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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101864

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101864

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101864
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantLARIDAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. - Par un arrêt n° 20MA04193 du 29 mars 2021, la cour administrative d'appel de Marseille a, d'une part, annulé l'ordonnance n° 2003697 du 24 septembre 2020 de la présidente du tribunal administratif de Nice et, d'autre part, renvoyé l'affaire devant ledit tribunal.

Par une requête initialement enregistrée sous le n° 2003697 le 16 septembre 2020, puis sous le n° 2101893 le 29 mars 2021 après le renvoi de la cour administrative d'appel de Marseille, et trois mémoires complémentaires enregistrés les 24 juin 2021, 13 octobre et 5 décembre 2022, puis, enfin, un mémoire récapitulatif enregistré le 19 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. C D demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2019 par laquelle, le président de l'Université Côte d'Azur a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie contractée en service et l'a placé en congé de longue maladie ;

2°) d'enjoindre au président de l'Université Côte d'Azur de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie à compter du 2 octobre 2017, avec un taux d'IPP de 30 %, de régulariser en conséquence, sa situation administrative en maintenant son plein traitement et primes à compter de cette date, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, passé ce délai ;

3°) de condamner l'Université Côte d'Azur à lui verser la somme de 20 000 euros, au titre du préjudice psychologique et du préjudice moral subis du fait de l'absence de protection apportée depuis, a minima, le mois de mai 2014 ;

4°) de mettre à la charge de l'Université Côte d'Azur la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son recours est recevable ;

- la composition de la commission de réforme était irrégulière en ce qu'elle ne comprenait qu'un seul délégué du personnel et aucun spécialiste de son affection ;

- la commission de réforme n'a pas tenu compte du rapport favorable du sur-expert spécialiste agréé ;

- le directeur des ressources humaines a participé à cette commission, alors qu'il est directement intéressé à l'affaire ;

- la commission de réforme n'a pas motivé son avis, lequel est, dès lors, irrégulier ;

- la décision du 18 décembre 2019 est illégale par voie d'exception de l'illégalité de l'avis de la commission de réforme, en ce que cette dernière, qui forme avec la première une opération complexe, est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision du 18 décembre 2019 est entachée d'un défaut de motivation ;

- la mention dans la décision du 18 décembre 2019, de l'avis défavorable émis " selon les médecins de la commission de réforme ", est erronée, dès lors que le médecin de prévention, membre de la commission, a rendu un avis favorable ;

- l'unicité du lien entre le service et la maladie n'est pas exigée pour la reconnaissance de l'imputabilité au service, de sorte que la décision du 18 décembre 2019 est entachée d'une erreur de droit ;

- cette décision a été obtenue par fraude ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- il a été victime de faits de harcèlement moral à l'origine d'un préjudice moral et d'un préjudice psychologique ;

- l'Université Côte d'Azur n'a pas prévenu les risques professionnels liés aux agissements de harcèlement moral dont il a fait l'objet ;

- la responsabilité de l'Université Côte d'Azur doit ainsi être engagée, et il est fondé à demander le versement de la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 13 juillet et 15 novembre 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 19 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R.611-8-1 du code de justice administrative, l'Université Côte d'Azur, représentée par Me Laridan, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 4 500 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

1°) à titre principal :

- les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission de réforme du 28 novembre 2019 sont irrecevables, dès lors qu'elles sont dirigées contre un avis insusceptible de recours contentieux ;

- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 décembre 2019 sont irrecevables en raison de leur forclusion ;

2°) à titre subsidiaire :

- les moyens soulevés par M. D à l'appui de ses conclusions d'annulation sont infondés ;

- les conclusions indemnitaires doivent être rejetées, dès lors que les moyens soulevés sont infondés.

Un mémoire présenté par M. D a été enregistré le 2 février 2023 et n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 20 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 février 2023.

II. - Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés sous le n° 2101864 les 4 avril 2021, 13 octobre et 5 décembre 2022, puis, enfin, un mémoire récapitulatif enregistré le 5 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. C D formule, dans le dernier état de ses écritures, les mêmes prétentions que dans sa requête enregistrée sous le n°2101893, et demande en outre au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 7 octobre et 12 novembre 2020 par lesquels le président de l'Université Côte d'Azur l'a placé en congé de longue maladie ;

2°) de signaler au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale les faits de faux en écriture publique et de tentative d'abus de faiblesse.

