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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101366

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101366

mercredi 31 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101366
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M. BONHOMME
Avocat requérantINGWER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 mars, 12 mai 2021 et 24 mai 2021, M. A B, représenté par Me Ingwer, demande au tribunal d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire relatif à sa demande de révision de pension militaire d'invalidité pour des séquelles de fracture du coude gauche et de fracture articulaire complexe de l'extrémité inférieure du radius gauche.

Il soutient que ses deux infirmités, ayant donné lieu à l'obtention d'une pension militaire d'invalidité au taux de 35% à compter du 1er février 2009, se sont aggravées.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 avril et 16 juillet 2021, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- subsidiairement les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 juillet 2021.

Par une ordonnance du 16 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 juin 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 janvier 2024 :

- le rapport de M. Bonhomme, président ;

- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été appelé à l'activité militaire légale du 1er avril 1974 au 1er février 1975 et est entré en service le 7 décembre 1976 en qualité d'engagé volontaire au titre de la gendarmerie, puis a été rayé des cadres le 1er février 2009 au grade d'adjudant. Par un arrêté du 9 février 2009, l'intéressé a été bénéficiaire d'une pension militaire d'invalidité au taux global de 35%, dont 20% pour des séquelles de fracture du coude gauche ainsi que 10% et 5% pour des séquelles de fracture articulaire complexe de l'extrémité inférieure du radius gauche. Par une demande enregistrée le 26 février 2018, M. B a demandé la révision de sa pension en raison d'une aggravation de ses séquelles. Par une décision du 8 novembre 2019, le ministre des armées a rejeté sa demande au motif qu'aucune aggravation n'a été constatée après expertise médicale réglementaire. M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire le 30 septembre 2020 auprès de la commission de recours de l'invalidité, laquelle l'a rejeté par une décision du 30 septembre 2020. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service ". Aux termes de l'article L. 125-1 du même code : " Le taux d'invalidité reconnu à chaque infirmité examinée couvre l'ensemble des troubles fonctionnels et l'atteinte à l'état général ". L'article L. 151-6 du même code dispose que : " La décision comportant attribution de pension est motivée. Elle fait ressortir les faits et documents ou les raisons d'ordre médical établissant que l'infirmité provient de l'une des causes mentionnées à l'article L. 121-1 ou, lorsque la pension est attribuée par présomption, le droit de l'intéressé à cette présomption. Elle est accompagnée en outre, d'une évaluation de l'invalidité qui doit être motivée par des raisons médicales et comporter le diagnostic de l'infirmité et sa description complète, faisant ressortir la gêne fonctionnelle et, s'il y a lieu, l'atteinte à l'état général qui justifie le pourcentage attribué ". Aux termes de l'article L. 154-1 dudit code : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. Cette demande est recevable sans condition de délai. La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. La pension définitive révisée est concédée à titre définitif ".

3. En l'espèce, M. B soutient que ses séquelles se sont aggravées. Le certificat de son médecin généraliste du 20 février 2018 indique que l'état de santé de l'intéressé nécessite une réévaluation de son niveau de séquelle et les radiographies du coude et du poignet gauche du 13 février 2018 précisent notamment une séquelle traumatique radiale avec une évolution arthrosique radiocarpienne. Toutefois, il résulte de l'instruction que le médecin conseil expert chargé des pensions militaires d'invalidité, dans son avis du 23 septembre 2019, rendu après le certificat du médecin généraliste, a constaté que, concernant les deux séquelles, l'examen clinique se superposait au précédent et justifiait, à ce titre, le maintien du précédent taux attribué. Si le requérant indique que les séquelles se sont aggravées, il ne verse aux débats aucune pièce médicale de nature à contredire l'avis du médecin chargé des pensions, et ne justifie pas que l'ensemble de ses infirmités est supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le ministre des armées, que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

T. BONHOMMELa greffière,

Signé

M.L. DAVERIO

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

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