LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101932

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101932

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101932
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAAMOURI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée sous le n°2101932 le 8 avril 2021, la société à responsabilité limitée Kronoss Sécurité, représentée par Me Maamouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 29 janvier 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité qui a confirmé la décision du 31 juillet 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud lui a infligé un blâme assorti d'une pénalité financière de 3 000 euros ;

2°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société soutient que :

- la décision attaquée a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors, d'une part, que la décision de l'engagement des poursuites a été prise par une autorité incompétente et, d'autre part, que les autorités mentionnées à l'article 27 du règlement intérieur du conseil national des activités privées de sécurité n'ont pas été consultées avant la saisine de la commission nationale d'agrément et de contrôle ;

- la matérialité des manquements qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

- la sanction prononcée par la décision litigieuse est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le conseil national des activités privées de sécurité, pris en la personne de son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Le conseil fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.

II. Par une requête, enregistrée sous le n°2101951 le 8 avril 2021, M. A B, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 29 janvier 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité qui a confirmé la décision du 31 juillet 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud lui a infligé un blâme assorti d'une pénalité financière de 2 000 euros, en sa qualité de gérant de la société Kronoss Sécurité ;

2°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors, d'une part, que la décision de l'engagement des poursuites a été prise par une autorité incompétente et, d'autre part, que les autorités mentionnées à l'article 27 du règlement intérieur du conseil national des activités privées de sécurité n'ont pas été consultées avant la saisine de la commission nationale d'agrément et de contrôle ;

- la matérialité des manquements qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

- la sanction prononcée par la décision litigieuse est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le conseil national des activités privées de sécurité, pris en la personne de son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Le conseil fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 ;

- le décret n° 2021-1590 du 7 décembre 2021 portant création d'un service à compétence nationale dénommé " centre national de certification en cyno-détection des explosifs (CYNODEX) " ;

- l'arrêté du 31 mars 2023 portant organisation de la certification technique des équipes cynotechniques privées en recherche des explosifs ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 décembre 2023 :

- le rapport de M. Holzer,

- et les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux décisions du 31 juillet 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle (ci-après, " CLAC ") Sud a prononcé à l'encontre de la société Kronoss Sécurité un blâme assorti d'une pénalité financière de 3 000 euros et a infligé à M. B, en sa qualité de gérant de cette société, un blâme assorti d'une pénalité financière de 2 000 euros au regard de plusieurs manquements à leurs obligations imposées par le code de la sécurité intérieure. Par deux délibérations du 29 janvier 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle (ci-après, " CNAC ") du conseil national des activités privées de sécurité (ci-après, " CNAPS ") a confirmé ces sanctions. Par leurs requêtes, respectivement enregistrées sous les n°s2101932 et 2101951, la société Kronoss Sécurité et son gérant, M. B, demandent au tribunal d'annuler les deux délibérations du 29 janvier 2021.

Sur la jonction :

2. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires. La décision de joindre des requêtes constitue un pouvoir propre du juge. En l'espèce, les requêtes enregistrées sous les n°s 2101932 et 2101951 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure disciplinaire :

3. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable au litige : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Si l'exercice du recours administratif préalable obligatoire instauré par ces dispositions a pour objet de permettre à la commission nationale d'agrément et de contrôle, dans la limite de ses compétences, de remédier aux illégalités dont pourrait être entachée la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle, sans attendre l'intervention du juge, la décision prise sur le recours n'en demeure pas moins soumise elle-même au principe de légalité. Si les requérants ne peuvent invoquer utilement des moyens tirés des vices propres à la décision initiale, lesquels ont nécessairement disparu avec elle, ils peuvent en revanche exciper de l'irrégularité de la procédure suivie devant la commission locale d'agrément et de contrôle.

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 634-1 du code de la sécurité intérieure, dans sa version alors en vigueur : " Peuvent exercer l'action disciplinaire devant la commission locale d'agrément et de contrôle dans le ressort de laquelle exerce la personne mise en cause : / 1° Le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, agissant de sa propre initiative ou à la suite d'une plainte ; / () ". Aux termes de l'article R. 632-13 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le directeur assure la gestion administrative et budgétaire du Conseil national. A ce titre : / () 4° Il organise les missions de contrôle, dans le cadre des orientations fixées par le collège et dans les conditions prévues aux articles L. 634-1 à L. 634-3 ; / () Le directeur est assisté d'un secrétaire général. / En cas d'absence ou d'empêchement du directeur, le secrétaire général assure les missions dévolues à ce dernier ".

5. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le secrétaire général du CNAPS est compétent, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur, pour engager les actions disciplinaires devant la CLAC. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que le directeur du CNAPS n'était pas absent ou empêché au moment de l'engagement des poursuites à l'encontre de la société requérante et de son gérant. Dans ces conditions, M. François Peny, secrétaire général du CNAPS, était compétent pour engager ces poursuites, tel que cela ressort de la décision du 30 octobre 2019. Par suite, le moyen tiré de ce que les actions disciplinaires auraient été engagées par une autorité incompétente doit être écarté.

6. En second lieu, les requérants soutiennent que les autorités mentionnées à l'article 27 du règlement intérieur du CNAPS, à savoir le chef de la délégation territoriale, le chef du service central du contrôle et le directeur adjoint en charge des opérations, n'ont pas été consultées avant la saisine de la CLAC Sud. Toutefois, il résulte de l'instruction et plus particulièrement du document de clôture et des suites proposées au dossier de contrôle, versé au débat par le CNAPS, que l'ensemble de ces autorités ont bien été consultées. Par suite, le moyen susmentionné manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de matérialité des manquements reprochés aux requérants :

7. Pour confirmer la décision du 31 juillet 2020 de la CLAC Sud et prononcer les sanctions litigieuses à l'encontre de la société requérante et de son gérant, la CNAC du CNAPS s'est fondée sur les circonstances selon lesquelles les requérants ont, d'une part, fait naitre une ambiguïté sur la nature des activités qu'ils proposent à travers une campagne publicitaire sur le site internet de la société, d'autre part, ont accepté de réaliser une prestation de " maître-chien explosif " et, enfin, n'ont pas respecté leur obligation de transparence concernant le recours à la sous-traitance.

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; / () 3° A protéger l'intégrité physique des personnes ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 631-8 de ce même code : " Honnêteté des démarches commerciales. / Les entreprises et leurs dirigeants s'interdisent toute prospection de clientèle à l'aide de procédés ou de moyens allant à l'encontre de la dignité de la profession et susceptibles de porter atteinte à son image. / Ils s'interdisent de faire naître toute ambiguïté sur la nature des activités proposées, notamment au regard du principe d'exclusivité défini à l'article L. 612-2 qui interdit aux acteurs de la sécurité privée toute activité non connexe à la mission de sécurité privée ainsi que le cumul de certaines activités privées de sécurité. / () ".

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société requérante a mis en ligne sur son site internet une vidéo de présentation de ses activités qui comporte des séquences au cours desquelles figurent distinctement des agents de sécurité équipés d'oreillettes assurant une activité de protection de l'intégrité physique de personnes parmi lesquelles notamment des personnalités publiques, au sens des dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure, ceci alors même qu'il n'est pas contesté par les requérants qu'ils ne disposent pourtant que d'une autorisation d'exercer des prestations prévues par le 1° de ces mêmes dispositions. Ainsi, la présence de telles séquences doit être regardée comme ayant été de nature à créer dans l'esprit du public des ambiguïtés sur l'étendue des activités exercées par la société requérante. En outre, la circonstance alléguée selon laquelle de précédents contrôles portant notamment sur le site internet de la société requérante sur lequel figurait déjà la vidéo comprenant les séquences litigieuses n'avaient révélé aucun manquement à l'obligation d'honnêteté commerciale est, à la supposer établie et en tout état de cause, sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que la CNAC du CNAPS a retenu à leur encontre une méconnaissance de leur obligation d'honnêteté commerciale au sens des dispositions précitées de l'article R. 631-8 du code de la sécurité intérieure.

10. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 631-4 du code de la sécurité intérieure : " Respect des lois / Dans le cadre de leurs fonctions, les acteurs de la sécurité privée respectent strictement la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la Constitution et les principes constitutionnels, l'ensemble des lois et règlements en vigueur, notamment le code de la route et la législation professionnelle et sociale qui leur est applicable. ". En outre, aux termes de l'article R. 631-21 de ce même code : " Refus de prestations illégales. / Les entreprises et leurs dirigeants s'interdisent de proposer une prestation contraire au présent code de déontologie, même en réponse à un appel d'offres, à un concours ou à une consultation comportant un cahier des charges dont des clauses y seraient contraires. ".

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-7-1 A du code de la sécurité intérieure, issu de la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés : " Sans préjudice de l'article L. 733-1 et sous réserve d'avoir fait l'objet d'une certification technique et de satisfaire au contrôle régulier de leurs compétences, les agents exerçant l'activité de surveillance mentionnée à l'article L. 611-1 peuvent utiliser un chien afin de mettre en évidence l'existence d'un risque lié à la présence de matières explosives. / () ".