Il soutient que :

- son recours est recevable ;

- l'avis de la commission de réforme n'est pas motivé ;

- la composition de la commission de réforme était irrégulière en ce qu'elle ne comprenait qu'un seul délégué du personnel et aucun spécialiste de son affection ;

- le directeur des ressources humaines a participé à cette commission, alors qu'il est directement intéressé à l'affaire ;

- la décision du 18 décembre 2019 n'est pas motivée ;

- la mention, dans la décision du 18 décembre 2019, de l'avis défavorable émis " selon les médecins de la commission de réforme " est erronée, dès lors que le médecin de prévention, membre de la commission, a rendu un avis favorable ;

- l'unicité du lien entre le service et la maladie n'est pas exigée pour la reconnaissance de l'imputabilité au service, de sorte que la décision du 18 décembre 2019 est entachée d'une erreur de droit ;

- cette décision a été obtenue par fraude ; la mise en congé de longue maladie par cette décision du 18 décembre 2019, en l'absence de toute procédure légale, est une preuve de cette volonté de frauder ;

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- les arrêtés le plaçant en congé de longue maladie sont illégaux par voie d'exception de l'illégalité de l'avis de la commission de réforme du 28 novembre 2019 ;

- les arrêtés le plaçant en congé de longue maladie sont illégaux par voie d'exception de l'illégalité de la décision du 18 décembre 2019 ;

- ces arrêtés sont entachés d'un défaut de motivation ;

- ces arrêtés ont été pris en méconnaissance des articles 7 et 34 du décret n°86-442 du 14 mars 1986, en ce que ni lui, ni le responsable du service de médecine de prévention, n'ont été informés d'une réunion du comité médical départemental après le 7 mai 2019 et n'ont, ainsi, pas eu la possibilité de transmettre des observations ;

- il n'a pas été informé de la tenue d'une séance du comité médical départemental le 18 décembre 2019 pour l'examen d'un dossier de congé de longue maladie qui n'a d'ailleurs jamais eu lieu ;

- l'université l'a mis en congé de longue maladie d'office conformément à l'article 35 du décret du 14 mars 1986 ; il n'a pas requis un tel placement après le 18 juin 2018 ou après le 7 mai 2019 ;

- les arrêtés litigieux sont entachés de fraude et les mentions erronées qui y figurent sont constitutives d'un faux en écriture publique et traduisent une tentative d'abus de faiblesse ;

- il a été victime de faits de harcèlement moral à l'origine d'un préjudice moral et d'un préjudice psychologique ;

- il n'a commis aucun fait personnel et aucune autre circonstance particulière n'est de nature à détacher la survenance ou l'aggravation de sa maladie du service ;

- l'Université Côte d'Azur n'a pas prévenu les risques professionnels liés aux agissements de harcèlement moral dont il a fait l'objet ;

- la responsabilité de l'Université Côte d'Azur doit, ainsi, être engagée, et il est fondé à demander le versement de la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet et 15 novembre 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 5 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, l'Université Côte d'Azur, représentée par Me Laridan, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 800 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 décembre 2019 sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;

- les conclusions à fin d'injonction tendant à ce que le tribunal enjoigne à l'université de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie sont irrecevables ;

- les conclusions à fin d'injonction tendant à ce que le tribunal enjoigne à l'université de verser le complément à 100% de la rémunération depuis le 3 octobre 2017 ainsi que des primes d'enseignement supérieur et de recherche, sont imprécises et sans lien avec l'objet du litige

- les moyens de légalité interne soulevés contre les arrêtés des 7 octobre et 12 novembre 2020 sont irrecevables en ce qu'ils relèvent d'une cause juridique distincte de ceux qui ont été soulevés avant l'expiration du délai de recours ;

- l'exception d'illégalité de la décision du 18 décembre 2019 et de l'avis de la commission de réforme du 28 novembre 2019 est inopérante ;

- le moyen tiré du défaut de motivation des arrêtés plaçant M. D en congé de longue maladie est inopérant ;

- les autres moyens de légalité soulevés sont infondés ;

- les conclusions indemnitaires doivent être rejetées, dès lors que les moyens soulevés sont infondés.

Un mémoire présenté par M. D a été enregistré le 19 janvier 2023 et n'a pas été communiqué en vertu des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.

III. - Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés sous le n° 2104220 les 2 août 2021, 13 octobre et 5 décembre 2022, puis, enfin, un mémoire récapitulatif enregistré le 5 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. C D formule, dans le dernier état de ses écritures, les mêmes prétentions que dans sa requête enregistrée sous le n° 2101864, et demande en outre au tribunal d'annuler les arrêtés du 4 juin 2021 par lesquels, le président de l'Université Côte d'Azur l'a placé en congé de longue maladie.

