de l'article L.2212-2.5° du code général des collectivités territoriales précitées ne confèrent pas au maire le pouvoir de faire exécuter d'office des travaux sur une propriété privée, celles de l'article L.2212-4 du même code permettent au maire d'ordonner, en cas de danger grave ou imminent, et sans mise en demeure préalable du propriétaire, la réalisation par la commune de travaux sur une propriété privée, le coût de ces travaux incombant alors à la commune, sans préjudice de la possibilité pour elle d'exercer devant le juge civil une action récursoire à l'encontre du propriétaire, si elle estime que l'origine des désordres réside dans un manquement de celui-ci à ses obligations.
3. En premier lieu, le pouvoir de police afférent à la gestion des routes métropolitaines ne permet pas au président de la métropole de procéder à des travaux de confortement sur des parcelles privées. Or, le talus en cause se situe sur une parcelle appartenant au requérant, personne privée. Dès lors, la Métropole Nice-Côte d'Azur n'ayant pas compétence en la matière, il y a lieu de la mettre hors de cause.
4. En second lieu, les constatations du rapport "Geonova" ne permettent pas de caractériser l'existence d'un danger grave ou imminent, de sorte que le maire de Nice n'a, dès lors, pas entaché sa décision d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, en refusant de réaliser les travaux de confortement aux frais de la collectivité. Par suite, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision révélée par un courrier du 24 juillet 2020, par laquelle la Ville de Nice a rejeté sa demande tendant à ce que celle-ci procède aux travaux préconisés par le cabinet d'étude géotechnique Geonova dans son rapport du 16 mars 2020, doivent être rejetées, ensemble ses conclusions formulées au titre de l'article L.761-1 du Code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C, au profit de la commune de Nice et de la Métropole Nice-Côte d'Azur une somme au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La Métropole Nice-Côte d'Azur est mise hors de cause.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Les conclusions formulées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative par la commune de Nice et la Métropole Nice-Côte d'Azur sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Nice et à la Métropole Nice-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Taormina
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
N. Soler
Le greffier,
Signé
D. Crémieux
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2003926
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026