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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101295

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101295

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationMagistrat M. BONHOMME
Avocat requérantJAIDANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 mars et 19 avril 2021, Mme B C, représentée par Me Jaidane demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une interdiction administrative de conduire en France pour une durée de quatre mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'auteur de l'acte est incompétent ;

- il est entaché d'une erreur matérielle sur le destinataire de l'acte ;

- il est entaché d'une erreur de droit car en l'absence de procès-verbal établi concurremment à la prétendue commission de l'infraction, elle ne peut vérifier l'exactitude des faits allégués et l'utilisation d'un appareil homologué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2021, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Thierry Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. E, aucune des parties n'étant présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 février 2021 à 16h40, Mme C s'est rendu coupable de conduire un véhicule avec un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse autorisée, soit 114 km/h au lieu de 70 km/h. Une mesure de rétention de son permis de conduire a été prise à son encontre. Le préfet des Alpes-Maritimes a pris le 17 février suivant un arrêté portant interdiction administrative de conduire sur le territoire français pour une durée de quatre mois. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'annulation :

2. Par un arrêté du 14 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Alpes-Maritimes a donné délégation de signature à Mme D A, cheffe du bureau de la sécurité et de l'ordre publics, pour signer notamment les arrêtés de suspension et de retrait d'un permis de conduire et d'interdiction de conduire en France. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué du 17 février 2021, signé par Mme A, aurait été pris par une autorité incompétente.

3. La circonstance que, du fait d'erreurs de plume, l'arrêté attaqué mentionne M. C B puis C Zined au lieu de Mme C ne saurait entacher d'illégalité cette décision.

4. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1 () prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : / () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué () ". Les décisions de suspension de permis de conduire prononcées sur le fondement de ces dispositions constituent des mesures de police administrative prises, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, par le représentant de l'Etat dans le département où l'infraction a été commise.

5. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de faire figurer, dans l'avis de rétention d'un permis de conduire, des informations relatives au cinémomètre ayant relevé l'infraction. En tout état de cause, en l'espèce, l'avis de rétention du permis du 16 février 2021 versé aux débats par le ministre de l'intérieur, rédigé par un agent de police judiciaire et signé par la requérante, qui, selon l'article 537 du code de procédure pénale, fait " foi jusqu'à preuve contraire ", indique que l'excès de vitesse a été constaté " par un appareil homologué ". Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le dépassement de vitesse a été constaté par un appareil de marque Mercure, de type Ultralyte LR, n° de série 13310, vérifié en dernier lieu le 17 juillet 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle attaque.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie pour information sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

T. ELa greffière,

Signé

O. MOULOUD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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