mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | FIORENTINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2020, Mme A B, représentée par Me Fiorentino, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mars 2020 par laquelle le maire d'Antibes s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 10 février 2020 en vue de la réfection d'une toiture sur une construction existante mais partiellement démolie sur la parcelle cadastrée section BK n°67 située 16 bis route de la Badine, ensemble la décision du 29 septembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire d'Antibes de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Antibes la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une contradiction de motifs dès lors qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme applicables aux travaux portant sur des constructions existantes tout en qualifiant les travaux litigieux comme portant sur une construction nouvelle ;
- le maire de la commune a entaché la décision litigieuse d'une erreur de qualification juridique des faits en considérant que le projet devait être assimilé à la réalisation de travaux portant sur une construction nouvelle et non sur une construction existante alors que tant l'existence physique que l'existence légale du bâtiment implanté sur sa parcelle sont établies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2021, la commune d'Antibes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision litigieuse du 3 mars 2020 a visé, par erreur, les dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme et qu'il y a lieu de procéder à une substitution de base légale au profit des dispositions de l'article R. 421-1 de ce même code ;
- le maire de la commune était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse dès lors que les travaux projetés, qui ne portent pas sur une construction existante, ne pouvaient être mis en œuvre que par la délivrance d'un permis de construire ;
- à titre subsidiaire, la requérante qui a maintenu partiellement une construction qui avait vocation à être totalement démolie en exécution d'un précédent permis de démolir obtenu le 10 septembre 2014 était, en tout état de cause, tenue de déposer une demande d'autorisation d'urbanisme ayant pour objet de régulariser cette exécution non-conforme de ce permis de démolir.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2023 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fiorentino, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 mars 2020, le maire de la commune d'Antibes s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 10 février 2020 par Mme B, en vue de la réfection d'une toiture sur une construction existante mais partiellement démolie sur la parcelle cadastrée section BK n°67 située 16 bis route de la Badine. Par un courrier daté du 3 juillet 2020, Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision lequel a toutefois été expressément rejeté par le maire d'Antibes par un courrier daté du 29 septembre 2020. Par sa requête, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 3 mars 2020, ensemble celle du 29 septembre 2020 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire. / Un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des travaux exécutés sur des constructions existantes ainsi que des changements de destination qui, en raison de leur nature ou de leur localisation, doivent également être précédés de la délivrance d'un tel permis. ". En outre, en vertu de l'article R. 421-1 de ce même code, les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire à l'exception des constructions mentionnées aux articles R. 421-2 à R. 421-8-2 du même code, qui sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme, et des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12, qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. Enfin, en application de l'article R. 421-14 du même code : Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; / () ".
3. La notion de construction existante implique la réunion de deux conditions, une existence physique et une existence légale de cette construction. Une construction est regardée comme légale si elle a été construite, soit avant la loi du 15 juin 1943 instaurant le permis de construire, soit conformément à une législation applicable à l'époque de la construction, soit encore conformément à une autorisation délivrée depuis lors. Il appartient au pétitionnaire d'apporter la preuve de l'existence légale de sa construction, au moment où il envisage d'y réaliser des aménagements soumis à déclaration ou à autorisation préalable.
4. Lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, l'autorité administrative compétente est alors tenue de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.
5. En l'espèce, pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par Mme B, le maire d'Antibes s'est fondé sur le motif tiré de ce que les travaux objet de cette déclaration préalable ne pouvaient être mis en œuvre que par la délivrance d'un permis de construire dès lors qu'ils ne pouvaient être regardés comme portant sur une construction existante.
6. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du constat d'huissier établi le 13 mars 2018, qu'est implantés sur la parcelle litigieuse " quatre murs de façades d'une construction pourvue d'une double porte en bois pleine ". Il ressort des photographies extraites de ce procès-verbal, qu'au moins l'un de ces murs, partiellement détruit, ne conserve plus l'intégrité suffisante pour permettre de remplir sa fonction d'appui et que le bâtiment litigieux est totalement dépourvu de toiture et de charpente. En outre, dans le formulaire CERFA de la déclaration préalable, la requérante a décrit, elle-même, la construction litigieuse comme " partiellement démolie ". Si, contrairement à ce que soutient la commune, le caractère existant du bâtiment litigieux ne pouvait se déduire uniquement des circonstances selon lesquelles il avait vocation à être démoli en application d'un permis de démolir obtenu par la requérante le 10 septembre 2014 et qu'il n'apparaissait plus, en conséquence, sur le plan cadastral ainsi que sur les plans annexés à une précédente demande d'autorisation d'urbanisme, il résulte toutefois de ce qui précède, qu'au regard de son état de délabrement, les travaux envisagés sur ce bâtiment ne peuvent être regardés comme portant sur une construction existante et constituent, dès lors, des travaux d'édification d'une construction nouvelle soumis à l'exigence d'une demande de permis de construire en application des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme.
7. Par suite, il résulte du principe énoncé au point 4 de ce jugement que le maire d'Antibes était tenu, ainsi qu'il l'a fait, de s'opposer aux travaux déclarés par Mme B, lesquels devaient faire l'objet d'un permis de construire. Dès lors, l'autre moyen invoqué par la requérante et tiré de la contradiction de motifs doit être écarté comme étant inopérant. En tout état de cause, il ressort expressément de la réponse du maire d'Antibes au recours gracieux de la requérante qu'il s'est fondé, à tort, dans sa décision du 3 mars 2020 sur les dispositions précitées de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme et qu'il entendait fonder son opposition à la déclaration préalable litigieuse sur les dispositions, elles-mêmes précitées, de l'article R. 421-1 de ce même code.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 mars 2020 par laquelle le maire d'Antibes s'est opposé à sa déclaration préalable. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'annulation de la décision du 29 septembre 2020 portant rejet de son recours gracieux, sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de base légale présentée par la commune d'Antibes.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Antibes, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune d'Antibes.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Duroux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
M. HOLZER
Le président,
signé
F. PASCAL
La greffière,
signé
P.-B. ANTOINE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°2004433
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026