mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat M. BONHOMME |
| Avocat requérant | VIOLETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2021, M. A B, représenté par Me Marchio, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice l'a exclu temporairement de ses fonctions pour une durée d'un jour ;
2°) d'enjoindre au directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice de procéder à sa réintégration ;
3°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Nice à lui verser les sommes de 150 euros pour chaque mois d'arrêt de travail pour la perte de la prime de nuit, 250 euros pour chaque mois d'arrêt de travail pour la perte de rémunération pour garde, 100 euros pour chaque mois d'arrêt de travail pour la perte de prime des urgences, 1 700 euros pour la perte de prime de fin d'année, ainsi que la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nice une somme de
1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les faits de manquements professionnels sur la prise en charge d'un patient n'avaient été préalablement évoqués ni dans le rapport circonstancié ni lors de l'entretien préalable ;
- la sanction qui lui a été infligée est injustifiée et, à défaut, disproportionnée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il doit être dédommagé des conséquences financières de cette procédure disciplinaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2021, le centre hospitalier universitaire de Nice, représenté par Me Violette, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 6 juillet 2023, les parties ont été informées, par application de l'article
R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire serait inscrite à une audience le
2ème semestre 2023 et que l'instruction est susceptible d'être close à partir du 30 août 2023.
Par une ordonnance à effet immédiat du 31 août 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée à cette date.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Thierry Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2023 :
- le rapport de M. Bonhomme, président ;
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Marchio représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision 16 mars 2021, le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice a exclu temporairement M. B, fonctionnaire hospitalier exerçant les fonctions d'agent manipulateur en électroradiologie, de ses fonctions pour une durée d'un jour. Par sa requête, l'intéressé demande au tribunal l'annulation de cette décision et la condamnation du CHU de Nice à réparer les préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. B soutient que les faits de manquements professionnels sur la prise en charge d'un patient n'avaient été préalablement évoqués ni dans le rapport circonstancié ni lors de l'entretien préalable. Toutefois, il ressort du rapport circonstancié du 2 juillet 2020 que l'incident entre le requérant et le médecin radiologue a eu lieu lors d'une prise en charge d'un patient qui devait bénéficier d'un scanner en urgence en raison d'une fracture qui comprimait son artère vertébrale. Par suite, ce moyen doit être écarté.
2. En deuxième lieu, aux termes de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires applicable au litige et désormais repris aux articles L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. () ". Aux termes de l'article 29 de la même loi applicable au litige et désormais repris notamment à l'article L. 530-1 du code précité : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable à la date du litige et désormais reprise notamment à l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Premier groupe : () L'avertissement, le blâme, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. En l'espèce, la sanction attaquée se fonde notamment sur l'agression verbale commise envers un médecin radiologue de garde par le requérant le 26 juin 2020 en soirée. Il ressort des pièces du dossier qu'à cette date, M. B a interpellé ce médecin radiologue en lui indiquant qu'elle parlait mal aux agents, alors que ce médecin était en train de demander aux agents manipulateurs de son service de prioriser un patient victime d'une fracture cervicale. A la suite de cet incident, le requérant a invectivé ce médecin sur un ton menaçant et provocateur.
5. Le requérant ne conteste pas utilement la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Ces faits révèlent un comportement inadapté de l'intéressé ce soir-là et ils revêtent ainsi un caractère fautif susceptible d'être sanctionné. Ils justifient à eux seuls la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'un jour infligée au requérant, laquelle est proportionnée à la faute commise, s'agissant d'une sanction du premier groupe.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il attaque.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la sanction attaquée n'apparaît pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à demander l'indemnisation des pertes de rémunérations et la réparation du préjudice moral qu'il soutient avoir subi de ce fait. Ses conclusions indemnitaires, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge du CHU de Nice, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 000 euros à verser au CHU de Nice.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera au CHU de Nice une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier universitaire de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
T. BONHOMMELe greffier,
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
2102723
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026