Il soutient les mêmes moyens que dans la requête enregistrée sous le n° 2101864.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 13 juillet et 15 novembre 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 5 janvier 2023, produit sur l'invitation du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, l'Université Côte d'Azur, représentée par Me Laridan, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 800 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes moyens de défense que dans la procédure enregistrée sous le n° 2101864.

Un mémoire présenté par M. D a été enregistré le 19 janvier 2023 et n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 :

- le rapport de Mme Gazeau,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de M. D, et de Me Ratouit, représentant l'Université Côte d'Azur.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, maître de conférences à l'Université de Côte d'Azur, a demandé le 14 novembre 2017 que la pathologie dont il souffre soit reconnue imputable au service et a également sollicité l'attribution d'un congé de longue maladie. Par une décision du 18 décembre 2019, le président de l'Université a rejeté cette demande et, par des arrêtés en date des 7 octobre, 12 novembre 2020 et 4 juin 2021, a placé l'intéressé en congé de longue maladie. M. D a présenté, le 21 février 2020, un recours gracieux contre la décision du 18 décembre 2019 qui a été rejeté implicitement par le président de l'Université. Le 15 juin 2020, M. D a demandé au président de l'Université la communication des motifs du rejet de son recours gracieux. Par une demande présentée le 16 septembre 2020 devant le tribunal administratif de Nice, M. D a sollicité l'annulation de la décision du 18 décembre 2019, l'édiction à l'encontre de l'établissement d'injonctions de reconnaître sa maladie comme imputable au service et de lui verser divers éléments de rémunération et la condamnation de l'Université à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices imputables au harcèlement moral qu'il estime subir. Par ordonnance n° 2003697 du 24 septembre 2020, la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de M. D sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par un arrêt n° 20MA04193 du 29 mars 2021, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé l'ordonnance précitée du tribunal administratif de Nice et renvoyé devant celui-ci la requête de M. D aux fins d'annulation de la décision du 18 décembre 2019 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, d'injonction et de condamnation de l'Université Côte d'Azur à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de cette décision. Par deux autres requêtes, M. D formule les mêmes conclusions et demande en outre l'annulation des décisions des 7 octobre, 12 novembre 2020 et 4 juin 2021 le plaçant en congé de longue maladie.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées nos 2101893, 2101864 et 214220, présentées par M. D, concernent la situation d'un même fonctionnaire, présentent à juger des questions communes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement () peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés ".

4. Si, dans sa requête et ses mémoires complémentaires enregistrés sous les nos 2101893, 2101864 et 2104220, M. D a demandé l'annulation de l'avis défavorable de la commission de réforme émis le 28 novembre 2019, quant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, il n'a pas repris ces conclusions dans son mémoire récapitulatif enregistré, respectivement, les 19 et 5 janvier 2023, produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative à la suite d'une invitation du tribunal. Le requérant doit donc être réputé avoir abandonné ces conclusions, lesquelles étaient, en tout état de cause, ainsi que l'oppose en défense l'Université Côte d'Azur, irrecevables en tant que dirigées contre un avis qui ne constitue pas une décision faisant grief. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 décembre 2019 par laquelle le président de l'Université Côte d'Azur a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la pathologie de M. D, et sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions des 7 octobre, 12 novembre 2020 et 4 juin 2021 le plaçant en congé de longue maladie et sur les conclusions indemnitaires.

5. Par ailleurs, les moyens non repris par M. D et l'Université Côte d'Azur dans leurs mémoires récapitulatifs produits, chacun, les 19 et 5 janvier 2023, dans les trois instances, sont, en application des dispositions citées au point 3, réputé abandonnés.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 18 décembre 2019 :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par l'Université Côte d'Azur tirée de la tardiveté de ces conclusions :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-2 du même code dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".

7. Toutefois, dans le cadre de la crise sanitaire, les délais administratifs et contentieux ont fait l'objet d'aménagements. Ainsi, l'article 7 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dispose que : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er ". L'article 6 de la même ordonnance dispose que : " Le présent titre s'applique aux administrations de l'Etat, aux collectivités territoriales, à leurs établissements publics administratifs ainsi qu'aux organismes et personnes de droit public et de droit privé chargés d'une mission de service public administratif, y compris les organismes de sécurité sociale. ". Et l'article 1er de ladite ordonnance dispose que : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. () ".

