jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004378 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 octobre 2020 et 21 juin 2022, M. G L, M. A E et Mme H K, veuve C, représentés par Me Lacrouts, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Nice a retiré l'arrêté du 21 février 2020 portant refus de permis de construire à M. F B et a délivré un permis de construire à M. F B, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 1er juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nice et de M. B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
* ils justifient d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
* la décision attaquée du 22 mai 2020 est entachée d'une incompétence de son signataire ;
* la notice architecturale est insuffisante en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
* l'autorisation d'urbanisme en cause a été obtenue par fraude, dès lors que le pétitionnaire a omis de mentionner aux services instructeurs que le projet s'insère dans un lotissement ;
* le projet méconnait tant les dispositions de l'article 2.1.3.2 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur, qui n'ont pas été appliquées au projet, que celles de l'article 2.1.3.1 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme métropolitain ;
* le projet méconnait les dispositions de l'article 2.2.1 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme métropolitain et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
* le projet méconnait les dispositions de l'article 2.4 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme métropolitain ;
* et le projet méconnait l'article 3.1 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme métropolitain.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2021, M. F B, représenté par Me Szepetowski conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal sursoit à statuer dans l'attente du dépôt d'un permis de construire modificatif, et en tout état de cause à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, la commune de Nice, prise en la personne de son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
La commune de Nice fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance en date du 24 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 juillet 2022.
Par une lettre du 7 avril 2023, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la délivrance éventuelle d'un permis de construire modificatif régularisant le vice tiré de ce que les pièces du dossier de demande de permis de construire ne permettent pas de vérifier le respect des dispositions de l'article 2.4 du règlement de zone UDc du plan local d'urbanisme métropolitain.
Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 21 et 27 juin 2023, M. F B, représenté par Me Szepetowski, maintient ses conclusions et fait valoir que le permis de construire modificatif délivré le 21 juin 2023 a régularisé le vice dont était affecté le permis de construire initial.
Une note en délibéré a été produite par la commune de Nice le 5 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 octobre 2023 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lacrouts, pour les requérants, de Mme I, pour la commune de Nice, et de Me Szepetowski, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 mai 2020, le maire de la commune de Nice a, au nom de l'Etat, retiré l'arrêté du 21 février 2020 portant refus de permis de construire à M. F B, et délivré à ce dernier un permis n°PC 06088 19 S0283 en vue de la construction d'une maison individuelle d'une surface de plancher de 120 m² sur un terrain sis 19 avenue des palmiers, cadastré Section EW n° 283. M. G L, M. A E et Mme H K, veuve C, ont formé le 1er juillet 2020 un recours gracieux à l'encontre de cette décision, qui a été implicitement rejeté par la commune de Nice. Les requérants demandent l'annulation de l'arrêté en date du 22 mai 2020, ensemble de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée par M. J D, adjoint délégué aux autorisations d'urbanisme au sein de la commune de Nice, qui a reçu une délégation en matière d'aménagement et d'urbanisme par un arrêté du maire de la commune de Nice en date du 24 mai 2017, qui a fait l'objet d'une publication régulière au recueil des actes administratifs du mois de juin 2017, ainsi que d'une transmission au représentant de l'Etat dans le département, comme en atteste la mention figurant sur cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder () ". Et enfin, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire de régularisation est assortie d'une notice, d'un plan géomètre de l'existant, d'un plan de masse paysager côté en trois dimensions, et d'un plan de masse. Ce dossier de demande est également assorti de deux documents graphiques montrant l'insertion du projet dans son environnement proche et dans son environnement lointain. Dans ces conditions, au vu des documents fournis, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de régularisation comporterait des insuffisances ou omissions au regard des dispositions citées au point précédent, qui auraient été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur. Le moyen tiré de l'insuffisance de la notice architecturale doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration. En l'espèce, il n'est pas contesté, ainsi que le soutiennent les requérants, que le document CERFA 13406*06 n'indique pas au cadre 3.2 que le terrain d'assiette est situé au sein d'un lotissement. Toutefois, il n'est pas démontré, par cette seule circonstance, que le pétitionnaire aurait procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet en cause.