mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PARDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2020, Mme B A, représentée par Me Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur l'a exclue de ses fonctions pour une durée de 15 jours ;
2°) de mettre à la charge de la région Provence Alpes Côte d'Azur une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée au regard de ses fonctions, de son passé professionnel exemplaire, de ses conditions de travail au cours de la période précédant les faits ayant motivé la sanction, du silence de l'administration après la diffusion du premier message fautif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2021, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juillet 2021 à 12h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bermondy, substituant Me Pardo, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint administratif territorial principal de deuxième classe a été titularisée le 1er novembre 2005 dans les fonctions d'assistante administrative au sein de la maison de la région des Alpes-Maritimes. Par un arrêté du 31 octobre 2019, la région l'a suspendue de ses fonctions à compter du 7 novembre 2019. Mme A a introduit un recours gracieux contre cette décision. Parallèlement, Mme A a été entendue par le conseil de discipline le 14 février 2020, lequel s'est prononcé en faveur d'une sanction d'exclusion temporaire de deux jours. Par une décision du 28 juillet 2020, dont Mme A demande l'annulation, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a prononcé son exclusion temporaire pour une durée de quinze jours.
2. Cette décision reprend sur quatre pages les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle rappelle notamment qu'il est reproché à Mme A d'avoir, les 5 juin et 24 septembre 2019, adressé, respectivement à une douzaine et une vingtaine de destinataires, dont ses supérieurs hiérarchiques, des représentants de la collectivité et des personnes tierces à l'administration, deux courriers dont la teneur constitue un manquement grave à l'obligation de réserve, ainsi qu'une atteinte au bon fonctionnement du service et à sa réputation. Cette décision rappelle également qu'il lui est reproché d'avoir maintenu sa présence sur son lieu de travail alors qu'elle était en inaptitude temporaire et qu'elle avait été invitée à cesser son activité. Elle précise enfin la teneur de l'avis du conseil de discipline et son caractère non contraignant. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Deuxième groupe : / la radiation du tableau d'avancement ; / l'abaissement d'échelon à l'échelon immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Pour prononcer une sanction d'exclusion temporaire d'une durée de quinze jours, le président du conseil régional s'est fondé, d'une part, sur la teneur de deux messages de Mme A mettant en cause en des termes virulents sa hiérarchie et l'organisation de la collectivité et refusant de céder son bureau dans le cadre des réorganisations annoncées, ces messages ayant été largement diffusés au sein de la collectivité et à des tiers. Le président du conseil régional s'est également fondé, d'autre part, sur le maintien de l'intéressée sur son poste de travail en dépit de son placement en inaptitude provisoire. Mme A ne conteste pas la matérialité des faits. Elle ne conteste pas davantage le caractère fautif des messages transmis, qui constituent un manquement à l'obligation de réserve pesant sur tout agent public, nonobstant la circonstance, invoquée par la requérante, que ces écrits seraient intervenus dans un contexte professionnel éprouvant et exprimeraient un " appel à l'aide ". En outre, les mises en cause développées par la requérante, diffusées à des personnes tierces à l'administration, ont été de nature à porter atteinte à l'image de la collectivité. Par ailleurs, si Mme A soutient qu'elle n'avait pas pleinement appréhendé l'obligation de cesser le travail qui pesait sur elle à compter de son placement en inaptitude, il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'elle avait manifesté le 24 septembre 2019 son refus de céder son bureau, elle a poursuivi son activité, non seulement après son placement en inaptitude, mais également après la réception d'une invitation explicite du service des ressources humaines à cesser ses fonctions, désobéissant ainsi sciemment à sa hiérarchie. Ces faits d'une particulière gravité, commis de manière répétée entre le 5 juin et le 2 octobre 2019, constituent des fautes disciplinaires passibles de sanction. Compte-tenu de l'accumulation et de la gravité des fautes commises par l'intéressée sur une période de cinq mois, quand bien-même Mme A ne présente pas d'antécédent disciplinaire et n'a pas été sanctionnée dès le premier manquement, l'administration a pu, sans entacher sa décision de disproportion, lui infliger une sanction d'exclusion temporaire d'une durée de quinze jours.
6. Compte-tenu de ce qui précède, la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026