8. En l'espèce, M. D a formé, le 21 février 2020, un recours gracieux contre la décision du 18 décembre 2019 notifiée le 27 décembre suivant, lequel a été réceptionné au plus tôt le 25 février 2020 par les services de l'Université Côte d'Azur. Par application combinée de l'ensemble des dispositions précitées, le délai à l'issue duquel une décision implicite devrait être née a été suspendu jusqu'au 23 juin 2020. Une décision implicite de rejet de son recours gracieux est donc intervenue le 6 août 2020. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la présente requête, qui a été enregistrée le 16 septembre 2020 au greffe du tribunal, ne sont pas tardives.

9. Par ailleurs, et contrairement à ce que fait valoir l'Université Côte d'Azur, M. D doit être regardé, compte tenu des moyens de légalité soulevés dans sa requête introductive d'instance enregistrée au greffe du tribunal le 16 septembre 2020, comme demandant l'annulation, dès cette date, de la décision du 18 décembre 2019.

10. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par l'Université Côte d'Azur tirée de la tardiveté des conclusions d'annulation de la décision du 18 janvier 2019 ne peut qu'être rejetée.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 18 décembre 2019 :

11. Aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 susvisé, dans sa version applicable, la commission de réforme est composée du chef de service dont dépend l'intéressé ou son représentant, du directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques ou son représentant, ainsi que de deux représentants du personnel appartenant au même grade ou, à défaut, au même corps que l'intéressé, élus par les représentants du personnel, titulaires et suppléants, de la commission administrative paritaire locale dont relève le fonctionnaire. Aux termes de l'article 19 de ce décret, dans sa version applicable : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance (). / Les avis sont émis à la majorité des membres présents () ".

12. En l'espèce, lors de la séance du 28 novembre 2019, un seul représentant du personnel était présent pour participer à la commission de réforme réunie pour émettre un avis sur la demande d'imputabilité au service présentée par M. D, et l'Université Côte d'Azur n'établit pas avoir convoqué l'autre représentant du personnel, le courrier de convocation de M. B, représentant du personnel, produit en défense, ne correspondant pas à la séance de la commission de réforme en cause. Dès lors, la commission de réforme était irrégulièrement composée et a rendu un avis irrégulier qui a privé M. D d'une garantie.

13. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. D est fondé à soutenir que l'arrêté du 18 décembre 2018 refusant de reconnaître imputable au service la maladie dont il souffre depuis le 2 octobre 2017 est entaché d'illégalité et doit, par suite, être annulé, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions plaçant M. D en congé de longue maladie :

14. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure, que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.

15. M. D soutient que les décisions des 7 octobre et 12 novembre 2020 et du 4 juin 2021 prononçant son placement en congé de longue maladie et la prolongation de ce placement, doivent être annulées en raison de l'illégalité de celle du 18 décembre 2019 refusant de reconnaître sa maladie imputable au service à partir du 2 octobre 2017, et de l'illégalité de l'avis émis par la commission de réforme sur cette reconnaissance le 28 novembre 2019. Toutefois, les décisions en litige n'ont pas été adoptées pour l'application de la décision du 18 décembre 2019, ni de l'avis du 28 novembre 2019, lesquelles ne constituent pas non plus leur base légale. Par suite, et alors que les décisions en cause ne constituent pas les éléments d'une opération complexe, M. D ne peut utilement soulever le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie et de celle de l'avis de la commission de réforme préalablement à cette décision.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".

17. Par les arrêtés litigieux, le président de l'Université Côte d'Azur a placé M. D en congé de longue maladie et prolongé ce congé de longue maladie. Ces arrêtés n'entrent dans aucune des catégories visées à l'article L. 211-2 précité. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation des arrêtés attaqués est inopérant et doit être écarté.

18. En troisième lieu, et d'une part, si le requérant soutient que la mention dans lesdits arrêtés, d'une demande de sa part de placement en congé de longue maladie est erronée, il résulte cependant de l'instruction, que ce dernier a bien formulé une telle demande par courrier du 14 novembre 2017 adressé à son employeur. Il n'y a, dès lors, pas d'erreur dans les visas à ce titre.

19. D'autre part, si les arrêtés litigieux mentionnent un avis du comité médical en date du 18 décembre 2019, il résulte de l'instruction, qu'aucune réunion du comité médical n'a eu lieu à cette date, le comité médical s'étant prononcé le 2 juin 2018 sur le placement en congé de longue maladie de M. D, et le comité médical supérieur ayant rendu son avis le 7 mai 2019 après recours du requérant. Toutefois, cette erreur de plume dans les visas, pour regrettable qu'elle soit, est dépourvue d'incidence sur la légalité des actes en litige. Le moyen doit donc être écarté.

