jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M. BONHOMME |
| Avocat requérant | SCP A.B.C.G. (ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE ROMAND) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2021, M. D B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retrait de points sur son permis de conduire prises suite à des infractions au code de la route, la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a mis fin à la validité de son permis de conduire pour solde de point nul, et la décision résultant du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux reçu le 21 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer sous quinzaine son permis de conduire au capital reconstitué ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision mettant fin à la validité de son permis de conduire pour solde de points nul n'a pas tenu compte du stage de sensibilisation effectué ;
- il n'a pas bénéficié de l'information préalable requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre une décision 48 SI en tant qu'elle aurait invalidé le permis de conduire du requérant, contre l'infraction commise le 21 juillet 2018 et le défaut de prise en compte du stage réalisé les 28 et 29 août 2020 sont sans objet ;
- les autres moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre une décision référencée 48SI, dès lors qu'aucune décision n'a été inscrite au fichier depuis 2015 et que le solde de points concernant le permis du requérant est positif.
Le 12 décembre 2022, M. B A a présenté des observations en réponse à la communication du moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Thierry Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 16 mars 2023, le rapport de M. C, aucune des parties n'étant présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis entre le 29 juillet 2016 et le 14 novembre 2019 diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points sur son permis de conduire. Par sa requête, il demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a mis fin à la validité de son permis de conduire pour solde de point nul, la décision résultant du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux du 21 décembre 2020 ainsi que les décisions antérieures de retrait de points relatives aux infractions constatées.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur et édité le 17 juin 2021, qu'aucune décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire de M. B A et injonction de le restituer n'a été inscrite dans son dossier depuis 2015, que son stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 28 et 29 août 2020 a été enregistré et qu'il a bénéficié à ce titre d'un ajout de quatre points le 18 décembre 2020, soit antérieurement à la date d'introduction de sa requête, que le solde de points est positif et est crédité de trois points sur douze. En conséquence, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que les conclusions tendant à l'annulation d'une décision " 48 SI " sont sans objet. Elles sont, par suite, irrecevables. L'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur doit être écartée.
Sur le défaut d'information préalable aux retraits de points :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ". Aux termes de l'article L. 223-3 de ce code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ".
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
S'agissant des infractions constatées les 28 juillet et 14 novembre 2019 :
5. Le II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 de ce code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". Enfin, en vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
6. Lorsqu'une infraction entraînant retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme aux dispositions exposées au point précédent, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
7. Il résulte de l'instruction, notamment des pièces versées au débat par le défendeur, que M. B A a, lors des procès-verbaux concernant les infractions constatées les 28 juillet et 14 novembre 2019, apposé sa signature sur les pages écran mentionnées au point précédent. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme apportant la preuve que le requérant avait reçu les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions constatées les 6 et 16 octobre 2017 :
8. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En vertu des dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu des mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
9. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé intégral d'information et des attestations de paiement établies par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes, que M. B A a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions des 6 et 16 octobre 2017. L'intéressé n'allègue pas avoir reçu des avis d'amende forfaitaire majorée inexacts ou incomplets. Dans ces conditions, l'obligation de l'information requise par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être regardée comme remplie.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas bénéficié de l'information préalable légalement requise au titre des retraits de points restant inscrits dans le relevé d'information intégral le concernant. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que celles présentées au titre des articles L. et R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
T. CLe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026