jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET STEMMER-BRICE-FOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mars, 24 avril, 19 mai, 10 septembre 2021 et 29 août 2023, M. A B, représenté par Me Four, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2020 par lequel le maire de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société civile immobilière Bay-Invest, portant sur la rénovation d'une villa implantée sur la parcelle cadastrée section KH n°89 située 11 boulevard princesse C à Nice, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux du 7 décembre 2020 née du silence gardé par le maire de Nice sur ce recours ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Nice et de la société civile immobilière Bay-Invest la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué de non-opposition à déclaration préalable est entaché d'un vice de procédure du fait de l'absence de consultation du service départemental d'incendie et de secours ;
- le dossier de la déclaration préalable litigieuse est incomplet en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-10, R. 431-14 et R. 431-36 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 2.1.1 de la zone UDh du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatives aux règles d'emprise au sol ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.3.2 de la zone UDh du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que le projet litigieux n'est pas conforme au style architectural original et avoisinant ;
- il n'est pas conforme aux règles de stationnement imposées par le règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur dès lors qu'il n'est pas démontré que la création d'une deuxième aire de stationnement est techniquement réalisable ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 3.1 de la zone UDh du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatives aux conditions de desserte par les voies publiques ou privées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, la société civile immobilière Bay-Invest, prise en la personne de son gérant en exercice, représentée par Me Governatori, conclut à l'irrecevabilité de la requête.
La société pétitionnaire fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- la requête introductive d'instance ne contenait l'exposé d'aucune motivation en droit et en fait et n'a fait l'objet d'aucune régularisation dans le délai de recours contentieux ;
- la requêté n'a pas été accompagnée de l'arrêté attaqué ;
- le requérant ne justifie pas avoir accompli, dans des conditions régulières, les formalités prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête n'est pas exclusivement rédigée en langue française ;
- les pièces transmises par le requérant à l'occasion du dépôt de sa requête introductive d'instance et celles transmises le 6 avril 2021 ne sont pas numérotées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, la commune de Nice, prise en la personne de son maire en exercice, conclut principalement à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond.
La commune fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne contenait l'exposé d'aucune motivation en droit et en fait et n'a fait l'objet d'aucune régularisation dans le délai de recours contentieux, que le requérant ne justifie pas avoir accompli, dans des conditions régulières, les formalités prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et que le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- les observations de Me Four, représentant M. B,
- et les observations de Me Lefebvre, représentant la société Bay-Invest.
Deux notes en délibéré présentées par M. B ont été enregistrées les 12 et
21 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 novembre 2020, le maire de la commune de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n°DP0608820S0885, déposée le 30 juillet 2020 par la société civile immobilière (ci-après, " SCI ") " Bay-Invest " en vue de la rénovation d'une villa implantée sur la parcelle cadastrée section KH n°89 située 11 boulevard princesse C à Nice. Par un courriel du 7 décembre 2020, complété par un second courriel du 29 janvier 2021, M. B, propriétaire d'une parcelle voisine, a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui est toutefois resté sans réponse de la part du maire de Nice. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 20 novembre 2020, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'accomplissement dans des conditions régulières des formalités imposées par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme soulevées par la commune de Nice :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation (). L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ". En outre, aux termes de l'article R. 424-15 de ce même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. / () ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme que les requérants qui forment un recours contentieux à l'encontre d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol doivent notifier une copie intégrale du recours ou une lettre qui reprend intégralement l'exposé des faits, moyens et conclusions de ce recours, à l'auteur de la décision ainsi qu'au titulaire de l'autorisation d'urbanisme dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de la requête. Il appartient au juge, au besoin d'office, de rejeter le recours comme irrecevable, lorsque son auteur n'a pas justifié de l'accomplissement des formalités requises par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme par la production de ces documents ou de documents présentant des garanties équivalentes.
4. En l'espèce, et d'une part, par une lettre du 14 juin 2021, dont il a été accusé de la réception le même jour, M. B a été invité par le tribunal à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en justifiant de la notification, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, de son recours gracieux et de son recours contentieux. En réponse à cette lettre ainsi qu'aux fins de non-recevoir soulevées, en ce sens, tant par la société pétitionnaire que par la commune de Nice, le requérant a produit la justification de cette notification, dans les conditions ainsi prévues, de son recours gracieux. S'il justifie également de la notification régulière de son recours contentieux, enregistré le 28 mars 2021, à la SCI Bay-Invest, il ne produit toutefois, s'agissant de la commune de Nice, qu'un courriel adressé le 29 mars 2021 à cette dernière faisant état du fait que " le recours est désormais déposé devant le tribunal administratif de Nice ". Un tel courriel ne peut toutefois être assimilé, en l'absence d'élément établissant que le recours y était joint et que son destinataire l'avait reçu, à un document présentant des garanties équivalentes à celles exigées par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
5. D'autre part, si l'absence, sur l'affichage de la déclaration préalable sur le terrain, de la mention de l'obligation de notification en méconnaissance de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, fait obstacle à ce que soit opposée à l'auteur du recours l'irrecevabilité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, il ne ressort pas des pièces du dossier que les dispositions de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme auraient été méconnues en l'espèce ou même que la réalité et les mentions de l'affichage de la déclaration préalable auraient été contestées par le requérant, lequel a pourtant été invité, tant par le tribunal qu'au moyen des fins de non-recevoir soulevées dans le cadre de cette instance, à justifier qu'il a régulièrement procédé aux formalités de notification prévues par l'article R. 600-1. En tout état de cause, il ressort de la photographie produite par le requérant lui-même lors du dépôt de sa requête introductive d'instance, que le panneau d'affichage de la déclaration préalable litigieuse mentionnait bien l'obligation de notification des recours gracieux et contentieux.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Nice est fondée à soutenir que le requérant ne justifie pas avoir accompli régulièrement les formalités prescrites par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit solidairement mis à la charge de la commune de Nice et de la société pétitionnaire, qui ne sont pas les parties perdantes dans cette instance, le versement au requérant d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Nice et à la société civile immobilière Bay-Invest.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2101724
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026