jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PALOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mai 2021 et 4 mai 2023, la société par actions simplifiée Hiatus, représentée par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2020 par lequel le maire de Nice s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle a déposée le 27 juillet 2020 et complétée le 4 novembre suivant en vue de la régularisation de la pose d'une pergola sur un immeuble située 11 avenue Germaine à Nice, ensemble la décision par laquelle le maire de Nice a implicitement rejeté son recours gracieux daté du 28 janvier 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que le maire de Nice ne pouvait se fonder pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse sur les dispositions de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain lesquelles ne sont applicables qu'aux constructions, ce qui n'est pas le cas de la structure objet de cette déclaration préalable ;
- en tout état de cause, les travaux, objets de la déclaration préalable litigieuse, sont étrangers aux dispositions méconnues de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain et relatives aux règles de hauteur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la commune de Nice, prise en la personne de son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 décembre 2023 :
- le rapport de M. Holzer,
- et les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 novembre 2020, le maire de la commune de Nice s'est opposé à la déclaration préalable n° DP0608820S0859 déposée par la société par actions simplifiée (ci-après, " SAS ") " Hiatus " le 27 juillet 2020 et complétée le 4 novembre suivant, en vue de la régularisation de la pose d'une pergola sur un immeuble situé 11 avenue Germaine à Nice. Par un courrier daté du 28 janvier 2021, ladite société a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui est toutefois resté sans réponse de la part du maire de Nice. La SAS Hiatus demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2020, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux née du silence gardé par le maire de Nice sur ce recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / () ". Aux termes de l'article A 424-3 de ce même code : " L'arrêté indique, selon les cas : / () / b) Si le permis est refusé ou si la déclaration préalable fait l'objet d'une opposition ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article A 424-4 de ce même code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".
3. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le maire de Nice a visé les dispositions de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice-Côte d'Azur (ci-après, " PLUM "). En outre, il indique comme motif de refus qu'aucune nouvelle construction, ni installation ne peut être autorisée dès lors que la hauteur de l'immeuble dépasse déjà la limite de hauteur fixée par le règlement du PLUM. Ainsi, de telles mentions ont permis à la société Hiatus de comprendre utilement le motif pour lequel le maire de Nice s'est opposé à sa déclaration préalable. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du PLUM, relatif à la hauteur des constructions : " La hauteur maximale des constructions à l'égout est fixée à 7 m. ". Aux termes de l'article 37 des dispositions générales de ce règlement relatif aux modalités de calcul des hauteurs : " () / Dans le cas de toiture terrasse, la hauteur à l'égout est mesurée à l'aplomb depuis l'étanchéité jusqu'au pied de façade et ceci en tout point. ".
5. D'autre part, aux termes du lexique prévu à l'article 45 des dispositions générales du règlement du PLUM : " Une construction est un édifice ou un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface. / () / La notion de construction recouvre notamment les constructions en surplomb (construction sur pilotis, cabanes dans les arbres), et les constructions non comprises dans la définition du bâtiment, telles que les pergolas, hangars, abris de stationnement, piscines, les sous-sols non compris dans un bâtiment () ". En outre, ce même lexique précise qu'" une annexe est une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, dont l'usage est destiné à apporter un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Est considéré comme annexe tout bâtiment n'excédant pas 20m2 d'emprise au sol, et 3m de hauteur au faitage, ou 2,5m à l'égout. / () ".
6. En l'espèce, il est constant que le projet litigieux porte sur la réalisation d'une structure qui a vocation à s'implanter sur le toit-terrasse d'un immeuble dont la hauteur à l'égout dépasse la limite de 7 mètres imposée par les dispositions précitées l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du PLUM, sans que cela ne soit d'ailleurs contredit par la société requérante. Si cette dernière soutient que le maire de Nice ne pouvait se fonder sur ces dispositions pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse dès lors que la structure objet de cette déclaration ne constitue pas une construction, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une telle structure doit être qualifiée comme telle dès lors qu'elle entre dans le champ des " constructions non comprises dans la définition du bâtiment " au sens des termes du lexique du règlement du PLUM précité. A cet effet, il ressort des termes du dossier de la déclaration préalable litigieuse que la société requérante a, elle-même, qualifié la structure litigieuse de " pergola ", bien qu'elle conteste, dans le cadre de cette instance et pour les besoins de la cause, une telle qualification. Par ailleurs, à supposer, comme le soutient la société requérante, que cette structure puisse être qualifiée d'annexe au sens du règlement du PLUM, une telle circonstance est toutefois sans incidence sur l'application des règles de hauteur dès lors qu'elle est assimilable à une construction au sens des dispositions de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du PLUM. Dans ces conditions, c'est à bon droit et sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de Nice s'est opposé à la déclaration préalable litigieuse dès lors que la structure litigieuse était assimilable à une construction et dont la hauteur à l'égout dépassait la limite de sept mètres imposée par les dispositions de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du PLUM. Par suite, les moyens soulevés et tirés tant de l'erreur de droit que de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
7. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les travaux, objets de la déclaration préalable litigieuse, seraient étrangers aux dispositions méconnues de l'article 2.1.2 de la sous-zone UFb7 du règlement du PLUM relatives aux règles de hauteur. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2020. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celle tendant à l'annulation de la décision par laquelle le maire de Nice a implicitement rejeté le recours gracieux de la société Hiatus.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme demandée par la société Hiatus au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée Hiatus est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Hiatus et à la commune de Nice.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.
N°2102878
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026