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.1.3.1 de la sous-zone UDc du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur (ci-après, " PLUM ") : " Par rapport aux voies et emprises publiques. Les constructions doivent s'implanter à une distance minimale de 5m de la limite d'emprise publique des voies / Dans les reculs induits, peuvent être autorisés () Les accès et leurs dalles de couverture s'ils sont limités au strict minimum et s'ils ne remettent pas en cause la dominante d'espaces verts des marges de recul ". Aux termes de l'article 9 des dispositions générales du règlement du PLUM : " L'implantation des constructions dont dispose les articles 2.1.3.1 du présent règlement s'entend par rapport aux voies publiques ou privées et aux emprises publiques, qu'il s'agisse des voies ou emprises existantes ou futures ". Et aux termes de l'article 2.1.3.2 de la sous-zone UDc du PLUM : " Par rapport aux limites séparatives. Les constructions doivent s'implanter à une distance minimale de 5m des limites séparatives. "
7. D'une part, si les requérants soutiennent que les dispositions de l'article 2.1.3.2 de la sous-zone UDc du PLUM devaient s'appliquer au projet litigieux dès lors que l'avenue des palmiers est une voie privée ouverte à la circulation du public et non une voie publique, cette circonstance n'empêchait nullement qu'il soit fait application des dispositions de l'article 2.1.3.1. de la sous-zone UDc du PLUM, conformément aux dispositions précitées de l'article 9 des dispositions générales du règlement du PLUM. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
8. D'autre part, concernant la règle relative aux limites d'implantation, il ressort des pièces du dossier que le projet situé avenue des palmiers présente un tracé rectiligne et une largeur conséquente, offrant ainsi une bonne visibilité aux usagers permettant l'attente d'un véhicule entrant ou sortant sans gêne pour la circulation. Si les requérants font valoir qu'il a été porté atteinte à la végétalisation environnante en la réduisant de manière drastique, ces aménagements visent à tout état de cause à assurer le respect des exigences de visibilité, de sécurité ainsi que l'obligation d'implanter les constructions à 5 mètres de la limite d'emprise des voies prévue par l'article 2.1.3.1 de la sous-zone UDc du PLUM. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Aux termes de l'article 2.2.1 de la sous-zone UDc du PLUM : " L'expression architecturale peut recourir en façades et en toitures à des matériaux contemporains et à des techniques modernes dès lors qu'elle présente un aspect compatible avec le caractère de l'environnement bati, qu'elle s'inscrit harmonieusement dans le paysage urbain ou naturel et qu'elle respecte la topographie. () ". Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
10. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel s'insère le projet en litige, qui est constitué de quelques maisons de type pavillonnaire mais également d'immeubles collectifs, est urbanisé et ne présente pas d'intérêt architectural particulier. Il ressort également des pièces du dossier que la majorité des constructions existantes dans l'environnement proche du projet présentent, comme le projet, des toitures en tuiles, à l'exception d'immeubles collectifs qui présentent des toitures en terrasse. La construction projetée, eu égard à ses caractéristiques architecturales et aux matériaux utilisés, n'est pas de nature à porter atteinte aux lieux environnants. En outre, et comme il a déjà été indiqué précédemment, la circonstance que le pétitionnaire n'ait pas coché la case du document CERFA " appartient à un lotissement " est sans incidence. Par suite, la commune de Nice a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, autoriser la construction projetée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.2.1 de la sous-zone UDc du règlement du PLUM doit dès lors être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 2.4 de la sous-zone UDc du PLUM : " Traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des
constructions / En tout état de cause, les espaces libres, hors bâtiment feront l'objet d'un aménagement paysager () ". Aux termes des dispositions générales du PLUM, " [les espaces paysagers] comportent des parties végétales et minérales qui constituent un
aménagement paysager. Les parties végétales doivent être composées de plantes adaptées au
climat méditerranéen et non répertoriées comme envahissantes () Pour toute construction à usage d'habitation, ou dont l'usage produit des ordures ménagères fermentescibles, les espaces libres doivent comporter un dispositif de compostage adapté à ces
productions ".
