LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2102059

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2102059

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2102059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantJAIDANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 avril 2021, 7 juin 2021 et 26 juillet 2021, M. A B et la société Cosmospace représentés par Me Jaidane, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande d'autorisation de travail déposée au bénéfice de M. B ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de faire droit à la demande d'autorisation de travail dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire de procéder à un nouvel examen de cette demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- les conditions fixées par l'article R. 5221-20 du code du travail sont réunies.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 mai 2021, 3 juin 2021 et 8 juillet 2021, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2023 :

- le rapport de Mme Chevalier, conseillère ;

- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public ;

- et les observations de Me Morton-Hamill, substituant Me Jaidane, représentant la société COSMOSPACE SAS et M. B.

Considérant ce qui suit :

1. La société Cosmospace a sollicité au bénéfice de M. B, ressortissant tunisien, la délivrance d'une autorisation de travail auprès de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) des Alpes-Maritimes le 7 juillet 2020 pour un emploi de conseiller en relations humaines. Par une décision du 11 février 2021, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de faire droit à cette demande. Par la présente requête, la société Cosmospace et M. B demandent au tribunal d'annuler la décision du 11 février 2021.

2. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle vise les dispositions du code du travail dont il est fait application. Elle précise, en outre, que l'autorisation de travail a été rejetée aux motifs, d'une part, qu'aucune offre d'emploi pour le poste objet de l'autorisation n'a été déposée par la société auprès de l'agence Pôle Emploi, d'autre part, que M. B n'était titulaire d'aucun diplôme obtenu sur le territoire français correspondant au poste proposé et, enfin, qu'il est embauché depuis le 11 septembre 2020 à temps complet alors qu'il ne dispose pas d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié ". () Ces titres de séjour confèrent à leurs titulaires le droit d'exercer en France la profession de leur choix () ". Dès lors que ces stipulations ne fixent aucune règle relative à la délivrance des autorisations de travail par les autorités françaises compétentes, leur méconnaissance ne peut être utilement invoquée par les requérants.

4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 () ". Aux termes de l'article R. 5221-20 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ; / 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule / 3° le respect par l'employeur, l'utilisateur mentionné à l'article L. 1251-1 ou l'entreprise d'accueil de la législation relative au travail et à la protection sociale () ".

5. Pour refuser la délivrance de l'autorisation de travail sollicitée, le préfet des Alpes-Maritimes a estimé que l'employeur ne justifie pas de recherches préalables auprès d'un organisme de placement pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail, que M. B ne disposait pas des qualifications requises pour ce poste et, enfin, qu'il avait été embauché à temps complet en méconnaissance de la législation relative au travail.

6. D'une part, si la société soutient, sans plus de précision ni justificatif, avoir mis en ligne une offre d'emploi sur le site Indeed, ce site n'est, en tout état de cause, pas au nombre des organismes concourant au service public de l'emploi mentionné aux articles L. 5311-1 et suivants du code du travail. Dans ces conditions, la société Cosmospace n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait fait une inexacte application des dispositions du 1° de l'article R. 5221-20 du code du travail et ce dernier était, dès lors, fondé à refuser aux requérants l'autorisation de travail au seul motif de l'absence de recherche préalable d'un candidat déjà présent sur le marché du travail pour pourvoir ce poste.

7. D'autre part, si les requérants, pour justifier des compétences de M. B aux fonctions de conseiller en relations humaines, produisent des attestations de ses anciens employeurs et soutiennent qu'il cumule plus de huit années d'expérience professionnelle, ils n'apportent aucun élément de nature à justifier l'absence de justificatif de diplômes quand bien même les fonctions occupées ne constituent pas une activité réglementée. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions du 2° de l'article R. 5221-20 du code du travail.

8. Enfin, à supposer que la société requérante n'ait pas embauché M. B à temps complet à compter du 11 septembre 2020 en méconnaissance de la législation relative au travail, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les motifs précédemment exposés.

9. Il résulte de ce qui précède que le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail précité et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la société Cosmospace et M. B ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par suite, les conclusions de la société Cosmospace présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B et de la société Cosmospace est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société Cosmospace et au préfet du Puy-de-Dôme.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Chevalier, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère,

assistés de Mme Daverio, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

C. CHEVALIER

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILa greffière,

Signé

M-L. DAVERIO

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions