jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMAS-LAIROLLE-ROUSSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 mai 2021, 16 février 2022 et 9 mars 2022, le syndicat des copropriétaires " Le Monte Verde ", agissant par son syndic en exercice, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle le directeur du pôle exploitation de la métropole Nice Côte d'Azur a indiqué, d'une part, que l'entretien du talus surplombant la voie publique au droit de la parcelle cadastrée section LX n°292 n'était pas à la charge de la métropole et, d'autre part, que celle-ci attendait qu'il s'engage sur la mise en œuvre du permis de construire modificatif délivré à la société Kaufman et Broad Promotion 1 le 23 octobre 2020 ;
2°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat des copropriétaires requérant soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la ville de Nice s'était engagée à réaliser les ouvrages de soutènement rendus nécessaires pour l'ouverture à la circulation de l'avenue Cyrnos en application d'un acte de cession à titre gratuit daté du 14 août 1925, lequel n'a pas épuisé tous ses effets et n'est pas frappé de la prescription prévue par les dispositions de l'article 2262 du code civil ;
- il n'est pas titulaire du permis de construire modificatif délivré le 23 octobre 2020 de telle sorte qu'il ne peut s'engager sur sa mise en œuvre ;
- l'élargissement de l'avenue Cyrnos, dont le projet rend impossible la régularisation des ouvrages réalisés irrégulièrement par la société Kaufman et Broad Promotion 1, va nécessiter leur remplacement par d'autres ouvrages de soutènement dont il n'a pas à supporter la charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juillet 2021, la métropole Nice Côte d'Azur, prise en la personne de son président en exercice, représentée par Me Lacroix, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires requérant la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La métropole soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que les conclusions à fin d'annulation sont présentées à l'encontre du courrier du 11 mars 2021 qui est dépourvu de caractère décisoire et ne modifie pas l'ordonnancement juridique ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mai 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tabarly, représentant la métropole Nice Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 11 mars 2021, le directeur du pôle exploitation de la métropole Nice Côte d'Azur a indiqué au syndic de la copropriété de l'ensemble immobilier " Le Monte Verde ", implanté sur les parcelles cadastrées section LX n°s 271, 289, 291 et 292 et situé 13 avenue Cyrnos à Nice, qu'à la suite d'un éboulement provenant de la parcelle cadastrée section LX n° 292, il ne lui appartenait pas de réaliser l'entretien du talus litigieux surplombant l'avenue Cyrnos. Par ailleurs, par ce même courrier, il a été indiqué que la métropole Nice Côte d'Azur attendait de cette même copropriété qu'elle s'engage sur la mise en œuvre du permis de construire modificatif délivré à la société " Kaufman et Broad Promotion 1 " le 23 octobre 2020 qui fait suite à la décision du 2 octobre 2019 par laquelle la commune de Nice a refusé de délivrer à ladite société une attestation d'achèvement et de conformité des travaux réalisés sur la base d'un permis de construire délivré le 24 septembre 2012. Par sa requête, le syndicat des copropriétaires " Le Monte Verde " demande au tribunal d'annuler les décisions contenues dans ce courrier du 11 mars 2021.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la métropole Nice Côte d'Azur tirée de l'absence de caractère décisoire du courrier du 11 mars 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
3. En premier lieu, il est constant que, par le courrier litigieux du 11 mars 2021, le directeur du pôle exploitation de la métropole Nice Côte d'Azur a indiqué au syndic de la copropriété de l'ensemble immobilier " Le Monte Verde ", qu'à la suite d'un éboulement provenant de la parcelle cadastrée section LX n° 292 sur laquelle est implanté ledit ensemble immobilier, il ne lui appartenait pas de réaliser l'entretien du talus surplombant l'avenue Cyrnos, tel qu'elle l'avait déjà exprimé dans un courrier de mise en demeure adressée à la société " Kaufman et Broad Promotion 1 " le 28 juillet 2020 et dans celui du 22 décembre 2020, expressément mentionné dans le courrier du 11 mars 2021. Ainsi, en se bornant à rappeler au syndic de l'ensemble immobilier " Le Monte Verde " que la métropole ne prendra pas, à sa charge, les travaux de purge et de confortement du talus tel qu'elle l'avait déjà exprimé à plusieurs reprises, le courrier du 11 mars 2021 n'est pas de nature à modifier l'ordonnancement juridique et ne peut être regardé comme présentant, en l'espèce, un caractère décisoire.
4. En deuxième lieu, par ce même courrier du 11 mars 2021, la métropole Nice Côte d'Azur a demandé au syndic de la copropriété requérante à ce que cette dernière s'engage sur la mise en œuvre du permis de construire modificatif délivré à la société " Kaufman et Broad Promotion 1 " le 23 octobre 2020 dans les conditions rappelées au point 1 de ce jugement. Toutefois, cette demande relative à l'exécution des travaux autorisés par le permis de construire modificatif du 23 octobre 2020, postérieure à la décision du 2 octobre 2019 portant refus de délivrer une attestation d'achèvement et de conformité des travaux réalisés sur la base du permis de construire délivré le 24 septembre 2012 et avant l'engagement de la procédure prévue par les articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme par l'établissement d'un procès-verbal, est, en tout état de cause, dépourvue de tout effet juridique propre et ne présente donc pas le caractère d'une décision susceptible de recours.
5. En troisième et dernier lieu, la circonstance que le courrier litigieux du 11 mars 2021 mentionne les voies et délais de recours ne permet pas, à elle seule, et compte tenu de ce qui vient d'être dit, de regarder cet acte comme présentant un caractère décisoire.
6. Il résulte ainsi de tout ce qui précède que la métropole Nice Côte d'Azur est fondée à soutenir que le courrier du 11 mars 2021 est dépourvu de caractère décisoire et que, dès lors, il n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, il y a lieu de faire droit à la fin de non-recevoir soulevée par cette dernière et de rejeter comme irrecevables les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat des copropriétaires requérants.
Sur les dépens :
7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées à ce titre par le syndicat des copropriétaires requérant ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que le syndicat des copropriétaires requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas non plus lieu de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires " Le Monte Verde " une quelconque somme sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires " Le Monte Verde " est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Nice Côte d'Azur sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires " Le Monte Verde " et à la métropole Nice Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Suner, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2102675
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026