mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mai et 29 novembre 2021, la société civile de construction vente (SCCV) Cagnes-sur-Mer Route de France, représentée par Me Szepetowski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2020 par lequel le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la réalisation de 4 bâtiments d'habitation collectifs sur les parcelles cadastrées section AM n°34, 36, 143 et 301 à 304, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Cagnes-sur-Mer de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le motif de refus tiré de ce que le projet ne précise pas le débit de rejet des eaux pluviales est illégal ;
- le motif de refus tiré de ce que la sécurité des accès ne serait pas assurée est illégal ;
- le motif de refus tiré de ce que le portail serait implanté à moins de 5 mètres de la voie publique est illégal ;
- les motifs de refus tirés de ce qu'aucun aqueduc-grille n'est prévu sur le débouché véhicule et de ce que la nature de la couche de roulement prévue sur le débouché n'est pas précisée sont illégaux ;
- les motifs de refus tirés de ce que la création de places commandées à proximité de l'accès entraînerait un risque pour la sécurité, de ce que le nombre de stationnement pour deux-roues serait insuffisant et de ce que la surface du local à vélo serait insuffisante sont illégaux ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2021, la commune de Cagnes-sur-Mer, représentée par Me Fiorentino, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la décision est légalement justifiée par une base légale autre que celle initialement indiquée ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Soler,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Fiorentino, représentant la commune de Cagnes-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. La société Cagnes-sur-Mer Route de France a déposé, le 18 mai 2020, une demande de permis de construire, complétée le 5 août 2020, en vue de la réalisation de 4 bâtiments d'habitation collectifs sur les parcelles cadastrées section AM n°34, 36, 143 et 301 à 304. Par un arrêté du 2 décembre 2020, le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par un courrier, reçu le 2 février 2021 par la commune, la société a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Aucune réponse n'a été apportée à sa demande. Par sa requête, la société Cagnes-sur-Mer Route de France demande l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2020, ensemble de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 16 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " () / Toute création d'accès ou de voie nouvelle doit être conforme au règlement de voirie métropolitain et adaptée à l'importance du projet de construction. / () " et aux termes de l'article 48-2 du règlement métropolitain de voirie : " 2 - Configuration de l'accès (cf. schémas-types annexe VIII) / () / Pour qu'un accès réponde aux conditions de sécurité générales requises : / Il incombe au demandeur de prévoir le dégagement d'un champ de manœuvre des véhicules en entrée et sortie de l'unité foncière, adapté à la sécurité des usagers de la route : / La configuration générale d'un accès respectant ce principe répond aux caractéristiques suivantes : / - accès pourvu de 2 pans coupés à 45° ou de 2 arcs de cercles sur un recul minimum de 3,50 mètres, à partir de l'alignement du domaine public routier circulé (tous modes) et, selon le cas d'espèce, des emprises des emplacements réservés, de voirie (ou emplacements réservés non spécifiques) / () ".
3. D'autre part, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
4. En l'espèce, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ressort des pièces du dossier que l'accès projeté n'est pourvu, sur le côté où sont prévues les boîtes aux lettres, ni d'un pan coupé à 45° ni d'un arc de cercle sur un recul minimum de 3,50 mètres à partir de l'alignement du domaine public routier. Dès lors, la commune a pu estimer à bon droit que le projet méconnaissait les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain citées au point précédent.
5. Si la société requérante fait valoir que le maire aurait pu se borner à assortir le permis de construire d'une prescription spéciale pour assurer le respect de ces dispositions, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse et du plan du rez-de-chaussée, que le respect des règles précitées aurait nécessité le déplacement des boîtes aux lettres et des transformateurs électriques. Bien que n'impliquant pas le déplacement de la construction elle-même, de telles modifications, ne portant pas sur des points précis ou limités, nécessitent la présentation d'un nouveau projet et ne pouvaient donc, pour cette raison, faire l'objet d'une prescription spéciale. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le motif de refus tiré de ce que la sécurité des accès n'est pas assurée serait illégal.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 15.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatif aux normes de stationnement : " Les dispositions ci-dessous ne s'appliquent pas en cas de spécificité locale précisée en article 2.5 des dispositions réglementaires. / () / Pour le stationnement des deux-roues motorisés / Destination " habitation " / Logements : 1 place pour 6 logements / Logement social : 1 place pour 6 logements. / () ".
7. En l'espèce, d'une part, il résulte des dispositions citées au point précédent que le projet en litige, qui prévoit la réalisation de 102 logements dont 31 logements sociaux, nécessite la création de 17 places de stationnement pour deux-roues. D'autre part, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du plan du rez-de-chaussée et du plan du sous-sol que ces places auraient été prévues par le projet. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le motif de refus tiré de ce que le nombre de places de stationnement pour deux-roues est insuffisant serait illégal.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 15.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatif aux normes de stationnement : " Pour le stationnement des vélos / Destination " habitation " / Logements (50 m² / A vélo : 1,5 m2 de local vélo par logement / () / Logements ) 50 m² / A vélo : 2,5 m2 de local vélo par logement. / () ".
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans le périmètre vélo défini par le plan local d'urbanisme métropolitain. Dès lors, le projet en litige, qui prévoit la réalisation de 71 logements d'une surface inférieure à 50 m² et de 31 logements d'une surface supérieure à 50 m², nécessite la création d'un local à vélos d'une surface de 184 m². D'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan du rez-de-chaussée que trois locaux à vélos sont projetés pour une surface totale de 95 m². Contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain citées au point précédent que la surface des murs pourrait être prise en compte pour s'assurer du respect de ces dispositions. Dans ces conditions, la commune a pu estimer à bon droit que le projet ne respectait pas ces dispositions. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le motif de refus tiré de ce que la surface des locaux à vélos est insuffisante serait illégal.
10. Il résulte de l'instruction que le maire de Cagnes-sur-Mer aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces trois seuls motifs pour refuser le permis de construire en litige.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la société Cagnes-sur-Mer Route de France n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2020 par lequel le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité, ensemble de la décision implicite rejetant son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Cagnes-sur-Mer Route de France demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Cagnes-sur-Mer Route de France une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Cagnes-sur-Mer et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Cagnes-sur-Mer Route de France est rejetée.
Article 2 : La société Cagnes-sur-Mer Route de France versera à la commune de Cagnes-sur-Mer une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de construction vente Cagnes-sur-Mer Route de France et à la commune de Cagnes-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
M-L. DAVERIO
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026