12. En l'espèce, il est constant que la société requérante a émis une facture d'un montant de 1 445,76 euros au bénéfice de la société " Design Scene " et relative à la fourniture d'une prestation de " maître-chien explosive " réalisée le 20 juin 2019 entre 16 heures et minuit. Or, il résulte des dispositions citées au point précédent, qu'à la date de la réalisation de cette prestation, les agents exerçant une activité mentionnée à l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure ne pouvaient réaliser une telle prestation, dont l'exercice n'a été ouvert à ces agents qu'après l'entrée en vigueur des dispositions précitées de l'article L. 613-7-1 A du code de la sécurité intérieure le 27 mai 2021, de celles du décret du 7 décembre 2021 portant création d'un service à compétence nationale dénommé " centre national de certification en cyno-détection des explosifs " ainsi que de celles de l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et le ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports, ont défini les conditions de délivrance de la certification technique pour la cyno-détection des explosifs. En outre, en se bornant à soutenir que les prestataires d'activités de sécurité évoluent dans un cadre légal particulièrement complexe eu égard à l'imprécision des prestations pouvant entrer dans le champ des activités connexes à une activité de sécurité privée, les requérants ne remettent toutefois pas en cause la matérialité des faits incriminés. En tout état de cause, comme le soutient en défense le CNAPS, la société requérante n'a pas usé de la faculté de le consulter, préalablement, sur le cadre légal de l'exercice d'une telle prestation. Dans ces conditions, ce second manquement retenu à l'encontre des requérants apparait également comme établi.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 631-23 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable au litige : " Transparence sur la sous-traitance. / Les entreprises et leurs dirigeants proposent, dans leurs contrats avec les clients ainsi que dans les contrats signés entre eux, une clause de transparence, stipulant si le recours à un ou plusieurs sous-traitants ou collaborateurs libéraux est envisagé ou non. / Si le recours à la sous-traitance ou à la collaboration libérale est envisagé dès la signature du contrat, ils informent leurs clients de leurs droits à connaître le contenu des contrats de sous-traitance ou de collaboration libérale projetés. A cette fin, la clause de transparence rappelle, en les reproduisant intégralement, les dispositions des articles 1er, 2, 3 et 5 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance. S'il n'est pas prévu à la signature du contrat, le recours à la sous-traitance ou à la collaboration libérale ne peut intervenir qu'après information écrite du client / () ".

14. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société requérante a conclu, le 2 avril 2018, un contrat de sous-traitance avec la société " Sécurité Vigilante ". Par ailleurs, au cours de son audition du 25 septembre 2019 par les agents de la délégation territoriale Sud du CNAPS, M. B a expressément reconnu recourir à la sous-traitance. En outre, il résulte toujours de l'instruction que la société requérante a adressé à plusieurs de ces clients des courriers d'informations relatives à la sous-traitance. Toutefois, en adressant de tels courriers, non datés, qui ne précisent, aux donneurs d'ordres, aucun élément relatif aux prestations concernées par le recours à la sous-traitance, ni à l'identité des sociétés sous-traitantes et qui informent seulement d'une possibilité de recourir à de la sous-traitance, la société requérante et son gérant ne peuvent être regardés comme ayant satisfait à leur obligation de transparence prévue par les dispositions précitées de l'article R. 631-23 du code de la sécurité intérieure. Dans ces conditions, ce troisième manquement retenu à l'encontre des requérants apparait également comme établi.

15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'absence de matérialité des manquements reprochés aux requérants doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère disproportionné des sanctions prononcées à l'encontre des requérants :

16. En premier lieu, en se bornant à invoquer leur bonne-foi et le fait qu'ils n'aient retiré aucun bénéfice des manquements commis, les requérants ne contestent pas utilement le caractère proportionné des sanctions prononcées à leur encontre.

17. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent qu'ils ont tiré toutes les conséquences des manquements retenus par la CNAC du CNAPS dans les délibérations litigieuses, ils n'apportent toutefois et, en tout état de cause, aucun élément à l'appui de cette allégation.

18. En troisième et dernier lieu, si les requérants invoquent la fragilité de la situation financière de la société Kronoss Sécurité, laquelle a été accentuée par la crise sanitaire liée à l'épidémie de covid-19, une telle circonstance, étrangère aux considérations prises en compte par la CNAC du CNAPS dans l'appréciation du quantum des sanctions litigieuses, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées.

19. Dans ces conditions, compte tenu de la nature des manquements reprochés à la société requérante et à son gérant, qui sont matériellement établis ainsi qu'il a été dit précédemment, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir que les sanctions prononcées à leur encontre sont disproportionnées.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 29 janvier 2021 de la CNAC du CNAPS doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°s2101932 et 2101951 de la société à responsabilité limitée Kronoss Sécurité et de M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Kronoss Sécurité, à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

M. Holzer, conseiller,

M. Combot, conseiller,

Assistés de Mme Albu, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 janvier 2024.

Le rapporteur,

signé

M. Holzer

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

signé

C. Albu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière.

N°s 2101932, 2101951

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions