mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102171 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | EL ATTACHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 avril 2021 et 28 mars 2023, Mme A C B, représentée par Me El Attachi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 février 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de descendant direct à charge d'un citoyen européen ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour mention " membre de famille d'un ressortissant européen ", l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa situation et de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en ce qu'elle satisfait aux conditions de l'article L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision en litige a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 avril 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- et les observations de Me El Attachi, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante sénégalaise, a sollicité le 9 décembre 2019, un titre de séjour en qualité de descendant direct à charge d'un citoyen de l'Union européenne. Cette demande a été rejetée par décision du préfet des Alpes-Maritimes en date du 17 février 2021. Mme B demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les articles L. 121-1 et L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur version applicable ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la demande de titre de séjour présentée par Mme B et expose les circonstances de fait tenant à la situation personnelle de l'intéressée. Cette décision énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante. En outre, si la requérante produit à l'instance le contrat à durée indéterminée de sa mère, conclu à compter du 10 janvier 2020 sur un emploi d'aide à domicile ainsi que les bulletins de paie afférents de janvier 2020 à février 2021, elle n'établit toutefois pas avoir porté ces pièces justificatives à la connaissance des services préfectoraux dans le cadre de l'instruction de sa demande. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes a entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier.
4. En troisième lieu, si la requérante soutient que le préfet des Alpes-Maritimes, en prenant la décision attaquée, a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, il ressort des mentions portées dans la décision en litige et qui ne sont pas contestées, que la requérante a, par courrier du 9 juillet 2020, renoncé à sa demande de titre de séjour en qualité de membre de famille d'un citoyen européen. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes a commis une erreur d'appréciation en rejetant sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement du L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet s'est prononcé sur la situation de l'intéressée au regard de sa vie privée et familiale dans le cadre de son pouvoir de régularisation. Il ressort des mentions portées dans l'acte en litige que le préfet a rejeté cette demande au motif que la requérante n'a pas transmis les pièces justificatives permettant d'actualiser sa situation familiale et professionnelle ainsi qu'elle y avait été invitée par une convocation adressée le 27 janvier 2021 et fixée au 4 février suivant.
7. En outre, si Mme B justifie avoir exercé une activité professionnelle du 10 janvier 2020 au 12 avril 2021 en qualité d'auxiliaire de vie, qu'elle indique être hébergée par sa mère, laquelle justifie d'un emploi d'aide à domicile depuis le 10 janvier 2020 dans la même entreprise, il ressort toutefois des pièces du dossier que la présence en France de l'intéressée, depuis avril 2019, est très récente et qu'elle ne justifie d'aucun lien personnel ou amical en France en dehors de sa mère. Par ailleurs, Mme B dispose d'une carte de résident longue durée délivrée par les autorités italiennes, de sorte que la décision en litige ne fait pas obstacle à ce qu'elle puisse conserver des liens avec sa mère. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste quant à ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026