jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique enregistrés les 15 octobre 2020, 26 mars 2021 et 10 mars 2023, la société civile particulière BOOST, représentée par Me Orlandini, demande au tribunal :
1°) d'ordonner le sursis de paiement, en application de l'article L.277 du livre des procédures fiscales, dans l'attente du jugement à intervenir ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 6 741 euros, mise à charge au titre de la redevance d'archéologie préventive et des pénalités afférentes, selon titre de perception émis le 17 décembre 2019 par la direction départementale des finances publiques du Vaucluse, à la demande du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) ;
3°) d'annuler ledit titre de recettes ;
4°) subsidiairement, lui accorder une remise gracieuse de la pénalité de 80% dont est assortie la redevance d'archéologie préventive mise à sa charge ;
5°) de condamner l'Etat (direction départementale des territoires et de la mer) à lui payer la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
1°) sur la recevabilité de sa requête, qu'elle n'est pas tardive au regard des dispositions de l'article R.199-1 du livre des procédures fiscales, alors qu'elle avait bien jusqu'au 15 octobre 2020 pour enregistrer une requête suite à un rejet de sa réclamation préalable dont elle n'a reçu notification que le 14 octobre 2020 ;
2°) sur le bien-fondé de sa requête :
- le droit de reprise de l'administration est prescrit en application des dispositions de l'article L.331-21, alinéa 2 du code de l'urbanisme ; le droit de reprise de l'administration expirait au mieux le 31 décembre 2012, voire au pire le 31 décembre 2014, dès lors, en lui notifiant le 21 juin 2019, une proposition de taxation d'office à la taxe d'aménagement, le préfet était hors délai, le procès-verbal d'infraction dressé les 10 juin et 30 juillet 2015 n'ayant pu interrompre le délai de prescription ;
- au regard de l'article L.331-6 du code de l'urbanisme, l'activité de la société Quikpark n'est pas à l'origine d'une transformation ou d'une augmentation de la surface de plancher ;
- il y a une erreur sur la personne du redevable, au regard des articles L.331-6 et L.331-25 du code de l'urbanisme qui désignent comme redevables de la taxe, les personnes responsables de la construction et comme seules personnes solidaires du paiement de la taxe, les établissements qui sont garants de l'achèvement de la construction et les époux ou les partenaires liés par un pacte civil de solidarité ;
- au regard des dispositions de l'article L.524-2 du code du patrimoine, la redevance d'archéologie préventive a été jugée inapplicable à la construction d'un bâtiment à usage d'entrepôt constitué d'une charpente en aluminium et d'une couverture en toile FVC sans fondation mais avec de simples tirants d'ancrage, ainsi qu'à la surélévation d'un mètre environ du terrain naturel au moyen d'une couche de gravier recouverte d'un revêtement de pavés autobloquants, dès lors que ces travaux n'ont pas affectés le sous-sol ; or en l'espèce, aucune fondation n'a été installée.
Par mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2023, le préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, au regard des dispositions de l'article R.199-1 du livre des procédures fiscales ;
- la redevance d'archéologie préventive est due, du seul fait de l'imperméabilisation, même partielle, des sols concernés qui, en l'espèce, a été faite par revêtement bitumé dans l'une des serres d'une surface de 92 m x 18 m ;
- les mêmes moyens que dans la procédure enregistrée sous le n°2004239.
Par ordonnance du 10 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mars 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Géraldine Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Orlandini, représentant la société Boost.
Au cours de l'audience publique, M. Taormina, magistrat désigné, a présenté son rapport et constaté l'absence des parties ou de leurs représentants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit ;
1. La société civile particulière Boost, dont M. A est le gérant, a acquis le 2 février 2007, trois parcelles de terrain d'un seul tenant sises au n°54 du boulevard des Jardiniers, à Nice et situées dans le périmètre de l'opération d'intérêt national (OIN) dite de la Plaine du Var ; terrain cadastré section CB n°s 35-57-58 sur lequel étaient édifiés des serres, des hangars et des constructions annexes, un puit et une maison d'habitation élevée d'un étage sur rez-de-chaussée. Dès le début de l'année 2008, la société Boost a clôturé et loué pour la première fois le terrain à une filiale de la société Veolia à des fins de stockage pour une durée de deux ans. Puis d'autres entreprises locataires se sont succédées jusqu'à la société Quikpark à partir de la fin de l'année 2014.
