LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2004722

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2004722

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2004722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCOURRECH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 novembre 2020 et 12 novembre 2021, la société à responsabilité limitée Patrial, prise en la personne de son représentant légal, représentée par Me Courrech, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 25 février 2020 par lequel le maire de la commune de Nice a, au nom de l'Etat, retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable de travaux qu'elle avait déposée en vue de l'aménagement d'un parc de stationnement et de son accès ainsi qu'une aire de stockage de conteneurs, sur un terrain situé 166 avenue Sainte Marguerite, à Nice et s'est opposée à ladite déclaration, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 août 2020 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'incompétence de son signataire ;

- a été pris à la suite d'une procédure illégale dès lors, d'une part, que la procédure contradictoire préalable n'a pas été mise en œuvre par le maire, autorité signataire de la décision de retrait, mais par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes, en méconnaissance des articles L. 422-2, R. 422-1 et R. 422-2 du code de l'urbanisme, et, d'autre part, que le délai de cinq jours qui lui a été laissé pour présenter ses observations était insuffisant et méconnaissait, par suite, les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- est entaché d'une erreur de droit, dès lors que la légalité d'une autorisation d'urbanisme s'apprécie au regard des dispositions législatives et réglementaires applicables à la date de sa délivrance et que le maire, au nom de l'Etat, ne pouvait donc se fonder sur des dispositions du plan local d'urbanisme métropolitain de Nice, entrées en vigueur postérieurement à l'intervention de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable, pour retirer ladite autorisation ;

- est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dans l'application des nouvelles dispositions du plan local d'urbanisme métropolitain de Nice dès lors que le terrain d'assiette du projet n'est pas inclus dans la zone 4 de la trame verte et bleue annexée au plan et que le projet respecte les dispositions de l'article UFb8 du plan.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2021, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mars 2023 :

- le rapport de Mme A ;

- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Marti, représentant la société Patrial.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 octobre 2019, la société à responsabilité limitée (ci-après, " SARL ") Patrial a déposé une déclaration préalable de travaux en vue de l'aménagement d'un parc de stationnement et de son accès ainsi qu'une aire de stockage de conteneurs, sur un terrain situé 166 avenue Sainte Marguerite à Nice. Par un arrêté en date du 25 février 2020, le maire de la commune de Nice, au nom de l'Etat, a retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable née du silence gardé pendant plus d'un mois sur la demande de la SARL Patrial et s'est opposé à ladite déclaration. Par courrier en date du 12 août 2020, reçu le 17 août 2020, la SARL Patrial a formé un recours gracieux, lequel a été implicitement rejeté. La SARL Patrial demande au tribunal l'annulation de l'arrêté en date du 25 février 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 211-2 du même code dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". L'article L. 122-1 du même code dispose que : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ". La décision portant retrait d'une autorisation d'urbanisme est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect de la procédure ainsi prévue constitue une garantie pour le titulaire du de l'autorisation d'urbanisme que l'autorité administrative entend rapporter.

3. La SARL Patrial soutient que le délai qu'il lui a été laissé pour faire valoir ses observations était insuffisant. Il est constant que la préfecture des Alpes-Maritimes a adressé à la SARL Patrial le 17 février 2020 un courrier en date du 12 février 2020 faisant état de son intention de retirer la décision de non opposition à déclaration préalable tacitement acquise le 29 novembre 2019, indiquant le motif susceptible de fonder sa décision et l'invitant à produire ses observations dans un délai de cinq jours à compter de la réception dudit courrier. Le préfet des Alpes-Maritimes fait valoir qu'il convient également de tenir compte du délai écoulé entre la date de réception de ce courrier et l'intervention de l'arrêté litigieux. Toutefois, à supposer même, compte tenu du délai normal d'acheminement du courrier, que la SARL Patrial ait pris connaissance dudit courrier le 19 février 2020, le délai qui lui a été accordé avant l'édiction de l'arrêté portant retrait de ladite autorisation le 25 février 2020, lequel comportait, au demeurant, un samedi et un dimanche, n'était aussi que de cinq jours. Dans ces conditions, il doit être considéré que le délai laissé à la SARL Patrial était insuffisant pour lui permettre de faire valoir ses observations conformément aux dispositions précitées et qu'elle a, par suite, été privée d'une garantie.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ".

5. La légalité d'une autorisation d'urbanisme s'apprécie au regard des dispositions législatives et réglementaires applicables à la date de sa délivrance.

6. En outre, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions () ".

7. Enfin, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. " Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente ne peut surseoir à statuer que lorsque la demande d'autorisation présentée est de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan.

8. En l'espèce, il ressort de l'arrêté litigieux que, pour retirer la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable et s'opposer à ladite déclaration, le maire, au nom de l'Etat, s'est fondé sur la méconnaissance, par le projet, de l'article 2. 4 du règlement de la sous-zone UFb8 du plan local d'urbanisme métropolitain (ci-après, " PLUM ") de Nice, lequel impose, en zone 4 de la trame verte et bleue, que 75% de la superficie du terrain d'assiette soit réservée aux espaces verts dont 60% en espaces verts de pleine terre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce document d'urbanisme a été approuvé par une délibération du 25 octobre 2019 et n'est devenu opposable qu'à compter du 5 décembre 2019. Ainsi que le fait valoir à bon droit la société requérante, les dispositions du PLUM n'étaient pas encore entrées en vigueur à la date de naissance de la décision tacite de non-opposition, le 29 novembre 2019. Par suite, et dès lors que, ainsi qu'il l'a été dit au point 5, la légalité d'un permis de construire s'apprécie au regard des dispositions législatives et réglementaires applicables à la date de sa délivrance, ces nouvelles dispositions ne pouvaient être opposées à la déclaration litigieuse et justifier ainsi le retrait de l'autorisation initialement délivrée. Le préfet des Alpes-Maritimes, soutient que le projet aurait dû, à la date de la non-opposition tacite à déclaration préalable, faire l'objet d'un sursis à statuer dès lors qu'il était de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur PLUM. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que le projet en cause n'est pas conforme au PLUM, la simple contrariété du projet avec les dispositions futures du PLUM ne suffit pas à établir que ce projet en compromettrait l'exécution. Or, le préfet des Alpes-Maritimes n'apporte dans le cadre de l'instance aucun élément quant à son incidence sur l'exécution future du plan. En tout état de cause, eu égard à ce qui vient d'être dit, de telles dispositions, qui n'étaient pas entrées en vigueur à la date de naissance de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable, ne pouvaient fonder la décision d'opposition à déclaration préalable contenue dans l'arrêté litigieux en date du 25 février 2020. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté en date du 25 février 2020 est entaché d'erreur de droit.

9. Pour l'application des dispositions de l'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à justifier l'annulation de la décision contestée.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Patrial est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 février 2020, ainsi que par voie de conséquence, la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 août 2020.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 à verser à la SARL Patrial au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du maire de la commune de Nice en date du 25 février 2020 ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par la société à responsabilité limitée Patrial le 12 août 2020 sont annulés.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à la société à responsabilité limitée Patrial au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Patrial et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la commune de Nice et au préfet des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

Mme Le Guennec, conseillère,

M. Combot, conseiller,

Assistés de Mme Suner, greffière.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 13 avril 2023.

La rapporteure,

signé

B. A

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

signé

V. Suner

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions