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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101188

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101188

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101188
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantLAWTEC - SOCIÉTÉ D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 mars 2021, le 5 octobre 2022 et le 30 novembre 2022, la SCI du 31 des Fades, représentée par Me Zago, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2020 par lequel le maire de la commune du Cannet a refusé de lui délivrer le permis de construire n° PC 00603019C0072 pour la création d'un entrepôt sur deux niveaux avec parking extérieur et régulation de constructions du bâtiment E sur le lot A, démolition de deux garages, dalles et bordures béton ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune du Cannet de lui délivrer le permis de construire sollicité et de réinscrire sa demande ;

3°) de mettre à la charge de la commune du Cannet la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- le motif du refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-15 du code de l'urbanisme est erroné ;

- le motif du refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme est erroné ;

- le motif du refus fondé sur la méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme est erroné ;

- le motif du refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est erroné.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 août 2022 et le 7 novembre 2022, la commune du Cannet, représentée par Me Orlandini, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCI requérante la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCI du 31 des Fades ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 2 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,

- et les observations de MeAbouelhaja, représentant SCI du 31 des Fades, et de Me Gadd, représentant la commune du Cannet.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI du 31 des Fades est propriétaire d'une parcelle cadastrée section AH

n° 0210 située au n° 31 chemin des Fades au Cannet. Par une demande du 7 novembre 2019, complétée en dernier lieu le 10 septembre 2020, elle a sollicité un permis de construire pour la création d'un entrepôt sur deux niveaux avec parking extérieur et régularisation de constructions du bâtiment E sur le lot A, démolition de deux garages, dalles et bordures béton. Par un arrêté du 30 septembre 2020, le maire de la commune du Cannet a refusé de délivrer ce permis de construire. Par un courrier du 29 octobre 2020, la SCI du 31 des Fades a formé un recours gracieux auprès du maire qui l'a implicitement rejeté. Par la présente requête, la SCI du 31 des Fades demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2020.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 20/0860 du 28 mai 2020, qui a été affiché en mairie le 8 juin 2020 et transmis à la préfecture le même jour, Mme B A, adjointe au maire, a reçu délégation du maire du Cannet pour signer tout acte relatif aux procédures régies par le code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence manque en fait et doit donc être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-15 du code de l'urbanisme : " Une distance d'au moins trois mètres peut être imposée entre deux bâtiments non contigus situés sur un terrain appartenant au même propriétaire. ". Aux termes du troisième alinéa de l'article

R. 111-1 de ce même code : " Les termes utilisés par le règlement national d'urbanisme peuvent être définis par un lexique national d'urbanisme, pris par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme ". Selon ce lexique national d'urbanisme, " un bâtiment est une construction couverte et close ". Aux termes de ce même lexique : " () Sont considérées comme contigües les constructions accolées l'une avec l'autre () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet de permis de construire litigieux prévoit notamment la construction d'un entrepôt sur deux niveaux pour le stockage de matériels et d'engins de construction. Cette construction durable, couverte et close constitue un bâtiment au sens des dispositions précitées du règlement national d'urbanisme. Par ailleurs, il est constant que l'entrepôt projeté sera situé à une distance de moins d'un mètre du bâtiment C existant sans que ces deux bâtiments ne soient reliés par aucun élément architectural. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la SCI requérante, dès lors que ces bâtiments ne sont pas accolés, ils ne peuvent être considérés comme contigus. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire du Cannet, qui dispose d'un large pouvoir d'appréciation, se serait estimé en situation de compétence liée.

5. Par suite, le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-15 du code de l'urbanisme retenu par l'arrêté litigieux est fondé et pouvait dès lors, à lui seul, justifier le refus de permis de construire opposé par la commune du Cannet.

Sur les frais liés au litige :

1.

2.

3.

4.

5.

6.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune du Cannet qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI du 31 des Fades la somme de 1 000 euros à verser à la commune du Cannet au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI du 31 des Fades est rejetée.

Article 2 : La SCI du 31 des Fades versera à la commune du Cannet la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI du 31 des Fades et à la commune du Cannet.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

Mme Chaumont, conseillère,

assistés de Mme Antoine, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F. PASCALLa greffière,

signé

B-P ANTOINE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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