jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LENDOM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021, M. B A, représenté par Me Lendom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mars 2021 par laquelle le directeur de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille a confirmé la décision du 12 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Grasse portant sanction disciplinaire de quinze jours de cellule disciplinaire à son encontre ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire d'effacer toute mention relative à la procédure disciplinaire et à la sanction prononcée de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91 647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision 23 mars 2021 méconnaît les droits de la défense en ce qu'il n'a pas eu connaissance de son dossier disciplinaire ;
- elle viole le principe " non bis in idem " ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce que les faits de tentative de vol ne sont pas constitués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 octobre 2023 :
- le rapport de M. Combot ;
- et les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 12 février 2021, le président de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Grasse a pris à l'encontre de M. B A, détenu au sein de cette maison d'arrêt, une sanction de quinze jours de cellule discipline pour des faits d'insultes et menaces à l'encontre d'un membre du personnel pénitentiaire et tentative de vol. Suite au recours préalable obligatoire formé par M. A, le 1er mars 2021, le directeur de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille a confirmé cette décision le 23 mars 2021. M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, dans sa rédaction alors en vigueur : " I. - En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. / La personne détenue est informée de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline ainsi que du délai dont elle dispose pour préparer sa défense. Ce délai ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. () III. - La personne détenue, ou son avocat, peut consulter l'ensemble des pièces de la procédure disciplinaire, sous réserve que cette consultation ne porte pas atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes. () " Aux termes de l'article R. 57-7-32 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet. " Enfin, l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : / 1° Par consultation gratuite sur place, sauf si la préservation du document ne le permet ; () ".
3. Premièrement, si les sanctions disciplinaires encourues par les personnes détenues peuvent entraîner des limitations de leurs droits et doivent être regardées de ce fait comme portant sur des contestations sur des droits à caractère civil au sens des stipulations du paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la nature administrative de l'autorité prononçant les sanctions disciplinaires fait obstacle à ce que les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soient applicables à la procédure disciplinaire dans les établissements pénitentiaires. Deuxièmement, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des détenus, qui ne contient aucune mesure impérative mais se borne à adresser des recommandations aux services. Troisièmement, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre le 27 janvier 2021 à 11h45, soit plus de vingt-quatre heures avant la réunion de la commission qui s'est tenue le 12 février 2021 à 9h00, les pièces constituant son dossier, notamment le compte rendu d'incident, le rapport d'enquête et la convocation devant la commission. La remise effective de ces pièces est attestée par la signature apposée par le détenu sur le document faisant état de cette transmission. La commission de discipline s'étant tenue le 12 février 2021 à 9h00, M. A a ainsi pu avoir accès à son dossier et préparer utilement sa défense dans le délai fixé par l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale. Si le requérant soutient que son conseil a demandé en vain la communication de son dossier le 15 février 2021, cette circonstance est sans incidence dès lors que les dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure n'imposent pas à l'administration pénitentiaire de communiquer au conseil du détenu son entier dossier. Par ailleurs, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des détenus, qui ne contient aucune mesure impérative mais se borne à adresser des recommandations aux services. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure relatif aux modalités de communication de son dossier à son conseil, en méconnaissance des dispositions précitées, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le principe " non bis in idem ", qui prescrit que nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement à raison des mêmes faits, ne s'oppose pas au cumul de poursuites et de sanctions pénales et disciplinaires pour des faits identiques. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que la sanction litigieuse méconnaîtrait ce principe au motif qu'il a déjà fait l'objet d'une sanction pénale.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa rédaction alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; () ". Par ailleurs, l'article R. 57-7-2 du même code dispose, dans sa rédaction alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : / 11° De commettre ou tenter de commettre un vol ou toute autre atteinte frauduleuse à la propriété d'autrui ; () ". Aux termes de l'article R. 57-7-33 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : / 8° La mise en cellule disciplinaire. " Enfin, l'article R. 57-7-41 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Pour les personnes majeures, la durée du confinement en cellule ne peut excéder vingt jours pour une faute du premier degré, quatorze jours pour une faute du deuxième degré et sept jours pour une faute du troisième degré. "
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu d'incident du 12 janvier 2021 et du rapport d'enquête du 14 janvier 2021, que M. A a été sanctionné par la décision contestée de quinze jours de cellule disciplinaire aux motifs qu'il a, le 12 janvier 2021, proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'une conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation et qu'il a, le même jour, tenté de commettre un vol de matériel informatique. Si M. A conteste les faits de tentative de vol, ces documents font foi jusqu'à ce qu'il en soit apporté la preuve contraire. La circonstance que le requérant n'ait pas été condamné pour les faits de tentative de vol par le jugement correctionnel du 15 février 2021 n'est pas de nature, alors même qu'il ressort de cette décision que l'intéressé n'était pas pénalement poursuivi à ce titre, à établir que ces faits ne sont pas constitués. La décision de sanction disciplinaire contestée n'est ainsi entachée ni d'inexactitude matérielle des faits, les comportements de M. A étant établis, ni, si le requérant devait être regardé comme soulevant ce moyen, d'erreur d'appréciation concernant leur caractère fautif. Par ailleurs, eu égard à la gravité des faits reprochés, la sanction de quinze jours de cellule disciplinaire n'apparait pas disproportionnée.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 mars 2021. Les conclusions susmentionnées présentées par le requérant, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
- Copie en sera adressée au directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2021, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
Mme Le Guennec, conseillère ;
M. Combot, conseiller ;
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Combot
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026