20. En quatrième lieu, si M. D se prévaut de la méconnaissance des dispositions des articles 7 et 34 du décret du 14 mars 1986 susvisé, en ce que ni lui, ni le responsable du service de médecine de prévention, n'ont été informés d'une réunion du comité médical départemental après le 7 mai 2019 et n'ont ainsi pas eu la possibilité de transmettre des observations, il est constant qu'aucune réunion du comité médical n'a eu lieu après cette date, les décisions litigieuses plaçant l'intéressé en congé de longue maladie ayant été prises, ainsi qu'il a été dit, au vu de la demande du requérant lui-même en date du 14 novembre 2017 et après consultation du comité médical le 2 juin 2018 puis, sur demande de l'intéressé, du comité médical supérieur le 7 mai 2019. Par suite, le moyen formulé à ce titre ne peut qu'être écarté.

21. En cinquième lieu, pour les motifs exposés au point 19, dès lors que le requérant a expressément demandé son placement en congé de longue maladie par courrier du 14 novembre 2017, il n'est pas fondé à soutenir que, par les arrêtés contestés, l'Université Côte d'Azur l'aurait placé en congé de longue maladie d'office. Par suite, le moyen tiré de ce que l'université l'a placé en congé de longue maladie d'office en vertu de l'article 35 du décret du 14 mars 1986 ne peut qu'être écarté.

22. En sixième lieu, compte tenu de ce qui précède, les erreurs et illégalités invoquées par le requérant ne sont pas constitutives d'une fraude, ni de faux en écriture publique ni, enfin, de tentative d'abus de faiblesse.

23. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'irrecevabilités des moyens légalité interne soulevés par M. D, les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 7 octobre et 12 novembre 2020 et du 4 juin 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'engagement de la responsabilité de l'Université Côte d'Azur :

En ce qui concerne le harcèlement moral :

24. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. () ".

25. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

26. M. D soutient avoir été victime d'agissements de harcèlement moral de la part de l'université, en ce qu'il aurait subi une dégradation de ses conditions de travail, du délai excessif de traitement de sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, de son maintien dans une situation administrative floue voire illégale, de la diminution de ses revenus, de l'absence de progression dans sa carrière et d'un isolement, d'une humiliation subie devant ses étudiants et de la volonté de représailles à son égard après sa dénonciation de faits relevant de fraude commis par le directeur du département.

27. Il résulte de l'instruction que l'environnement de travail de M. D s'est retrouvé fortement dégradé du fait des tensions existantes entre ce dernier et M. A, directeur du département, en raison notamment des dénonciations de fraudes faites par le requérant à l'égard du dernier auprès de la présidence de l'Université. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, que des représailles auraient été commises à son égard par ce dernier ou la direction de l'université à la suite de ces déclarations de suspicion de fraudes. Il ne résulte pas non plus de l'instruction, que M. D aurait été délibérément mis à l'écart scientifiquement et administrativement de l'université, les éléments invoqués par le requérant n'étant pas constitutifs d'un isolement voulu par l'université, mais résultent tant de l'organisation du département, et notamment de l'"équipe Eau" dont il fait partie, que du comportement de l'intéressé. A cet égard, l'enquête administrative menée par l'université a pu souligner que " les échanges de courriels souvent agressifs de M. D ont suscité une accumulation de tensions au sein du département mais force est de constater que M. D a largement contribué à le créer (enregistrement des membres des réunions sans leur consentement, déni de la compétence et l'honnêteté de ses collègues) ".

28. Par ailleurs, il ne résulte pas davantage de l'instruction, que M. D aurait fait l'objet d'humiliations devant ses étudiants. De telles allégations, non corroborées par un commencement de preuve ou par des faits précis, ne permettent ainsi pas de présumer l'existence d'un harcèlement à ce titre. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que les conditions de travail de M. D ont été modifiées ou n'ont pas été accompagnées des évolutions attendues, d'une part, ces modifications ont toutefois concerné l'ensemble du département ou de l'"équipe Eau" dont il est un des membres et ne l'ont donc pas ciblé personnellement ; d'autre part, le manque d'évolution dans sa carrière, qui résulterait notamment de sa non-sélection par un jury souverain à un concours de recrutement en raison de l'absence de publication, apparait justifié par des éléments étrangers à tout harcèlement.

29. De plus, s'il soutient que l'enquête administrative n'aurait pas été réalisée de manière contradictoire, il résulte de l'instruction, d'une part, que M. D a pourtant été invité à être entendu par la commission d'enquête et a décliné l'invitation, d'autre part, qu'il n'a pas désigné de représentant comme il lui était loisible de le faire, et qu'enfin, les conditions dans lesquelles s'est déroulée cette enquête ne sont pas révélatrices de faits de harcèlement moral à l'encontre du requérant.

30. En outre, contrairement à ce qu'allègue M. D, il ne résulte pas de l'instruction que le comportement de l'université révèlerait une mauvaise volonté ou une intention de lui porter préjudice dans la gestion de sa situation administrative, notamment dans le traitement de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service sur fond de harcèlement moral, lequel traitement nécessite tant la réalisation d'expertises médicales, qu'un examen administratif des conditions de travail de l'intéressé susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Il en est de même de son placement en congé de maladie ordinaire à partir du 2 octobre 2017, de sa rémunération à demi-traitement à partir du 18 décembre 2019, au-delà d'ailleurs de la durée pendant laquelle il était éligible à un plein traitement, et de la diminution du montant de sa prime de recherche et d'enseignement supérieur lesquels sont la résultante de l'absence de reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie du requérant par l'Université. Par ailleurs, si M. D soutient que son placement en congé de longue maladie est constitutif d'un fait de harcèlement moral, il résulte de l'instruction que cette décision est intervenue en raison de la nécessité de placer le requérant dans une position statutaire et n'est pas lié à des considérations non objectives. Enfin, la circonstance que l'université ait pris une décision de refus d'imputabilité au service de la pathologie invoquée par M. D le 18 décembre 2019, quand bien même elle est entachée d'illégalité pour les motifs exposés aux points 11 à 13, ne saurait à elle seule traduire l'existence d'un fait constitutif d'un harcèlement moral.

31. Il résulte de ce qui précède, que les faits invoqués par M. D, pris isolément ou dans leur ensemble, et alors même qu'ils ont sensiblement affecté cet agent sur le plan psychologique, ne sauraient suffire à caractériser un exercice fautif du pouvoir hiérarchique, ni permettre de faire présumer l'existence d'agissements constitutifs de harcèlement moral contraires à l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, de nature à engager la responsabilité de l'Université Côte d'Azur et à lui ouvrir droit à réparation.

En ce qui concerne l'obligation de protection de la santé et de la sécurité :

32. Aux termes de l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique (anciennement article 23 de la loi du 13 juillet 1983) : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux agents publics durant leur travail dans les conditions fixées au titre Ier du livre VIII ".

33. Si M. D invoque la méconnaissance de ces dispositions par l'Université en ce que celle-ci n'aurait pas prévenu les risques professionnels liés aux agissements de harcèlement moral dont il a fait l'objet, il ne résulte pas de l'instruction, au regard des éléments mentionnés précédemment, que l'université aurait méconnu ses obligations à ce titre.

34. Compte tenu de tout ce qui précède, les conclusions indemnitaires présentées par M. D doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

35. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement que l'administration procède à un nouvel examen de la situation de M. D, après avoir procédé à la consultation de la commission de réforme dans des conditions régulières, et de prendre toute mesure propre à régulariser, si besoin, au vu de la nouvelle décision prise sur la demande de reconnaissance d'imputabilité au service. Il y a lieu de prescrire, au président de l'Université Côte d'Azur, une injonction en ce sens et de lui impartir, pour ce faire, un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins de signalement au procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale :

36. Par voie de conséquence du rejet des conclusions d'annulation présentées par le requérant dans les instances nos 2101864 et 2104220, les conclusions aux fins de signalement au procureur de la République des faits de faux en écritures publique et de tentative d'abus de faiblesse invoqués par le requérant dans ces deux instances ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

37. Il n'y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'allouer à aucune des parties une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 18 décembre 2019 par laquelle le président de l'Université Côte d'Azur a rejeté la demande de reconnaissance de maladie contractée en service formulée par M. D, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au président de l'Université Côte d'Azur de réexaminer la situation de M. D, après avoir procédé à la consultation de la commission de réforme dans des conditions régulières, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de prendre toute mesure propre à régulariser sa situation administrative qui serait rendue nécessaire.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à l'Université Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

D. Gazeau

Le président,

signé

G. Taormina La greffière,

signé

L. Bianchi

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

Nos 2101893, 2101864 et 2104220

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