jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2102210, les 21 avril 2021, 19 octobre 2023 et 1er décembre 2023, la société civile immobilière Urfa, représentée par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le maire de La Turbie a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle avec piscine sur les parcelles cadastrées section D n°s 909 et 911, situées 13 chemin du Serrier ;
2°) d'enjoindre au maire de La Turbie de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Turbie la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions des articles L. 311-1 et suivants du code forestier est illégal dès lors qu'une autorisation de défrichement avait été délivrée à l'ancienne propriétaire, le 30 mars 2015 et, qu'en tout état de cause, d'une part, les opérations de défrichement ont été réalisées à la date de la demande de permis de construire et, d'autre part, les services de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Alpes-Maritimes avaient indiqué qu'il n'était pas nécessaire de procéder à un transfert de l'autorisation de défrichement délivrée à l'ancienne propriétaire ;
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est illégal dès lors que le projet ne porte pas sur la réalisation d'une construction en R+2, interdite par ces dispositions ;
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est illégal dès lors que, d'une part, le fait que le terrain d'assiette du projet soit dans un site inscrit n'interdit pas la réalisation d'une construction et que, d'autre part, l'arrêté de biotope est non opposable à une demande de permis de construire ;
- le maire de La Turbie ne pouvait refuser de lui délivrer le permis de construire litigieux au motif que la notice annexée à la demande ne justifiait pas du choix de la toiture terrasse dès lors qu'aucun principe, ni aucune disposition, n'impose que la notice doive justifier d'un tel choix alors, qu'en tout état de cause, le choix de ces toitures lesquelles ne sont pas, par principe, interdites par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, doit résulter du style architectural de la construction, ce qui est le cas en l'espèce ;
- le maire ne pouvait, pour refuser le permis de construire litigieux, se fonder sur l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France qui a été rendu avant le dépôt de pièces complémentaires alors, qu'en tout état de cause, il ne s'agit que d'un avis simple qui ne liait pas le maire ;
- le maire ne pouvait se fonder, pour refuser de délivrer ledit permis de construire, sur la méconnaissance du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain dès lors que l'interdiction de toute action dont l'ampleur est susceptible de déstabiliser le sol et l'épandage à la surface du sol ou en profondeur concerne uniquement les terrains classés en zone de risque de glissement de terrain et de reptation et non, comme c'est le cas s'agissant du terrain d'assiette du projet, dans les zones de ravinement léger dans lesquelles seul l'épandage d'eau à la surface est prohibé alors que l'étude géotechnique, annexée à la demande de permis de construire, a bien pris en compte l'existence des risques de mouvements de terrain ;
- le motif de refus tiré de ce que le traitement des eaux pluviales est insuffisant n'est pas fondé dès lors que, d'une part, la conformité du projet ne peut s'apprécier qu'au regard des règles d'urbanisme dont sont exclues les prescriptions du règlement pluvial de la commune et que, d'autre part, elle a fait réaliser une note hydraulique déterminant les modalités de traitement de ces eaux conformément aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme alors, qu'en tout état de cause, la seule insuffisance du bassin de rétention aurait dû conduire le maire de La Turbie à prévoir une simple prescription technique ;
- le maire de La Turbie ne pouvait refuser le permis de construire litigieux au motif que le dossier de la demande de permis de construire ne contenait pas d'attestation de conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle a fait réaliser une étude hydraulique par la société Alizé Environnement qui atteste de la conformité, en la matière, du projet et, qu'en tout état de cause, d'une part, le refus litigieux ne pouvait se fonder sur l'absence d'une pièce qui n'est pas exigée par le code de l'urbanisme et qui, au surplus, n'a fait l'objet d'aucune demande de complément par le service instructeur dans le délai d'un mois prévu par le code de l'urbanisme et, d'autre part, une simple prescription aurait suffi à rendre le projet conforme aux règles d'urbanisme applicables ;
- le dernier motif de refus tiré de ce que la commune de La Turbie n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux d'extension du réseau d'électricité en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme manque en fait alors, qu'en tout état de cause, une simple prescription aurait également suffi à rendre le projet conforme aux règles d'urbanisme applicables.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 février 2023, 27 septembre 2023 et 21 novembre 2023, la commune de La Turbie, représentée par Me Plenot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2102211, les 21 avril 2021, 19 octobre 2023 et 1er décembre 2023, la société civile immobilière Urfa, représentée par Me Aonzo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le maire de La Turbie a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle avec piscine sur les parcelles cadastrées section D n°s 910 et 912, situées 13 chemin du Serrier ;
2°) d'enjoindre au maire de La Turbie de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Turbie la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions des articles L. 311-1 et suivants du code forestier est illégal dès lors qu'une autorisation de défrichement avait été délivrée à l'ancienne propriétaire le 30 mars 2015 et, qu'en tout état de cause, d'une part, les opérations de défrichement ont été réalisées à la date de la demande de permis de construire et, d'autre part, les services de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Alpes-Maritimes avaient indiqué qu'il n'était pas nécessaire de procéder à un transfert de l'autorisation de défrichement délivrée à l'ancienne propriétaire ;
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est illégal dès lors que le projet ne porte pas sur la réalisation d'une construction en R+2, interdite par ces dispositions ;
- le motif de refus tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est illégal dès lors que, d'une part, le fait que le terrain d'assiette du projet soit dans un site inscrit n'interdit pas la réalisation d'une construction et que, d'autre part, l'arrêté de biotope est non opposable à une demande de permis de construire ;
- le maire de La Turbie ne pouvait refuser de lui délivrer le permis de construire litigieux au motif que la notice annexée à la demande ne justifiait pas du choix de la toiture terrasse dès lors qu'aucun principe, ni aucune disposition, n'impose que la notice doive justifier d'un tel choix alors, qu'en tout état de cause, le choix de ces toitures lesquelles ne sont pas, par principe, interdites par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, doit résulter du style architectural de la construction, ce qui est le cas en l'espèce ;
- le maire ne pouvait, pour refuser le permis de construire litigieux, se fonder sur l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France qui a été rendu avant le dépôt de pièces complémentaires alors, qu'en tout état de cause, il ne s'agit que d'un avis simple qui ne liait pas le maire ;
- le maire ne pouvait se fonder, pour refuser de délivrer ledit permis de construire, sur la méconnaissance du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain dès lors que l'interdiction de toute action dont l'ampleur est susceptible de déstabiliser le sol et l'épandage à la surface du sol ou en profondeur concerne uniquement les terrains classés en zone de risque de glissement de terrain et de reptation et non, comme c'est le cas s'agissant du terrain d'assiette du projet, dans les zones de ravinement léger dans lesquelles seul l'épandage d'eau à la surface est prohibé alors que l'étude géotechnique, annexée à la demande de permis de construire, a bien pris en compte l'existence des risques de mouvements de terrain ;
- le motif de refus tiré de ce que le traitement des eaux pluviales est insuffisant n'est pas fondé dès lors que, d'une part, la conformité du projet ne peut s'apprécier qu'au regard des règles d'urbanisme dont sont exclues les prescriptions du règlement pluvial de la commune et que, d'autre part, elle a fait réaliser une note hydraulique déterminant les modalités de traitement de ces eaux conformément aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme alors, qu'en tout état de cause, la seule insuffisance du bassin de rétention aurait dû conduire le maire de La Turbie à prévoir une simple prescription technique ;
- le maire de La Turbie ne pouvait refuser le permis de construire litigieux au motif que le dossier de la demande de permis de construire ne contenait pas d'attestation de conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle a fait réaliser une étude hydraulique par la société Alizé Environnement qui atteste de la conformité, en la matière, du projet et, qu'en tout état de cause, d'une part, le refus litigieux ne pouvait se fonder sur l'absence d'une pièce qui n'est pas exigée par le code de l'urbanisme et qui, au surplus, n'a fait l'objet d'aucune demande de complément par le service instructeur dans le délai d'un mois prévu par le code de l'urbanisme et, d'autre part, une simple prescription aurait suffi à rendre le projet conforme aux règles d'urbanisme applicables ;
- le dernier motif de refus tiré de ce que la commune de La Turbie n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux d'extension du réseau d'électricité en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme manque en fait alors, qu'en tout état de cause, une simple prescription aurait également suffi à rendre le projet conforme aux règles d'urbanisme applicables.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 février 2023, 27 septembre 2023 et 21 novembre 2023, la commune de La Turbie, représentée par Me Plenot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code forestier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mars 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- les observations de Me Zago, représentant la société Urfa,
- et les observations de Me Plenot, représentant la commune de La Turbie.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 mars 2015, le préfet des Alpes-Maritimes a délivré à l'indivision A une autorisation de défrichement portant sur les parcelles cadastrées section D n°s 236 et 237, situées chemin du Serrier à La Turbie. Le 12 décembre 2018, ces parcelles, devenues respectivement les parcelles section D n°s 909 et 911 et section D n°s 910 et 912, ont été cédées à la société Urfa. Par deux demandes datées des 4 août 2020 et complétées le 27 novembre suivant, cette société a demandé au maire de La Turbie de lui délivrer deux permis de construire deux maisons individuelles avec piscine sur ces parcelles. Par deux arrêtés du 18 février 2021, le maire de La Turbie a refusé de lui délivrer ces permis de construire. Par deux requêtes, enregistrées sous les n°s 2102210 et 2102211, la société Urfa demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés portant refus de permis de construire.
