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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101729

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101729

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101729
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme Chevalier Aubert
Avocat requérantJAIDANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2021, Mme C A représentée par Me Jaidane, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours gracieux portant sur une demande d'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " ;

3°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui délivrer la carte mobilité inclusion mention " stationnement " ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a été victime d'un accident de la voie publique le 17 mars 2019 ;

- elle remplit les conditions pour se voir délivrer la carte mobilité inclusion mention " stationnement ".

Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2022, le département des Alpes-Maritimes représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête de Mme A.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par Mme A n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R.241-12- et R.241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier-Aubert, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R.222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme D,

- et les observations de Mme B, représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a sollicité le 24 juillet 2019, l'attribution d'une carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement " auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Alpes-Maritimes. Cette demande a été rejetée par une décision du 28 janvier 2020. La requérante a formé un recours gracieux contre cette décision le 18 février 2020. Par une décision en date du 28 juillet 2020, le département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre de la décision du 28 janvier 2020 portant refus de l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes du I de l'article L.241-3 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L.241-6, de la commission mentionnée à l'article L.146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée () 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Aux termes du IV de l'article R.241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements extérieurs ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R.241-12-1 e R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité [] Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ()3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées ", c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

4. Pour contester le bien-fondé de la décision en litige, la requérante se borne à soutenir que suite à un accident de la voie publique le 17 mars 2019, elle a perdu son autonomie dans ses déplacements extérieurs nécessitant l'aide permanente de son époux et qu'ultérieurement à l'accident elle a eu des complications telles que des douleurs importantes et permanentes. Elle produit également un certificat d'un médecin du 10 mars 2021 qui fait état qu'elle " n'est pas en mesure de s'occuper sans aide humaine des travaux ménagers, de ses courses et ne se déplace que de façon réduite à l'extérieur ".

5. Il ressort du compte rendu d'évaluation du médecin référent du pôle adulte de la maison départementale des personnes handicapées des Alpes-Maritimes que Mme A présente des douleurs du rachis lombaire irradiant la jambe droite nécessitant le port d'une ceinture lombaire, ainsi que des douleurs dans le cou suite à un accident de la voie publique en mars 2019. Cependant, d'après les éléments médicaux produits par Mme A, le médecin a relevé que la marche est autonome, sans nécessité d'aide technique, le périmètre de marche est supérieur à 200 mètres. La marche est réalisée avec difficultés mais sans aide humaine. Il n'y a pas besoin d'un accompagnement par une tierce personne permanente. Par suite, Mme A, qui ne conteste pas utilement ces éléments, n'établit pas que son état de santé justifie la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation entachant la décision en litige doit, dès lors, être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par Mme A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.

La magistrate désignée,

signé

V. D

La greffière,

signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière.

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