jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET OLOUMI - HMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juin 2021 et 5 juin 2023, Mme A C, épouse B, représentée par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer sa demande d'admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, d'enregistrer sa demande d'admission au séjour et de lui délivrer, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son avocat en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
La requérante soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur de droit dès lors que l'obligation de quitter le territoire français en date du 29 novembre 2019 ne peut fonder le refus d'enregistrement de sa demande ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie d'éléments nouveaux ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 15 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juin 2023 :
- le rapport de Mme Le Guennec,
- et les observations de Me Oloumi, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, épouse B, ressortissante russe née le 31 mars 1985, demande au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision portant refus d'enregistrement de la demande d'admission au séjour présentée le 8 décembre 2020 vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que Mme B a fait l'objet d'un précédent refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français notifié le 30 décembre 2019. Elle précise également que cette mesure est exécutoire et que Mme B n'apporte aucun élément nouveau. Elle comporte ainsi l'exposé des motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde et est, dès lors, suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger ait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser.
4. En l'espèce, il ressort de la motivation de la décision en litige que le préfet des Alpes-Maritimes s'est notamment fondé, pour refuser d'instruire la demande d'admission au séjour présentée par Mme B, sur l'absence d'éléments nouveaux présentés par l'intéressée depuis l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français en date du 29 novembre 2019. Par suite, et contrairement à ce que fait valoir la requérante, le préfet ne s'est pas seulement fondé sur l'existence d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire prise à son encontre. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, pour contester le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, Mme B soutient qu'elle justifiait d'éléments nouveaux. Toutefois, les circonstances qu'elle justifie d'une année supplémentaire de résidence habituelle en France, de scolarisation de ses enfants, et de l'obtention d'une promesse d'embauche, au demeurant postérieure à la décision attaquée, ne sauraient, à elles seules et dans les circonstances de l'espèce, être regardées comme des éléments nouveaux suffisants. Par suite, c'est à bon droit que le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'instruire la dernière demande d'admission au séjour de Mme B, faute de reposer sur des éléments nouveaux.
6. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, la décision litigieuse constitue un refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour et ne vaut pas décision de refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, la requérante ne peut utilement invoquer les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation, lesquels sont inopérants à l'encontre de la décision litigieuse.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C, épouse B, est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A C, épouse B, à Me Oloumi et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
B. Le Guennec
Le président,
Signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026