Sur la jonction :
2. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires. La décision de joindre des requêtes constitue un pouvoir propre du juge. Les requêtes n°s 2102210 et 2102211 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur une opération ou des travaux soumis à l'autorisation de défrichement prévue aux articles L. 341-1 et L. 341-3 du code forestier, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis ". Aux termes de l'article R*431-19 de ce même code : " Lorsque les travaux projetés nécessitent une autorisation de défrichement en application des articles L. 341-1, L. 341-3 ou L. 214-13 du code forestier, la demande de permis de construire est complétée par la copie de la lettre par laquelle le préfet fait connaître au demandeur que son dossier de demande d'autorisation de défrichement est complet, si le défrichement est ou non soumis à reconnaissance de la situation et de l'état des terrains et si la demande doit ou non faire l'objet d'une enquête publique ". D'autre part, aux termes de l'article L. 341-1 du code forestier : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. / Est également un défrichement toute opération volontaire entraînant indirectement et à terme les mêmes conséquences, sauf si elle est entreprise en application d'une servitude d'utilité publique. / La destruction accidentelle ou volontaire du boisement ne fait pas disparaître la destination forestière du terrain, qui reste soumis aux dispositions du présent titre ". Aux termes de l'article L. 341-3 de ce même code : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation. / L'autorisation est délivrée à l'issue d'une procédure fixée par décret en Conseil d'Etat. () ". En outre, aux termes de l'article L. 341-7 de ce même code : " Lorsque la réalisation d'une opération ou de travaux soumis à une autorisation administrative [], nécessite également l'obtention d'une autorisation de défrichement, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance de cette autorisation administrative ". Enfin, en application de l'article D. 341-7-1 de ce même code : " La validité des autorisations de défrichement est de cinq ans. / () ".
4. D'une part, il résulte des dispositions citées au point précédent que, lorsqu'un projet nécessite une autorisation de défrichement, cette dernière doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis de construire autorisant ce projet. D'autre part, il résulte de ces mêmes dispositions que la réalisation d'une opération de défrichement sur un terrain sans l'autorisation requise n'a ni pour objet ni pour effet de faire disparaître la destination forestière de ce terrain qui reste soumis aux dispositions du titre IV du livre III du code forestier relatives aux défrichements.
5. En l'espèce, pour refuser de délivrer les permis de construire litigieux à la société Urfa, le maire de La Turbie s'est fondé sur plusieurs motifs dont celui tiré de ce que ladite société avait procédé au défrichement des parcelles litigieuses sans l'autorisation requise par les dispositions du code de l'urbanisme et du code forestier citées au point 3 de ce jugement.
6. En premier lieu, s'il est constant qu'une autorisation de défrichement avait été délivrée à l'ancienne propriétaire des parcelles litigieuses dans les conditions rappelées au point 1 de ce jugement, la société Urfa ne peut toutefois se prévaloir d'une telle autorisation dès lors, qu'à la date des décisions attaquées, cette autorisation n'avait fait l'objet d'aucune décision administrative de transfert à son nom , en dépit de l'information erronée, aussi regrettable soit-elle, que la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes a fournie à l'ancienne propriétaire des parcelles dans son courriel du 24 février 2020.
7. En second lieu, la société requérante soutient qu'elle avait procédé à l'ensemble des opérations de défrichement à la date des demandes de permis de construire, comme cela ressort du procès-verbal de constat d'huissier du 30 mars 2020, ce qui l'a dispensé, en tout état de cause, de toute autorisation de défrichement. Toutefois, conformément au principe énoncé au point 4 de ce jugement, ladite société ne peut utilement se prévaloir d'une telle circonstance dès lors qu'il résulte de ce qui précède que ces opérations de défrichement ont nécessairement été achevées par cette dernière de manière irrégulière en l'absence de l'autorisation de défrichement requise par les dispositions précitées de l'article L. 341-3 du code forestier.
8. Dans ces conditions, à la date à laquelle les permis de construire en litige lui ont été refusés par le maire de La Turbie, la société requérante ne pouvait être regardée comme ayant été soit titulaire d'une autorisation de défrichement, soit dispensée d'une telle autorisation. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que le maire de La Turbie a refusé de délivrer les permis de construire sollicités en application des dispositions du code de l'urbanisme et du code forestier citées au point 3 de ce jugement.
9. Il résulte de l'instruction que le maire de La Turbie aurait pris les mêmes décisions de refus s'il s'était fondé sur le seul motif tiré de ce que la société pétitionnaire ne bénéficiait d'aucune autorisation de défrichement. Par suite, il n'y a pas lieu pour le tribunal de se prononcer sur les autres motifs de refus contenus dans les arrêtés attaqués.
10. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du 18 février 2021. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces deux arrêtés doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Urfa dans ses deux requêtes, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par ladite société doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de la Turbie, qui n'est pas la partie perdante dans ces instances, les sommes que la société requérante demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
13. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société requérante une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de La Turbie et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2102210 et 2102211 présentées par la société Urfa sont rejetées.
Article 2 : La société Urfa versera une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros à la commune de La Turbie en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilité Urfa et à la commune de La Turbie.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
M. Holzer, conseiller,
M. Combot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
M. HOLZER
La présidente,
signé
M. POUGET
La greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
N°s 2102210, 2102211 2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026