mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BAKARY AFISSOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistre le 24 avril 2021, Mme C B, représentée par Me Bakary, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 décembre 2020 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle vise des textes qui ne sont pas applicables à sa situation ;
- cette décision méconnaît les exigences de clarté, de cohérence et d'intelligibilité des actes administratifs ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation au vu de l'état de santé de son enfant ;
- l'avis du collège des médecins de l'office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- la procédure est entachée d'irrégularité en ce qu'elle n'a pas été destinataire de l'avis du collège des médecins de l'OFII ; elle n'a pas été en mesure de procéder aux vérifications idoines sur cet avis ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation et celle de son enfant.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice par décision du 4 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique du 28 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ukrainienne, demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 28 décembre 2020 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les articles L. 311-12 et L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur version en vigueur, lesquels en constituent le fondement juridique. Si cet arrêté vise également les articles L. 511-1 et L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur version applicable à la date d'édiction dudit arrêté, alors que celui-ci n'a pas pour objet de prononcer l'éloignement de la requérante, une telle erreur constitue une erreur de plume, qui, pour regrettable qu'elle soit, est cependant sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté en litige, la requérante était en possession d'une attestation de demandeur d'asile en cours de validité. Si l'arrêté n'en fait pas état dans ses motifs, cette circonstance n'est cependant pas de nature à faire regarder la décision comme entachée d'une contradiction entre les motifs et le dispositif, lequel abroge, par son article 1er, l'autorisation de séjourner sur le territoire français de la requérante. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les exigences de clarté, de cohérence et d'intelligibilité des actes administratifs doit être écarté.
4. En troisième lieu, l'arrêté en litige mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet des Alpes-Maritimes a fait application pour refuser la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour à Mme B. Il mentionne également les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. La circonstance que l'acte querellé n'indique pas que la requérante était en possession d'une attestation de demandeur d'asile mais qu'elle aurait été titulaire d'une autorisation provisoire de séjour ne saurait, par elle-même, caractériser une motivation insuffisante de la décision attaquée. Par suite, et dès lors que la décision en litige n'a pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait propres à la situation de l'intéressé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'acte querellé ne peut qu'être écarté. Par ailleurs, il ne ressort pas de la motivation de la décision en litige que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa numérotation applicable : " Sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, une autorisation provisoire de séjour est délivrée aux parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions mentionnées au 11° de l'article L. 313-11, ou à l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. / L'autorisation provisoire de séjour mentionnée au premier alinéa, qui ne peut être d'une durée supérieure à six mois, est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues au 11° de l'article L. 313-11. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites ". Aux termes de l'article L. 313-11 du même code, dans sa rédaction applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. Chaque année, un rapport présente au Parlement l'activité réalisée au titre du présent 11° par le service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que les données générales en matière de santé publique recueillies dans ce cadre ".
6. Aucune disposition légale ou réglementaire ni aucun principe du droit n'impose au préfet de communiquer à la requérante l'avis du collège de médecins de l'OFII. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure est entachée d'irrégularité en ce qu'elle n'a pas été destinataire de l'avis du collège des médecins de l'OFII. Si, en outre, elle soutient ne pas avoir été mise en mesure de procéder aux vérifications idoines sur cet avis, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé.
7. En cinquième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et d'un accès effectif à ce traitement. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Pour refuser de délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée par Mme B sur le fondement du L. 311-12, le préfet des Alpes-Maritimes s'est fondé, à la date de la décision attaquée, sur l'avis rendu le 24 mars 2020 par le collège de médecins de l'OFII. Si la requérante fait valoir que la pathologie de son fils, qui souffre d'un spectre autistique, a été insuffisamment diagnostiquée en Ukraine et qu'il a besoin du suivi actuellement mis en place en France, les documents notamment médicaux qu'elle produit ne sont cependant pas suffisants pour contredire l'avis du collège des médecins de l'OFII. Il suit de là que le préfet, qui n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 311-12 et L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, n'a pas entaché sa décision d'erreur de fait ni d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'état de santé du fils de la requérante.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 16 juin 2019 avec son enfant de manière irrégulière et qu'elle s'y est maintenue irrégulièrement. Il ressort également des pièces du dossier et ainsi qu'il a été dit au point 8 que l'état de santé de son fils ne requerrait pas à la date de l'arrêté attaqué une prise en charge dont le défaut entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, au vu des pièces produites, essentiellement d'ordre médical, la requérante ne justifie pas avoir durablement fixé en France le centre de sa vie personnelle et familiale. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la durée et des conditions du séjour en France de Mme B, l'arrêté attaqué n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels il a été pris. Elle n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que cet arrêté est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale et celle de son fils.
11. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
12. Pour les mêmes motifs que ceux développés au point 10 et dès lors que la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer l'enfant de sa mère, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 décembre 2020 du préfet des Alpes-Maritimes. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre mer.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La rapporteure,
signé
D. A
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026