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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101065

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101065

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme Chevalier Aubert
Avocat requérantDESFARGES PIERRE-HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête, enregistrée le 25 février 2021, Mme C B, représentée A Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2020 portant notification d'une dette relative à la prime exceptionnelle de fin d'année pour les années 2018 et 2019, d'un montant chacune de 152,45 euros, ensemble la décision implicite A laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAF) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre cette décision ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de remboursement de la prime exceptionnelle au titre des années 2018 et 2019 ;

3°) de mettre à la charge de la CAF des Alpes-Maritimes une somme de 1 500 euros à payer à son avocat, Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation A ce dernier du bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'un recours administratif a été effectué contre une décision faisant grief ;

- la décision litigieuse, qui a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, ne comporte pas, les informations prévues A l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui l'a privée d'une garantie ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors les conditions d'attribution de la prime exceptionnelle sont incontestablement réunies.

A un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2021, la caisse d'allocation familiales des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués A Mme B n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 26 novembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier-Aubert, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R.222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une opération de contrôle diligentée au domicile de Mme B A les services de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Alpes-Maritimes, le contrôleur assermenté a constaté, dans un rapport en date du 20 décembre 2019, après échanges contradictoires avec l'allocataire, que l'intéressée n'avait pas déclaré la totalité de ses revenus sur les déclarations semestrielles (DTR RSA). La CAF des Alpes-Maritimes a régularisé sa situation en conséquence et a informé l'intéressée A lettre simple du 8 février 2020 et A lettre sous pli recommandé du 11 février 2020, de l'existence d'un indu correspondant aux primes exceptionnelles de fin d'année pour les années 2018 (ING 001) et 2019 (ING 002). Mme B a contesté les indus relatifs aux primes exceptionnelles de fin d'année A un recours administratif préalable obligatoire en date du 19 juin 2020 adressé à la CAF des Alpes-Maritimes. A une décision implicite, le directeur de la CAF a rejeté son recours administratif. A la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 11 février 2020 portant notification d'une dette relative à la prime exceptionnelle de fin d'année pour les années 2018 et 2019 ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux contre cette décision. Elle demande en outre que la décharge des sommes litigieuses soit prononcée.

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise à la suite du rapport de contrôle du 20 décembre 2019 de l'agent assermenté de la CAF des Alpes-Maritimes. A suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées A les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient seulement, au demeurant, leur communication à tout intéressé qui en ferait la demande, ne peut qu'être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises A les organismes de sécurité sociale et A l'institution visée à l'article L. 5312-1 du code du travail, sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction ".

4. La décision attaquée mettant à la charge de Mme B des sommes correspondant à des indus relatifs aux primes exceptionnelles de fin d'année a été prise A la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Il résulte des dispositions du b) du 1° du I de l'article R. 111-1 du code de la sécurité sociale que cette caisse est un organisme de sécurité sociale. En outre, cette décision n'a pas le caractère d'une sanction. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables à cette décision et le moyen tiré de leur méconnaissance est, A suite, inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée A le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision A laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide personnalisée au logement est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, A suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

6. En l'espèce, la décision attaquée précise que l'intéressée a reçu la prime exceptionnelle de fin d'année 2018 et 2019 d'un montant de 152,45 euros alors qu'elle n'y avait pas droit, que pour la recevoir il faut être bénéficiaire au titre du mois de novembre ou décembre 2018 et 2019 d'un droit au revenu de solidarité active (RSA). En outre, la décision attaquée mentionne également le motif du bien-fondé de l'indu, tiré de ce qu'à la suite d'un rapport de contrôle établi le 20 décembre 2019 A un enquêteur assermenté, il est apparu que Mme B n'a pas mentionné dans ses déclarations de ressources trimestrielles les sommes portées au crédit de son compte bancaire depuis novembre 2016, les aides financières perçues depuis décembre 2016 et les intérêts de l'argent placé qui lui ont permis de bénéficier des aides en cause qui, dans le contexte allégué, lui ont été indûment versées pour les mois de décembre 2018 et décembre 2019. Dans ces conditions, la décision, qui comporte des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, est suffisamment motivée. A suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

7. En quatrième lieu, il ressort du rapport d'enquête du 20 décembre 2019, établi A un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, que l'intéressée n'a pas déclaré dans les DTR RSA la totalité de ses ressources et qu'après une régularisation de son dossier, il est apparu qu'elle avait perçu un indu de RSA et des indus de primes exceptionnelles de fin d'année. Il résulte également de l'instruction et notamment de deux courriers relatifs à la prime exceptionnelle en date du 8 février 2020 produits en défense que Mme B n'était plus bénéficiaire du RSA pour les mois de décembre 2018 et 2019, ce qu'elle ne conteste pas dans le cadre de la présente instance. Le rapport du 20 décembre 2019, qui lui a été communiqué dans le cadre de la présente instance et dont la copie lui a également été envoyée les 19 juin et 24 août 2020, n'a pas suscité d'observations en réponse de sa part. A suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ne sont pas fondés et doivent être écartés.

Sur les conclusions à fin de décharge des indus de primes exceptionnelles de fin d'année pour 2018 et pour 2019 :

8. A la présente requête, Mme B ne formant pas opposition à des titres de recette, n'est pas recevable à demander la décharge du paiement des indus de prime exceptionnelle de fin d'année.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 28 février 2023.

La magistrate désignée,

signé

V. D

La greffière,

signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou A délégation la greffière.

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