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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2100023

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2100023

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2100023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationMagistrat M. BONHOMME
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2021, M. A B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 13 novembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de trois points sur son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 24 août 2019, a récapitulé les retraits de points antérieurs, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer dans un délai de dix jours ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les 31 mars et 24 août 2019 à 7h20 et à 7h30 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'affecter à son permis de conduire les points illégalement retirés et de lui restituer son titre de conduite dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions de retrait de points afférentes aux infractions du 24 août 2019 violent les dispositions de l'article L. 223-2 du code de la route relatives au cumul d'infractions ;

- les décisions de retrait de points afférentes aux infractions qu'il conteste ont été prises au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que ces retraits ont été décidés sans que ne soit portée à sa connaissance, lors de la constatation des infractions, la totalité des informations mentionnées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Thierry Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bonhomme, président, a été entendu au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée " 48 SI " du 13 novembre 2020, le ministre de l'intérieur, après avoir rappelé ses précédentes décisions de retrait, a constaté la perte de validité du permis de M. B pour solde de points nul et a ordonné à l'intéressé de restituer ce permis dans le délai de dix jours. Par sa requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'exception de non-lieu :

2. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision référencée " 48 SI ", en tant qu'elle porte invalidation du permis de conduire de M. B et injonction de le restituer, et aux décisions portant retrait de six et trois points suite aux infractions du 24 août 2019 à 7h20 et 7h30, ne figurent plus sur le relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer et édité en cours d'instance le 26 février 2021, qui fait apparaître un solde positif avec trois points sur dix. Dès lors, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, cette mesure d'invalidation et les décisions de retrait de points. En conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " et des décisions portant retrait de six et trois points suite aux infractions du 24 août 2019 à 7h20 et 7h30 contestées sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Le ministre de l'intérieur est donc fondé à soutenir qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de retrait de 3 points suite à l'infraction du 31 mars 2019 :

S'agissant du moyen tiré du défaut d'information préalable :

3. En application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lors de la contestation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points, si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.

4. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

5. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 31 mars 2019 a été relevée par procès-verbal électronique et a donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire par M. B postérieurement à la date de constatation de l'infraction. Par suite, dès lors que M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer que l'avis de contravention qu'il a nécessairement reçu ne contenait pas l'intégralité des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route, il doit être regardé comme ayant été destinataire de ces informations et n'est par suite par fondé à soutenir que la décision de retrait de trois points consécutive à cette infraction aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. La présente décision, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions mentionnées ci-dessus doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision d'invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul prise le 13 novembre 2020, ainsi que sur les conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de six et trois points suite aux infractions commises le 24 août 2019 à 7h20 et 7h30.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

T. BONHOMMELa greffière,

Signé

O. MOULOUD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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