13. Tout d'abord, si les requérants font valoir que le projet ne comporte pas de dispositif de compostage, en méconnaissance des dispositions de l'article 2. 4 de la sous-zone UDd du PLUM, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'un permis de construire modificatif a été délivré le 21 juin 2023 dans le but de mettre un place un dispositif de compostage individuel à l'arrière du projet litigieux. Dans ces conditions, le requérant, qui ne soutient pas qu'une telle prescription serait illégale, n'est pas fondé à soutenir que le projet litigieux méconnaîtrait les dispositions du PLUM susmentionnées.
14. Ensuite, les requérants soutiennent que le projet en litige ne comporte pas d'aménagement paysager et que les espèces choisies ne seraient pas adaptées au climat méditerranéen. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est composé d'une superficie totale de terrain de 1090 m² dont 715.50 m² concernent des espaces verts en pleine terre. En outre, l'aménagement projeté est composé d'une dalle végétalisée de 50,4 m² et prévoit également le maintien de la plupart de la végétalisation existante et le déplacement de deux arbres existants comme cela ressort notamment de la notice architecturale et du plan topographique versés au débat.
15. Enfin, les requérants soutiennent que le projet ne comporte pas d'augmentation des espaces verts. En l'espèce, il est constant qu'au sud-est de la parcelle AH 145 figure un espace qualifié de " relai paysager avec rôle écologique potentiel " par la trame verte et bleue. La définition de cet intitulé figure en page 30 des dispositions générales du règlement du PLUM : " Dans le règlement, sauf précisions complémentaires, le terme " trame verte et bleue " regroupe l'ensemble de ces zones. La cartographie de la Trame Verte et Bleue, figurant au document n° 5 des pièces réglementaires du dossier de PLUM, identifie également à titre informatif d'autres éléments, qui ne font pas partie intégrante de la trame verte et bleue, dénommés : " relais paysager avec rôle écologique potentiel " : ils participent à la préservation de la biodiversité et au maintien de la nature en ville ; il s'agit d'espaces boisés classés ou d'éléments de paysage tels qu'alignements d'arbres, marges de recul, arbres protégés, espaces verts, parcs et jardins remarquables. - Réservoir de biodiversité marine. Les prescriptions particulières relatives aux aménagements et constructions dans ces relais paysagers et réservoirs de biodiversité marine sont indépendantes de celles identifiées sous le nom de " trame verte et bleue " (TVB) ". Dans ces conditions, le relai paysager ne fait pas partie de la trame verte et bleue et à ce titre la parcelle en litige n'était pas soumise à la règle d'augmentation de 5 % d'espaces verts.
16. Il s'en suit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.4 de la sous-zone UDc du PLUM doit être écarté dans toutes ses branches.
17. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article 3.1 de la sous-zone UDc du PLUM : " Les caractéristiques des voies de desserte doivent être compatibles avec la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. "
18. Si les requérants font valoir que la voie d'accès serait insuffisante pour permettre l'accès et les manœuvres des véhicules d'incendie et de secours, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier que cette voie, d'une largeur minimale de 4,54 mètres, ne permettrait pas la circulation de ces véhicules alors même que le service départemental d'incendie et de secours des Alpes-Maritimes a en tout état de cause émis un avis favorable au projet le 2 décembre 2020, relevant l'existence d'une voie d'accès au terrain par les engins de secours et de lutte contre l'incendie tout comme le Pôle Gestion du domaine public de la commune en date du 29 janvier 2020. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que l'avenue des palmiers permet d'assurer une desserte satisfaisante de la construction à réaliser. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3.1 de la sous-zone UDc du PLUM doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 22 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Nice a retiré l'arrêté du 21 février 2020 portant refus de permis de construire à M. F B et a délivré un permis de construire à ce dernier, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 1er juillet 2020, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont les requérants étaient fondés à soutenir qu'elle était irrégulière et dont ils sont, par leur recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à leur charge ou à rejeter les conclusions qu'ils présentent à ce titre.
21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. L, M. E et Mme K, veuve C, est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G L, M. A E, Mme H K, veuve C, à la commune de Nice et à M. F B.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 26 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseur le plus ancien,
signé
B. Le Guennec
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
2004378
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026