2. Les 10 juin et 30 juillet 2015 des agents assermentés de l'Etat ont dressé procès-verbal d'infraction après avoir constaté que le terrain accueillait une activité commerciale de parc de stationnement à bas coût avec bureau et réception du public, clôture et portail ayant entraîné un changement de destination des lieux sans autorisation, au sens de l'article R.123-9 du code de l'urbanisme, et en méconnaissance du classement de ceux-ci en zone agricole Aa au plan local d'urbanisme de la Ville de Nice ; étant reproché à la société Boost, le stationnement d'une centaine de véhicules au total dans les deux serres dont le sol de l'une aurait été imperméabilisé, outre un bureau dans l'autre. Suite à ce procès-verbal, la société Boost a fait l'objet, selon décision du 21 juin 2019, d'une procédure de taxation d'office qui a abouti à la notification le 6 janvier 2020, à la société Boost conjointement avec la société Quikpark, d'un titre de perception émis le 17 décembre 2019 pour paiement de la taxe d'aménagement et pénalités afférentes d'un montant total de 126 393 euros et d'un second titre de perception émis également le 17 décembre 2019 pour paiement de la redevance d'archéologie préventive et pénalités afférentes d'un montant total de 6 741 euros.
3. Le 13 février 2020, la société Boost a formulé contre ces deux titres de perception, une réclamation d'assiette reçue le 17 février suivant, rejetée par une décision expresse du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) en date du 12 août 2020 notifiée le 14 août suivant concernant la taxe d'aménagement, et rejetée par décision implicite à partir du 20 août suivant concernant la redevance d'archéologie préventive. Elle demande au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la redevance d'archéologie préventive et des pénalités afférentes, mises à sa charge et d'annuler ces titres de recettes ; et subsidiairement, d'ordonner le sursis de paiement, en application de l'article L.277 du livre des procédures fiscales, dans l'attente du jugement à intervenir.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Alpes-Maritimes :
4. Aux termes de l'article R.199-1 du livre des procédures fiscales : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R.198-10./ ".
5. Il résulte de l'instruction que la réclamation préalable de la société Boost a été rejetée par une décision dont elle a reçu notification le 14 août 2020. Dès lors, elle disposait jusqu'au jeudi 15 octobre 2020 à 24h00 pour saisir le tribunal d'un recours contentieux. En l'espèce ayant saisi le tribunal d'une requête enregistrée au greffe le 15 octobre 2020, celle-ci est recevable et par suite, la fin de non-recevoir tirée de sa tardiveté doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins de décharge, d'annulation des titres de recettes et de sursis de paiement :
6. Aux termes de l'article L.524-2 du code du patrimoine, dans sa rédaction en vigueur : " Il est institué une redevance d'archéologie préventive due par les personnes, y compris membres d'une indivision, projetant d'exécuter des travaux affectant le sous-sol et qui :/ a) Sont soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l'urbanisme ; ". Il résulte de ces dispositions que la redevance d'archéologie préventive est due exclusivement par la personne à laquelle sont imputables les constructions et aménagements soumis à autorisation ou déclaration préalable, réalisées sans lesdites autorisations ou déclaration préalable.
7. Il résulte de l'instruction, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence des constructions et aménagements réalisés sur le sol ou au sous-sol selon le préfet des Alpes-Maritimes, qu'il n'est pas contesté par celui-ci, que lesdites constructions et aménagements auraient été réalisés par les sociétés locataires de la société Boost pour l'exercice de leur activité, et que la société Boost qui s'est bornée à donner à bail son terrain n'a pas pris l'initiative de ces constructions et aménagements. Dès lors, il appartenait à ces sociétés locataires de solliciter à leur profit exclusif les autorisations d'urbanisme préalables ou de faire les déclarations préalables requises. A défaut de telles autorisations ou déclarations préalables, il résulte des dispositions précitées, que seules ces sociétés locataires sont débitrices de la taxe d'archéologie préventive à l'exclusion de la société Boost qui, par suite, est fondée à en demander la décharge, ensemble les pénalités afférentes, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête. En revanche, la société Boost ne démontrant pas, ni même n'alléguant que le titre de perception litigieux soit irrégulier en la forme, elle n'est pas fondée à en demander l'annulation. Enfin, et compte tenu de la décharge accordée, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de sursis de paiement.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Boost et non compris dans les dépens, en application des dispositions précitées du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société Boost est déchargée de l'obligation de payer la somme de 6 741 (six mille sept cent quarante et un) euros, mise à sa charge au titre de la redevance d'archéologie préventive et des pénalités afférentes, selon titre de perception émis le 17 décembre 2019 par la direction départementale des finances publiques du Vaucluse, à la demande du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer).
Article 2. - Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions formulées par la société Boost à fin de sursis de paiement.
Article 3. - Il est mis à la charge de l'Etat, au profit de la société Boost, une somme de 1 000 (mille) euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4. - Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5. - Le présent jugement sera notifié à la société Boost et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) et au directeur départemental des finances publiques du Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, où siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assités de Mme Albu, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juin 2023.
Le président-rapporteur,
signé
G. TaorminaL'assesseure la plus ancienne,
signé
B. Le GuennecLa greffière,
signé
Chr. Albu
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2004240
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026