jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M. BONHOMME |
| Avocat requérant | SCP A.B.C.G. (ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE ROMAND) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2021, M. A C, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retrait de points sur son permis de conduire prises suite à des infractions au code de la route commises les 21, 23 septembre, 28 octobre, 1er et 30 novembre 2017, 30 avril et 22 mai 2018, 17 février, 4 mai, 10 et 20 juin, 3 et 24 août, 14 octobre 2019, 11 et 27 février, 7 mars et 23 mai 2020, ainsi que la décision du 12 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a mis fin à la validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer sous huitaine son permis de conduire au capital reconstitué ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient qu'il n'a pas bénéficié de l'information préalable requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les retraits d'un point consécutifs aux infractions constatées les 30 novembre 2017, 22 mai 2018, 17 février, 4 mai, 10 et 20 juin, 3 et 24 août 2019, ces points ayant été restitués respectivement les 28 juin et 20 décembre 2018, 1er septembre 2019, 22 janvier, 26 février, 14 et 22 avril, 11 mai 2020, soit antérieurement à l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Thierry Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 16 mars 2023, le rapport de M. B, aucune des parties n'étant présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a commis entre le 21 septembre 2017 et le 7 mars 2020 de nombreuses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plus de douze points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " du 12 mars 2021, le ministre de l'intérieur lui a notifié le dernier retrait d'un point et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 12 mars 2021 et les décisions antérieures de retrait de points relatives aux infractions commises les 21 septembre 2017 (un point), 23 septembre 2017 (un point), 28 octobre 2017 (un point), 1er novembre 2017 (un point), 30 novembre 2017 (un point), 30 avril 2018 (trois points), 22 mai 2018 (un point), 17 février 2019 (un point), 4 mai 2019 (un point), 10 juin 2019 (un point), 20 juin 2019 (un point), 3 août 2019 (un point), 24 août 2019 (un point), 14 octobre 2019 (un point), 11 février 2020 (un point), 27 février 2020 (un point), 7 mars 2020 (un point) et 23 mai 2020 (un point).
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du 6 juillet 2021 relatif au permis de conduire de M. C versé aux débats par le ministre de l'intérieur, que ce dernier a restitué les retraits d'un point relatifs aux infractions des 30 novembre 2017, 22 mai 2018, 17 février, 4 mai 2019, 10 et 20 juin, 3 et 24 août 2019 respectivement les 28 juin, 20 décembre 2018, 1er septembre 2019, 22 janvier, 26 février 2020, 14 et 22 avril, 11 mai 2020, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Les conclusions tendant à l'annulation de ces différents retraits de points sont donc sans objet, et, dès lors, irrecevables.
Sur les demandes d'annulation :
En ce qui concerne la légalité des décisions de retrait de points :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ". Aux termes de l'article L. 223-3 de ce code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ".
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
S'agissant des infractions commises les 21 et 23 septembre, 28 octobre et 1er novembre 2017, 30 avril 2018, 27 février et 23 mai 2020 :
5. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d 'un avis inexact ou incomplet.
6. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral de M. C, que les infractions précitées ont été constatées par radar automatique et ont donné lieu au paiement ultérieur de l'amende forfaitaire. Le requérant ne soutient pas avoir été destinataire d'avis de contraventions inexacts ou incomplets. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu préalablement au paiement de l'amende les informations requises par les articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions commises les 14 octobre 2019, 11 février et 7 mars 2020 :
7. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En vertu des dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu des mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
8. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé intégral d'information et des attestations de paiement établies par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes que M. C a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions des 14 octobre 2019, 11 février et 7 mars 2020. L'intéressé n'allègue pas avoir reçu un avis d'amende forfaitaire majorée inexact ou incomplet. Dans ces conditions, l'obligation de l'information requise par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être regardée comme remplie.
Sur la demande d'annulation de la décision 48SI du 12 mars 2021 :
9. Pour les motifs indiqués aux points 2 à 10, M. C n'est pas fondé à invoquer par voie d'exception, contre la décision contestée, l'illégalité des décisions portant retrait de points.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque. Les conclusions présentées en ce sens doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et au titre des articles L. et R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
T. BLe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026